MAXIMO PARK – A Certain Trigger Bof

(Warp 2005)

L’Angleterre est en ce moment secouée par une vague de groupes que la presse qualifie d’art-rock. Faisant référence à quelques groupes du début des années 80 qui proposaient une musique réfléchie et cérébrale après l’explosion punk (on parle là de Gang Of Four, Wire, Public Image Limited, Talking Heads…), l’expression art-rock est aujourd’hui appliquée aux groupes qui s’inspirent de ces sonorités. Cette scène possède ses leaders (Franz Ferdinand, Bloc Party, The Rakes) et des dizaines de suiveurs, plus ou moins bons. Jeu de batterie robotique, basse mise en avant et riffs de guitare punks sont des passages obligés qui confèrent une unité sonique à la vague. Côté fringues, costume serrés et coupes de cheveux improbables sont de mise.

Maximo Park ne sont pas le meilleur groupe de cette vague, ni le pire… mais certainement un des plus populaires outre-manche. Pour preuve, ils viennent d’achever une tournée sponsorisée par le NME comme tête d’affiche devant les Arctic Monkeys, pourtant sensation du moment. Leur premier album, A Certain Trigger oscille entre le très bon et le très mauvais. En grossissant un peu le trait, les singles méritent le déplacement et le reste n’est que remplissage. La chanson d’ouverture du disque, « Signal And Sign », résume à elle seule les problèmes du groupe : la mélodie est laborieuse, le refrain est braillard, la voix quelconque du chanteur et le son de synthé peuvent irriter. Maximo Park sont efficaces lorsque le tempo s’accélère et qu’un semblant de mélodie met en valeur les – très bons par ailleurs – textes de Paul Smith, chanteur à la coupe de cheveux intrigante. Le single « Apply Some Pressure » illustre cela à la perfection : la chanson rame pendant 1min30 jusqu’au moment où le groupe se lâche et exploite son potentiel au maximum, jouant avec énergie et proposant des instrumentations inspirées. La chanson en devient bouleversante.

Sur ses meilleurs morceaux, le groupe est excellent : « Graffiti », certainement le meilleur moment de l’album, possède un  refrain contagieux, « Limassol » est porté par un synthé inspiré et une vraie mélodie (un luxe ici). Ca fait peu. A l’inverse, le groupe se noie souvent, entre références trop appuyées (« Postcard Of A Painting » doit beaucoup aux Smiths, « Once A Glimpse » pastiche Joy Division), ballades chiantes (« The Coast Is Always Changing », « Kiss You Better ») et morceaux où rien ne se passe (on a du mal à croire que « Going Missing » et « I Want You To Stay » soient sortis en single).

Le problème du groupe demeure son principal atout : Paul Smith est un chanteur verbeux qui a tendance à construire ses chansons autour de ses textes et d’oublier de faire des mélodies accrocheuses. Le public anglophone y trouve sans doute son compte, pas nous.

 

 

Tracklisting :

1. Signal and Sign
2. Apply Some Pressure *
3. Graffiti *
4. Postcard of a Painting
5. Going Missing
6. I Want You to Say
7. Limassol
8. The Coast is Always Changing
9. The Night I Lost My Head
10. Once a Glimpse
11. All Over the Shop
12. Acrobat
13. Kiss You Better

 

Vidéos :

« Apply Some Pressure »

« Graffiti »

 

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

1 Comment

  1. pas d’accord du tout avec ta chronique . Va voir MAXIMO PARK  live et ton jugement sera différent les ai vu à 3 Reprises et c’est avec les RAKES un des meilleurs groupes de scène du moment .

      Pas à mettre dans le même panier qu’un Tièdasse KAISER CHIEFS qui nous fait avec son second album une ressucée de BLUR Période PARKLIFE ( même producteur STEPHEN STREET )

     ai vu que dans ROCK & FOLK on les démontait aussi . Je pense qu’ils vont étonner pas mal de gens avec leur deuxième album .

     

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