KINGS OF LEON – Youth and Young Manhood Strokes sudistes

(Handmedownrecords 2003)

Le début du 21ème siècle aura été marqué par une vague de premiers albums rock’n’roll prometteurs. De ceux que le NME a ainsi nommé sans imagination « New Rock Revolution », les Kings Of Leon sont certainement les plus originaux. Ces quatre barbus chevelus de la même famille (trois frangins et un cousin) à l’accent sudiste marmonné ont apporté une touche rustique au mouvement en jouant du Creedence Clearwater Revival façon Strokes. Ces Followill (Nathan l’aîné à la batterie, Caleb le guitariste chanteur à voix de grand-mère clopeuse, Matthew le jeune soliste et le cousin Jared à la basse) ont néanmoins suscité quelques réserves à la sortie de cet excellent premier album. L’histoire – des fils de pasteur alcoolique deviennent des rock stars – est trop belle. Surtout, qui est cet Angelo qui co-signe et co-produit (avec Ethan Johns) tous leurs morceaux? Kings Of Leon sont ils, à l’image des Monkees dans les années soixante, un groupe fantôme qui n’écrit pas et ne joue pas ses morceaux? Les premiers concerts – plutôt médiocres – du groupe ont dissipé ces doutes (oui ils jouent, oui Caleb chante) sans pour autant convaincre… affaire à suivre. Concentrons nous plutôt sur ce formidable Youth And Young Manhood qui restera très longtemps dans nos mémoires mais aussi, on le craint, un sommet insurpassable à l’avenir pour le quatuor.

Tous les morceaux de cet album auraient pu sortir en single. Tous possèdent une mélodie pop accrocheuse et un riff monstrueux. Les Kings Of Leon jouent pied au plancher et exécutent ces petits chefs d’œuvre de 3 minutes sans faire de fioritures, avec la fougue de leur jeunesse, comme le suggère le titre de l’album. La décharge électrique inaugurale de « Red Morning Light » illustre cela à la perfection. « Happy Alone » maintient le tempo élevé avant un « Wasted Time » où l’intro en spoken word est interrompue par l’arrivée tonitruante de la guitare. « Joe’s Head » et « California Waiting sont plus pop mais tout aussi efficaces tandis que « Spiral Staircase » voit Caleb s’étrangler la voix sur un rock tout ce qu’il y a plus sudiste, genre Lynyrd Skynyrd ou Allman Brothers sous amphétamines (et sans solo de guitare interminable). « Molly’s Chambers » ensuite, un des singles tirés de l’album, envoie un refrain gagnant avant un « Genius » décoiffant. On en prend plein la tête sans pouvoir réagir… « Holy Roller Novocaine », sa géniale intro de basse, son refrain incompréhensible (il semblerait que Caleb chante « Lord’s gonna get us here« … écoutez pour voir) achève l’album tout autant que l’auditeur vaincu… on a pris une bonne claque rock’n’roll. L’album contient néanmoins quelques ballades folk (« Trani », « Dusty » et la chanson cachée « Talahino Skies »), ambiance feu de camp, qui rendent l’album encore meilleur et démontrent que le groupe ne vient pas de Nashville par hasard.

Une réussite sur toute la ligne donc, qui pour la première fois démontre que des guitares aux sonorités punk peuvent s’allier à la sensibilité de Nashville. Un croisement inattendu entre chaleur sudiste et agressivité primaire qui révèle l’intelligence et le flair des Kings Of Leon… ou peut-être de cet énigmatique Angelo.

 

 

Tracklisting :

1. Red morning light  *
2. Happy alone  *
3. Wasted time  *
4. Joe’s head
5. Trani 
6. California waiting  *
7. Spiral staircase  * 
8. Molly’s chambers  *
9. Genius
10. Dusty
11. Holy roller novocaine  *

 

Vidéos :

« Wasted time »

 
« Molly’s Chamber »
 
 
« Red Morning Light »
 
 
 
 
Vinyle :
 
Le disque est un double-vinyle au format 10″ (25 cm). Simplement magnifique.


Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

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