DUM DUM GIRLS – Only In Dreams Showroom Dummies

(SubPop ; 2011)

L’année dernière, au moment où le monde entier s’extasiait sur le premier album des Dum Dum Girls, votre site unique et préféré (en tout cas, le mien) exprimait une certaine incompréhension vis-à-vis de cet emballement médiatique. I Will Be était un assez bon premier album, et rien d’autre (contrairement à ce qui a été écrit, le disque n’était ni novateur, ni particulièrement inspiré). Un an plus tard, alors que sort le deuxième album, que reste-t-il du groupe de Kristin Gundred – qui se fait maintenant appeler Dee Dee ?

La composition des Dum Dum Girls a quelque peu évolué, et le son des chansons également : alors que celui du premier album se situait dans la lignée des Vivian Girls, celui d’Only in Dreams est plus explicitement pop. Après avoir réussi avec brio son apparition sur la scène contemporaine (plus ou moins) indépendante, Dee Dee et ses complices tentent de séduire un plus large public, à grand renfort de bas résille. Les influences surf  sont toujours présentes (le riff de guitare de « Just a creep »), et l’aspect sixties girls’ band a été encore renforcé – les Shangri-La’s sont ainsi régulièrement évoquées.

Le début d’album est assez musclé : « Always Looking »  est une chanson d’à peine plus de deux minutes, à la rythmique placée très en avant, avec des chœurs un peu crétins mais pas désagréables, et qui s’achève avant qu’on ait pu s’en faire une opinion. En revanche, le morceau suivant,  « Bedroom Eyes », est bien affreux : un morceau de pop-rock propret, au chant affecté,  et alors qu’on entend « I feel I’ll never sleep again », on pense « I’ll never listen to that song again ». Cette impression se poursuit tout au long de l’album : le chant de Dee Dee est l’aspect le plus choquant d’Only in Dreams. Alors que sur I will be, le choix avait été pris de noyer la voix dans un halo d’écho, la voix est ici mise en évidence… Le résultat est l’apparition de « ohwhoowhooo » irritants (« Caught in one ») et de parties vocales susurrées qui se transforment en envolées lyriques (« Caught in one »). Malheureusement, dans la ligne de partage des chanteuses rock, Dee Dee est plus du côté d’Alanis Morissette que de celui de Lisa Kekaula ou de Rachel Nagy.

Conclusion à l’intention de ceux qui ne lisent que les trois dernières lignes des articles : ce deuxième disque est globalement raté, malgré les évidentes capacités du groupe (« Wasted Away ») ; cela ne devrait cependant pas l’empêcher de se vendre par palettes entières.

 

 

Liste des chansons :

  1. Always looking
  2. Bedroom eyes
  3. Just a creep
  4. In my head
  5. Heartbeat (take it away)
  6. Caught in one
  7. Coming down
  8. Wasted away *
  9. Tears in my pillow
  10. Hold you hand

 

Vidéo :

« Bedroom Eyes »

 

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

3 Comments

  1. Heu, là j’avoue me poser la question sur la nécessité d’une telle chronique… quelle daube FM, on croirait entendre The Pollen à l’époque où ils étaient magnifiés par les trouducs des Inrocks
    !!!

     

Laisser un commentaire