THE LIBERTINES – Up The Bracket Le grand album de 2002

(Rough Trade 2002)

On pourrait reprendre la fameuse citation d’Andrew Loog Oldham, manager des Rolling Stones des débuts en disant que les Libertines ne sont pas un groupe, ils sont un style de vie. Ils ne sont pas qu’un jean déchiré et une paire de converse en manque de Velvet Underground comme tant de clones des Strokes. Carl Barat et Pete Doherty ont pondu avec Up The Bracket la pierre angulaire du rock anglais des années 2000. Pas moins.

A la sortie de cet album, on ne sait que très peu sur le quatuor si ce n’est qu’un des deux chanteurs est junkie jusqu’à la moelle et qu’ils ont sorti avec « What A Waster » un single monstrueux. La première écoute de l’album laisse dubitatif, tout cela a bien l’air chaotique et désorganisé…On réécoute EN LISANT LES PAROLES… révélation. Les Libertines portent avec eux la poésie urbaine des bas-fonds de Londres et une mythologie bancale à base d’archaïsmes britanniques, croisement de Village Green et de Philip Sidney : ce rêve arcadien que partagent depuis des millions d’addicts via le site internet de Pete Doherty. On n’aime pas les Libertines, on est obsédé par eux.

Toutes les chansons sont exceptionnelles ici, les Libertines sont sublimes, constamment à la limite de la rupture, se relevant quand on les verrait tomber, le sourire aux lèvres… « Time For Heroes », « Up The Bracket », « The Good Old Days », « Horrorshow », « I Get Along », piochez au hasard n’importe lequel de ces trésors intemporels dans la lignée Kinks/Clash et fermez les yeux…

Produit par Mick Jones, ex-Clash, Up The Bracket n’est pas un bon album, c’est un classique. Ce n’est pas un disque de rock’n’roll. C’est le rock’n’roll incarné. Des milliers d’écoutes plus tard on se demande où va ce groupe en crash annoncé depuis le début, les larmes aux yeux et la bière à la main et en se sentant moins honteux d’être né après 1977.

 

 

Tracklisting :

1     Vertigo   *
2     Death on the stairs
3    Horrorshow  *
4     Time for heroes  *
5     Boys in the band
6     Radio America
7     Up the bracket  *
8     Tell the king
9     The boy looked at Johnny
10   Begging  *
11   The Good old days  *
12   I get along  *

  

Vidéos :

« Up The Bracket »

« Time For Heroes »

« I Get Along »


 

Vinyle :

La pochette propose des collages de photos typiques de Pete Doherty, avec les paroles et les accords des morceaux.

The Libertines - Up The Bracket

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

30 Comments

  1. tout est dit; tu as tout compris. excellente critique pourvue de fougue, à l’instar de cette galette…
    à quand une critique du dernier album des coral (qui pour moi est sublime)?

  2. La première pièce que j’ai entendu venant de ce groupe se trouvait sur une compile de magazine, Up the bracket donc, chanson titre de l’album à venir de la nouvelle coqueluche hebdomadaire des anglais. C’est la claque…mélodie sublime, rage et nouvelles voix. Parce que les Libs si j’ai bien compris c’est dabord et avant tout deux voix complémentaires celles de Carl Barat et de Mr Pete Doherty, tellement forts lorsqu’unis.

    J’ai lu sur eux bien avant que ce premier disque arrive à Montréal, car croyez moi le rock british intéressant est une affaire confidentielle par ici. Lorsque j’ai enfin eu le disque, je ai dabord été un peu déçu. La production du Clash Mick Jones me semblait incertaine et brouillait un peu le contour des chansons. Par contre Horrorshow et Time for Heroes ont toutes deux frappées dans le mille, je n’avais jamais entendu quelqu’un chanter comme Pete Doherty. Car quoiqu’on dise sur le bonhomme, je suis assez persuadé qu’une bonne part de la frénésie qui entoure sa personne vient de ce que sa voix communique d’intime. À la fois mal assurée, rageuse ou hilarante dans les borborygmes de The boy looked at Johnny, la voix de Doherty c’était quand même de l’inédit.Et lorsque le timbre arrogant de Barat se pointe pour harmoniser, c’est un peu l’idéal du groupe garage anglais qui revit. Mais ce qui atteind au final c’est la qualité des chansons. Tout est bon, varié et pourtant très homogène. Le moment qui pourrait être le plus faible, (radio America) vient plutôt détendre l’atmosphère « speed » de l’ensemble et nous annoncer un peu du son des futurs Babyshambles. 

