THE TREMOLO BEER GUT – Nous sommes the Tremolo Beer Gut… Qui le fuck êtes-vous ?

(Crunchy Frog 2008)

Information liminaire importante : ni le titre de cet article, ni celui de l’album ne sont une plaisanterie : l’album s’intitule réellement Nous sommes the Tremolo Beer Gut… Qui le fuck êtes vous ?, le groupe est bien danois et enregistre une musique fortement influencée par la surf-music, en y ajoutant une approche bruitiste assumée. Quant à l’appellation « instrumental », elle peut sembler abusive, et je suis prêt à la discuter.

Ce disque au titre interminable est le troisième album du Tremolo Beer Gut, un quatuor danois à l’origine duquel on trouve Sune Wagner, membre des Raveonettes, et une nouvelle fois, l’univers de ce groupe apparaît comme totalement maîtrisé. Sune Wagner a été remplacé par celui qui était à l’origine l’ingénieur du son et le producteur du groupe, The Great Nalna. Respectant des règles strictes, au niveau musical comme au niveau visuel, le groupe sait parfaitement ce qu’il veut jouer, et y parvient à merveille. L’impression qui se dégage à l’écoute de l’album – enregistré en wide ass duophonic stereo – est celle de se trouver face à un rock’n’roll enthousiasmant. Entraînant et hypnotique, comme savent l’être les bons disques de surfmusic, le disque réussit son pari avec des morceaux implacables. Les quatre complices jouent de façon précise, sans jamais s’attarder en solos interminables, mais en s’appliquant à bâtir des ambiances sonores à plusieurs niveaux (« Damn Right » ; « More the man I used to be »).

Le disque possède quelques vrais moments de bravoure, notamment « Zoo Bizarre » avec ses ruptures de rythme et ses cris d’animaux ( ?) divers, « 9 Times the pain » pour son jeu de batterie génial et sa montée scandée de façon cérémonieuse et « The Motherfucking G ». Au-delà des quelques morceaux marquants, auxquels il convient d’ajouter les (hum) ballades « Opium Svengali » et « Moonlit Cunt », le plus important réside pourtant dans la somme de chacune des pistes présentes sur ce disque. L’unité qui se présente ici est en effet monolithique : aucun titre n’apparaît comme superflu, et ce disque semble porter en lui l’assurance de soirées réussies. Un album à découvrir, et un groupe à défendre.

 

 

Liste des chansons :

  1. Delirium Tremolo  *
  2. 9 Times the pain  *
  3. Shoreditch Capone
  4. Junkie tools
  5. Damn Right  *
  6. More the man I used to be
  7. Zoo Bizarre  *
  8. Opium Svengali
  9. The old backhand
  10. The Motherfucking G  *
  11. Nosy Parker
  12. (she’s got) Peter Lorre Eyes
  13. 29 palm grinds
  14. Moonlit cunt  *

 

 

Vidéos : 

“Delirium Tremolo”

 
“The Old Backhand”