THE SOLEDAD BROTHERS. Live rock’n’roll 22 Mars 2005, Thunderbird Lounge, St Etienne (42)

 

« Si un jour un blanc vous parle de blues, ne l’écoutez pas… sauf s’il s’agit de Johnny Walker des Soledad Brothers ». La phrase est de Jack White qui sait de quoi il parle en la matière…

St-Etienne. Le propriétaire du Thunderbird Lounge arbore un large sourire ce soir. Il est fier de son coup : il a réussi à faire venir un des groupes majeurs de la scène de Detroit dans son fief. Il est rare de voir un groupe de cette trempe se perdre dans le tiers-monde musical que constitue la ville verte. Cette nuit, dans un sous-sol plus petit que les toilettes d’Hervé Gaymard et au plafond si bas que Philippe Manoeuvre pourrait à peine y caser son mètre 80, le groupe arborant fièrement le logo des white panthers nous a livré un concert d’une classe phénoménale. Peu importe le nombre de spectateurs, 50 ou 500 (en l’occurrence c’était plutôt la première proposition) ils s’en foutent et vivent le rock’n’roll au jour le jour : « We are the Soledad Brothers. We play rock’n’roll. This is our job. Because we are laaaaaaaazy! ».

Le concert commence à 23h30, le batteur Ben Swank – à la force de frappe monumentale – assure une rhythmique puissante tandis que Johnny Walker – rien que le nom pose le personnage – est à la hauteur de sa légende (selon laquelle il aurait tout appris à un dénommé Jack White…). On s’attendait à un concert bluesy, très rapidement on se rend compte que le groupe est venu avec des intentions autrement plus rock’n’roll : les morceaux – principalement issus des deux derniers albums, comme « Going Back To Memphis », « Break’em On Down », « Cage That Tiger » – sont exécutés avec une énergie incroyable, leurs plans blues se transformant en riffs stoogiens. Lorsqu’ Oliver Henry, le troisième larron de la bande troque sa guitare contre un saxo, le groupe s’envole. En fermant les yeux on se voit dans des sessions inédites de Fun House. Après 1h30 intenses les frangins tirent leur révérence. Un fan acharné – et surtout complètement saoul – monte alors sur scène jusque dans les loges pour les inciter à revenir (« More beer! More beer! »). Johnny revient, seul, et éxécute un blues acoustique avec une classe effarante. Un ange passe. Rideau. La soirée terminée, il est le seul encore à traîner au bar. Gentleman Johnny nous explique alors qu’ils ont enregistré leur nouvel album à Bordeaux – sortie prévue pour Septembre… on sourit et on se quitte en disant à demain.

Après s’être perdu pendant deux plombes dans la campagne du trou du cul du monde, on arrive par miracle à l’heure de leur prestation dans une MJC paumée dans la Drôme. Le concert de Valence sera du même tonneau, les Soledad Brothers valent le déplacement. Sur le chemin du retour, on a un peu les boules… on sait qu’on ne reverra pas le groupe avant longtemps, vive la France! La suite de la tournée passe par l’Italie, on reste à quai…

Triste néanmoins que ce groupe génial, à l’instar des Dirtbombs, n’ait pas plus bénéficié de l’éclairage des White Stripes (Johnny Walker joue quand même sur plusieurs albums du duo). Le talent des Soledad Brothers mérite plus que des salles à moitié vides.

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

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