    Cet album est rapidement devenu indispensable . Comme beaucoup, en 2001 j’avais apprécié le disque des Strokes et je commencais à me faire un peu de connaissance sur le vieux punk et le garage américain, mais je suis  des kinks et du vieux Stones, alors ce disque et ce groupe c’était pour moi.Plus de personnalité et d’originalité que tout ce que la britpop avait donnée , et le sentiment que le groupe transcendait ses influences plutôt que de les calquer. Depuis, j’ai suivi l’histoire et je suis toujours fan car les disques vieillissent bien. S’il ne réinventent pas la roue avec ce disque les Libertines nous renouvellent le rock’n’roll authentique à l’heure de la génération internet et la suite de leurs aventures ne pouvait qu’être excitante.

  3. Argh!  Je n’y arrive pas!  J’essaye pourtant!  Mais j’ai l’impression d’écouter un ivrogne sur un musique vaguement déjà entendu, assez décousu, j’ai parfois l’impression d’entendre deux morçeaux en même temps… J’ai pourtant eu un peu de mal avec Kooks au début aussi, mais je trouve qu’ils apporte un son vraiment neuf at leur mélodies sont de qualité.  Mais je n’y arrive pas avec The Smiths non plus… surement un question de gout…

  4. Pour les Kooks, Pop classique, je ne sais pas.  Personellement, je trouve qu’ils ont reussi a combiner un son Garage, (assez trash d’ailleurs, j’ai trouver ça pas terrible aux premiers écoutes) avec des mélodies digne de McCartney avec un son assez Reggea mais qui ne sonne jamais completement Reggea. Police ont utilisée le Reggea mais d’une façon moins originale.  (Ils ont fait du Reggea blanc, lol.) Je n’ai jamais entendu ce son… Ceci dit, étant un group très Pop par les mélodies avec des sujets assez limiter, je ne pense pas que ça plait beaucoup aux mecs au-delà d’un certain age. Reste à voir s’ils peuvent faire évoluer leur musique…

    Pour revenir à Doherty, je serrait plus ouvert si en plus je lisais des reviews élogieux sur leur prestations live, or même les fans semble vouloir pardonner des prestations mediocres… d’autres groupes se ferra siffler (ou pire) pour moins… ça me laisse perplexe, mais je re-écoutera quand même avec les paroles.  Pour Kooks, je verrais bientôt s’ils sont à la hauter de leurs disques… d’ailleurs, je juge beaucoup les groupes par leur concerts.  Devendra Banhart et son Smokey été excellent live, ce qui m’a fait aimer d’avantage le disque… Je suis fatiguer ce soir, je ne sais pas si je suis comprehensible, lol!

  5. Au sujet des Kooks et le Reggea, j’avais oublier qu’il y a un titre à la fin du dernier disque très Kingston Town, qui montre que Prichard est capable de composer des chansons dans ce style (il y en avais un titre sur Inside In/Inside Out aussi je pense) mais le plus souvent, les influences se font plus discret…

  6. XD C’mon, Eric, lol! Je parle de son, vous voyez? Contrairement aux Libertines, qui sont tellement mauvais, c’est sur que n’an, je plaisante! 😛 Je n’ai pas écrit « destroy », lol.

