PURPLE RHINESTONE EAGLE – The Great Return No turning-back

(Stank House Records 2010)

Ce disque est le premier album de ce trio féminin de Portland, qui s’était déjà fait remarquer par la sortie d’un bon EP, Amorum Tali (en 2009). The Great Return montre un groupe qui persiste dans son aventure musicale : les repères sont les mêmes qu’auparavant ; les chansons de Purple Rhinestone Eagle sont pour la plupart de longues constructions musicales, qui oscillent entre des morceaux lancinants et pistes heavy-psych du meilleur tonneau (la chanson « No Space Nukes »,  qui ouvre l’album, est un modèle du genre). Enregistré en trois jours à la mi-avril 2010, sorti quelques mois plus tard, The Great Return est un disque réussi qui séduira tous ceux qui avaient déjà apprécié Amorum Tali.

Le groupe est l’un des seuls contemporains qui enchaîne bille en tête autant de pistes hénaurmes, sans se soucier des éventuelles fautes de goût. Les Birds of Avalon et Ancient Sky sont quelques-uns des groupes actuels qui se promènent dans les mêmes paysages musicaux que ces trois filles de Portland. De fait, Purple Rhinestone Eagle a des défauts : la relative faiblesse vocale de la chanteuse, un goût pour la composition de pistes parfois un peu longues, et où la mélodie tarde à se mettre en place, une imagerie oscillant entre le bizarre et le caricatural…Le choix du titre et de la pochette d’album sont plus que discutables… Choisir The Great Return comme titre d’un premier album est un fait déjà assez remarquable en soi, mais le groupe ne s’arrête pas là : la pochette présente en couleurs tranchées les quatre saisons et un bestiaire symbolique – corneilles, effraie, vautour, serpent, aigle… Pour parfaire le tout, le groupe est représenté en inquiétantes créatures sylvestres, au centre du « tableau ».

Heureusement, les qualités du groupe suffisent nettement à compenser ses quelques faiblesses, permettent de penser à autre chose qu’à la pochette du disque, et font de Purple Rhinestone Eagle un groupe à écouter et à défendre. Des groupes comme celui-ci montrent la vivacité et la diversité du rock’n’roll contemporain : dans le style heavy-psych qui est le sien, le groupe impose une démarche singulière, et démontre sa capacité à placer dans ses pistes des ruptures de rythmes intéressantes (au milieu de « The Queen of Rain and Gray »), à modifier le style d’un morceau (« Scorpio Moon »). L’album montre aussi deux pistes qui servent d’interludes dans le déroulement de cet album : l’instrumental « The Sex of Pentacles » et la ballade délicate et plutôt réussie, « Her Lady of the Forests »

Les chansons sont le plus souvent portées par des lignes de basse remarquables (celle de « As life leaves you », mais aussi celle qui transforme « Scorpio Moon » ou celle du dernier morceau épique de l’album, « Thirteen Cycles ».  Cet album est l’occasion d’admirer le travail qui a été fait dans le traitement des voix, réellement efficace : des chœurs sont intelligemment utilisés en contrepoint du chant sur« As life leaves you » et sur « Scorpio Moon », la voix est doublée sur « Burn it down » pendant le refrain et sa rythmique monolithique. The Great Return s’achève sur « Crown Cobra (The Snake is awake) », une chanson réjouissante, aussi délirante et jusqu’au-boutiste que son titre le laisse supposer. 

  

 

Liste des chansons :

  1. No Space Nukes *
  2. The Queen of Rain and Gray *
  3. As Life Leaves You *
  4. The Sex of Pentacles
  5. Burn It Down
  6. Scorpio Moon
  7. Her Lady of the Forests
  8. Thirteen Cycles
  9. Crown Cobra (The Snake is awake) *

Purple Rhinestone Eagle sur MySpace : www.myspace.com/purplerhinestoneeagle
Le site officiel du groupe : http://purplerhinestoneeagle.com/
Le site du label : www.stankhouserecords.com/

 

Vidéos : 

Quelques extraits live (filmés à Toulouse en septembre) :

 

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

1 Comment

  1. Article qui donne envie, comme d’habitude !
    Par contre, est-ce qu’une infidélité peut sauver votre couple, ça je sais pas.
    Jamais je n’aurais cru que c’est les docus france 2 qui vous donne l’inspiration pour les critiques 

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