(Castle Face 2010)

Marre du lo-fi et du rock’n’roll garage ? La scène de San Francisco vous fatigue ? Vous n’avez pas le temps d’écouter tous les bons albums sortis en 2010 ? Passez donc votre chemin, ô infidèles, car le second album des Bare Wires d’Oakland a tout pour vous déplaire avec sa dizaine de chansons qui répondent aux critères énoncés plus haut. Pas très original par les temps qui courent, certes, mais n’allez pas croire pour autant que Bare Wires sont un énième groupe de cette mouvance lo-fi qui semble inépuisable dans la Bay Area, un ersatz des Oh Sees ou un combo brouillon qui dissimule son manque de moyens derrière une production chétive et une saturation omniprésente.

Au contraire, Bare Wires, trio de moustachus aussi talentueux que débraillés, sont les meilleurs représentants actuels d’une forme de quintessence rock’n’rollienne, où l’énergie punk se mêle au boogie le plus savamment troussé, où des rythmiques flamboyantes incitant à la dépravation morale sont saupoudrées de sucre glam. Une musique où “Suffragette City” et “Aloha Steve And Danno” font figure de Tables de la Loi, où le punk redevient une musique dansante. L’ingrédient qui fait de Bare Wires un groupe à part est un truc simple, un élément rythmique antédiluvien, employé avec talent par Matthew Melton et ses sbires : le boogie.

Petit retour en arrière : Artificial Clouds, le premier album du groupe sorti en 2009 sur Tic Tac Totally (et produit par Jay Reatard) était de facture assez classique. Bare Wires jouait alors une sorte de power-pop garage qui ne différenciait guère le trio de la masse de groupes punk américains. Le départ de la batteuse Erin Emslie, présente sur cet album (Bare Wires ont plusieurs fois changé de batteur au cours des dernières années), pour l’excellent Nathan Price a changé la donne. Son style cavalier énergique a conféré au groupe une dynamique nouvelle qui à permis à Melton de libérer son jeu de guitare. Trépidant dans la rythmique, concis et cinglant dans ses soli, le chanteur-guitariste ajoute à son répertoire un sens de la mélodie hors du commun qui fait de ce Seeking Love un des albums les plus aboutis de l’année 2010.

Souvent semblables à première écoute, les bluettes glam-punk de Melton se révèlent rapidement comme des merveilles de rock’n’roll flamboyant : sur “Seeking Love”, “Nice To Know You”, “If It’s Over” ou “Family Heat” des éclairs de guitare fulgurants viennent secouer la rythmique mise en place par le groupe. L’album regorge de grands morceaux : “Young Love”, “Dancing On A Dime”, aux superbes structures à tiroirs, le single “I Love You Tonight” et sa mélodie bubblegum irrésistible. En guise de conclusion à l’album, le groupe se permet même un doo-wop classieux aux paroles aigre-douces, “Last Thing On My Mind”.

Avec sa belle pochette et ses chansons enjouées, Seeking Love aura marqué la fin de l’année 2010 de sa douce empreinte. On conseille à tout le monde de se jeter dessus rapidement, car la suite arrive bientôt, un troisième album nommé Cheap Perfume qu’on attend avec impatience.

 

 

Tracklisting :

  1. Seeking Love *
  2. Young Love
  3. Romantic Girl *
  4. Family Heat *
  5. If Its Over
  6. I (heart) You Tonite *
  7. Dancing On A Dime
  8. Nice To Know You *
  9. Peculiar Julia 
  10. The Last Thing On My Mind *

Le MySpace du groupe : www.myspace.com/thebarewires

 

Vidéos :

“I Love You Tonite”

“Family Heat”

 

Vinyle :

Un disque rose bubblegum.

Bare Wires – Seeking Love