    Oui, trash, par rapport a Paul McCartney, vous voyez mieux? ;P

  7. Hmm, j’aime bien ce morçeaux. 🙂 C’est bien fait. Je ne sais pas si c’est trash en son, surement un peu Punk? Je n’ai pas d’image, mais surtout nous ne sommes plus du tout dans le Pop, mais dans le Rock. J’ai essayé de vous repondre par rapport au « pop classique » dont je ne connais pas votre definition. Trash n’était peut-etre pas le bon mot, puisqu’en français « trash » voudrais dire « destroy. » Rubbishy, garagy, voilà. par rapport à :  

     puisque j’ai comparer leurs melodies à McCartney. Sinon, le Pop classique c’est quoi? Robbie Williams? Mais oui, je suis d’accord avec vous, ils sont TRES gentillet (comme McCartney).  Et je ne suis pas « fan » même si je trouve qu’ils font un très bon Pop…

  8. En ce qui me concerne le trash se définit par une production rude ou la voix est souvent au même niveau que les guitares et ou certaines « erreurs » ne sont pas corrigées au mixage ( larsen, hurlements, micro qui tombe). Ces productions sont souvent rejetées par les radios qui préfèrent un son ample et clarifié qui convient mieux à l’écoute au casque ou en voiture.

    La pop classique chez les anglais se veut souvent l’héritage des Beatles et de leur producteur George Martin qui ajoutait divers éléments pour « enrichir » le son du groupe (cordes, echo, bandes inversées ). Les harmonies vocales sont souvent soignées et les pièces contiennent des « hooks » ou accroches qui permettent souvent d’apprécier une pièce dès la première écoute. En ce sens Oasis ou Manic street preachers sont des groupes hyper-conservateurs  de la pop classique anglaise . Par contre au contraire de ces groupes les Beatles pouvaient être assez trash par moment (helter skelter et même Twist and Shout avec ses hurlements).

    Comme la musique anglaise est assez mal représentée par chez nous, je ne connais pas les Kooks, mais je m’engage  à essayer. 
    Désolé pour le ton « professeur d’école  »

  9. Eh bien, voilà! Max explique exactement pourquoi j’ai utiliser le mot trash, sans vraiment savoir expliquer pourquoi. Pour le coup, j’ai re-écouté les deux discs des Kooks, donc : Voix mixé très en avant (avec souvent hurlements que j’ai trouvé très agaçant au début avant d’avoir identifié leurs influences Reggea) au même niveau que les guitares (avec souvent de distortion) et surtout les crash-crash-crash des top-hats que semble affectionner le batteur aussi au même niveau que les guitares sinon parfois même encore plus en avant (quand ce n’est pas le snare-drum).  Tout ça pour faire un Pop trashy au premiers écoutes, parceque au finale, quand on s’habitue, les riffs sont excellent, les mélodies aussi, et la musique travaillé et joué avec soin. Mais comme Max vient de m’apprendre, je n’ecouterai pas ces disques avec un casque!!! Tout est en avant. Bouh, je n’ai pas l’habitude d’analyser autant les comment des pourquoi des choses, lol!

  10. Salut mb
    Hum…j’ai écouté les Kooks sur myspace et j’ai trouvé cela assez produit et ce que je dit n’est pas péjoratif, seulement, le trash comporte souvent beaucoup d’éléments « accidentels ».
    Quelques exemples :
    Le disque des libertines dont il est question ici
    Velvet Underground White light White Heat
    Raw Power de Iggy & the stooges ( une référence )
    King Khan BBQ Show ( *****)
    Une question peut t’aider à t’y retrouver…Est ce que la radio commerciale diffuse un truc pareil ?
    Il faut dire que le terme « trash » est utilisé à toutes les sauces dans plusieurs styles musicaux.
    Ceci n’est que mon opinion. 

  11. En faite, la radio ici transmet beaucoup de « musique » m*rdique sous prétexte que plus c’est mauvais plus ça fait Rock dont mieux c’est, lol. Je n’y vois pas de différence ni rebellion dans tout ça. C’est devenu cool de critiquer tout-ce qui est bien fait. Je ne suis pas de cette école…

  12. Pour les « accidents » des Libertines, sont-ils bons musiciens? Pour moi, il y auras toujours un différence entre un grand artiste qui fait quelque-chose pour un effet recherché, et un mauvais qui ne peut pas faire autrement… Mais si ça plait, tant mieux!

