BLACK LIPS – Good Bad Not Evil Salvateur

(Vice 2007)

Depuis qu’on a écouté cet album, on est dingues des Black Lips. On traque leurs albums, leurs singles, on télécharge des live pirates. Depuis deux mois on essaie de rattraper le temps perdu et on se pose encore cette question : comment a-t-on pu passer au travers de ce groupe monumental pendant près de cinq ans ?
 
Dès les premières notes de « (I Saw A Ghost) Lean », on est à genoux. L’ambiance nous plonge en 1965-66 dans un bled américain paumé, dans le garage aménagé par des lycéens pour leur servir de local de répétition. Le morceau rappelle « No Reason To Complain » des Alarm Clocks. Un solo de guitare inversée surgit, la machine à remonter le temps tourne à plein tubes. Good Bad Not Evil est un enchantement garage-punk du début à la fin de ses 35 minutes. On y trouve de la fuzz à foison, des rythmes simples qui fonctionnent encore après 40 ans d’usage, un son de guitare génial, entre surf déglingué, premiers Kinks et Shadows Of Night – la fameuse touche Nuggets.
 
De tous les albums des Black Lips – qu’on a digéré les uns après les autres dans un effort stakhanoviste qui nous a conduit à un état névrotique avancé –, Good Bad Not Evil est le plus maîtrisé, celui qui possède les morceaux les plus évidents, les plus digestibles pour un public qui s’élargit de concert en concert – on pourrait presque parler de « tubes ». Le premier d’entre eux est « Katrina », une pépite garage guidée par une ligne de fuzz qui tourne en boucle et qui s’achève en pastiche de « Gloria ». Un autre est « Cold Hands », une mélopée surf-punk à la sauce Morricone.
 
Le reste de l’album est simplement exceptionnel : on y trouve une crétinerie bienvenue sur la moitié des morceaux (les Black Lips sont des psychopathes notoires capable de tout sur scène) : de la country braillée (« Navajo » et l’improbable sweetheart de « How Do You Tell A Child That Someone Has Died »), du blues apache déglingué (« Lock And Key ») ou du rock garage pur jus comme on l’aime (« Slime & Oxygen », « Off The Block »). « Veni Vedi Vici », le single le plus récent du groupe, rappelle un peu « Love’s Gone Bad » des Underdogs, avec son côté trippant et son ambiance je-m’en-foutiste.
 
On peut toujours se demander quel est l’intérêt de sortir des albums hors du temps comme celui-ci. Vieux, démodé, déjà entendu disent certains… Intemporel, indémodable, disent d’autres. On tend du côté des seconds. Les Black Lips ne sont pas qu’un simple groupe qui joue à faire du garage-rock, ils sont aujourd’hui l’incarnation vivante du rock’n’roll garage. Good Bad Not Evil est un disque salvateur.

 

 

Tracklisting :

1. I Saw A Ghost (Lean)  *
2. O Katrina  *Black Lips - Good Bad Not Evil
3. Veni Vidi Vici  *
4. It Feels Alright
5. Navajo  *
6. Lock And Key
7. How Do You Tell A Child That Someone Has Died
8. Bad Kids
9. Step Right Up
10. Cold Hands  *
11. Off The Block  *
12. Slime And Oxygen
13. Transcendental Light

 

Vidéos :

« Bad Kids »

 
« Katrina »
 
 
« Veni Vidi Vici »
 

 

Vinyle :

Black Lips - Good Bad Not Evil

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

6 Comments

  1. je les ai vu en concert l’an passé tout à fait par hasard (à pau on va voir ce qui passe, on choisit pas). après 2 groupes punk sans grand interet ils avaient réveillé la salle dès le 1er coup de médiator. des sales gosses qui ressemblent à rien mais quelle énergie !!!

  2. je les découvre au travers de l’album  » Let it Bloom », depuis deux autres sont en commande.
    C’est Dingue et j’aime, Dutronc sait-il qu’il a là un groupe d’adorateurs
    des plus farfelus..;
    musicalement génial car imprévisible…

    • Je n’arrive pas à me décider quel est leur meilleur album… ils sont tous très très bons, c’est incroyable. C’est vrai que ça fait du bien d’entendre des mecs brailler un peu, ça nous manquait.

  3. Ah elle fit plaisir la réedition en vnyl de cet été. Marant la réed c’est un gatefold. Super groupe en tout cas. J’adore cold hands et transcendal lights aussi, de la fuzz, des choeurs
    aproximatif, de l’humour… ca me manquait

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