DEADLY VIPERS – Cataclysmic Events MFR (XIII, XIX)

(Mauvaise Foi Records 2015)

Vous le savez peut-être, de nombreux membres du forum PlanetGong participent activement à la vie d’un petit mais valeureux label associatif, j’ai nommé Mauvaise Foi Records (qui a déjà sorti des disques de The GO et des Rivals). Ses membres ayant collectivement décidé, lors de réunions fiévreuses et éreintantes, qu’il ne fallait pas trop se brusquer de peur de se faire un claquage, nous avons mis un peu plus d’un an et demi avant d’ajouter une nouvelle référence à notre prestigieux catalogue : le fantastique Cataclysmic Events des Deadly VipersVoici le texte de présentation que Béroalde de Fuzz a rédigé pour l’occasion.

Mauvaise Foi Records et Detroit ? Une longue histoire d’amour. Notre précédente sortie, le double album Fiesta des immenses The GO, en témoigne. C’est pourquoi on se désespérait un peu d’une certaine atonie de la scène garage là-bas. Les héros et les troupes se dispersaient, les nouvelles se faisaient rares. Elle était loin, l’époque des derniers feux, celle par exemple de la fameuse compilation Sympathetic Sounds of Detroit.

Or voici que Timmy Lampinen, l’antipape de l’alien-punk (Clone Defects, Human Eye, Timmy’s Organism : pour un parrain, on fait pire comme C.V.) nous vend du rêve : son nouveau groupe préféré, ce sont les Deadly Vipers (ex-Deadly Vipers Assassination Squad), quatre donzelles qui donnent dans le boucan tordu. Elles, elles appellent ça du « psychedelic sludge ». Qu’est-ce que ça signifie au juste, on n’en sait rien, mais ça sonne.

Sous le charme, Mauvaise Foi Records sort leur nouvel EP, Cataclysmic Events, qui fait suite à leur première démo (mai 2014) et au percutant Ourobouros (février 2015). En quatre morceaux, ces gamines étonnantes de cohérence multiplient trouvailles et motifs accrocheurs. D’entrée, « No Sovereignty » croise garage-punk et heavy-psych tout en soubresauts, oppressé ou trépignant, enrobé comme sur « Earth Girls Are Easy » de distorsion maladive. Au chant, Zoé Edwards alterne hululements post-punk, invectives sournoises et slogans aigres. Le garage rriotesque mue même en stoner fuligineux (« Eden’s Pesticide »), à moins que ce ne soit l’inverse (« Left on Gophkah »). Entre autre rémanences, le son des Deadly Vipers, s’il s’inscrit en droite ligne des manifestes des Bikini Kill, renvoie aussi bien au punk nerveux des X qu’aux envolées du MC5 et à la sauvagerie des Stooges – le tout avec une classe héritée de Suzi Quatro.

Les Mortelles Vipères n’ont pas peur du vrai bon mauvais goût et elles ont déjà un style. Leurs mauvais rêves sont épileptiques. Quatre ans après la mort de Poly Styrene, enfilons avec elles leurs lunettes fuzz à rayons-x pour l’EP spatial le plus punk-77 et psycho-féministe des dernières années.

Vous pouvez vous procurer le disque sur la boutique du label.
 
 
 
 
Tracklisting :
 
Face A :         1. Earth Girls Are Easy
                        2. No Sovereignty
Face B :         1.Left on Gophkah
                        2.Eden’s Pesticide
 
L’EP est en écoute intégrale sur Bandcamp :
 

 

Vidéo : 

« No Sovereignty » 

 

Vinyle :

 

Béroalde de Fuzz

Béroalde de Fuzz : plume flamboyante, garagiste nanardais, exhumeur de syntagmes.

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