  13. Pour Max : Je suis completement confuse, parceque si j’ai suivi votre argument de debut c’est parceque vous avez mentionner des chansons plus Rock des Beatles. Maintenant vous parler de Iggy ou king Khan, dont à nouveau je ne pense pas être entrain de parler de Pop…

    tchus, j’en ai marre discuter Kooks et Libertines! 😛 Et puis on a plus de chance d’entendre Babyshambles au moins une fois par jour…

  14. Hé…il y a malentendu, je ne fais que parler musique ici, et par chez nous la dernière chose qu’on entend à la radio c’est bien les Babyshambles. Je disais que PARFOIS les Beatles furent « trash » contrairement à bien de leurs suiveurs copier-coller d’aujourd’hui. Les exemples que je te donnais sont des cas concrets et du son dit « trash », c’est tout.
    Mais ce terme est sujet  à toutes les interpretations.

     Maintenant que tu n’aime pas les Libertines n’est pas un crime, et tu n’est pas obligé d’aimer ça de force.Moi je les aime viscéralement et je suis content de trouver un site ou l’on parle de leur musique avec passion plutôt que de leur toxicomanie. 
    Quant à critiquer ce qui est « bien fait »… à chacun sa défénition de ce terme. Je pense que parfois (pas toujours) une grosse production cache de petites chansons. Ce n’est que de l’opinion et ça ne change rien à l’orbite terreste.
    Ceci dit content d’avoir débattu en ta compagnie mb.

  15. Cette critique est tellement belle que je l’ai imprimé et je l’ai accroché sur la porte de ma chambre! Un grand bravo pour tant de talent d’écriture! 🙂

  16. Mais de rien! =)
    D’ailleurs (tant que j’y suis!) je n’ai pas trouvé d’article concernant le 2nd album des Libs… Peut être parce qu’il n’existe pas?

  17. Bah je crois que y a pas grand chose à dire sur le second album. A mon humble avis, c’est un bon disque dans la lignée du premier, mais sans cet urgence punk qui rend l’écoute de Up The Bracket si jouissive et en fait un album indispensable et culte. Pendant que j’y suis, je me permet de descerner les petites étoiles comme l’aurait fait Planet Gong :

    Can’t Stand Me Now
    *
    Last Post On the Bugle

    Don’t Be Shy

    The Man Who Would Be King
    *
    Music When the Lights Go Out
    *
    Narcissist

    The Ha Ha Wall

    Arbeit Macht Frei
    *
    Campaign of Hate

    What Katie Did

    Tomblands

    The Saga
    *
    Road to Ruin

    What Became of the The Likely Lads
    *

  18. Excellent disque assemblé à l’aide de fragments. Je maintiens ce que j’ai déja dit sur le blogue Babyshambles, ce deuxième Libertines est un chef d’oeuvre accidentel. J’ajoute toutes les étoiles manquantes. Carlos est fantastique sur Narcissist.

  19. C’est vrai que tous les morceaux sont bons ou excellents et méritéraient le petit « * » sauf Road To Ruin qui est la piste bancale de l’album selon moi (certaines versions de ce morceaux dans les sessions des Libs sont bien mieux).

  20. En fait, je donne raison aux détracteurs quant au fait que ce disque ne contient pas de chansons abouties telle que celles du premier album, mais la dynamique du « collage » réalisée par Mick Jones donne un aspect fort intéressant à ce disque mal aimé.
    Up the Bracket est objectivement supérieur, mais le deuxième reste mon favori personnel.
    Par contre j’avoue craindre un peu celui de la reformation annoncée. 

  21. Je me suis replongé dans cet album il y a quelques jours, j’écoute en boucle « Up the Bracket »…

    Le problème de ces albums cultes et absolument magnifiques, c’est qu’on en est tellement accro qu’on cherche à tout prix d’autres albums qui approcheraient ce niveau de perfection, mais qu’on est
    toujours déçu… On est donc obligé de se « contenter » de cet album, faute d’avoir pu élargir et d’avoir trouvé des albums comparables.

    Misère !

  22. tout est dit; tu as tout compris. excellente critique pourvue de fougue, à l’instar de cette galette…
    à quand une critique du dernier album des coral (qui pour moi est sublime)?

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