WOLFMOTHER – Cosmic Egg

Coquille vide

(Modular 2009)

Couvertures de magazines, chroniques élogieuses, Wolmother et son hard-rock aux parfums seventies semble être entré dans le gotha du rock en 2009 avec ce deuxième album. Ceux qui se gloussaient du son rétro du groupe en 2006 ont aujourd’hui retourné leur veste pour les célébrer avec une démesure à la hauteur de celle affichée par le groupe dans ses morceaux. On serait les premiers à applaudir avec la meute s’il ne subsistait un léger problème : Cosmic Egg n’est pas un grand album, loin s’en faut.

A vrai dire, Wolfmother n’est plus un groupe. Depuis le départ fracassant de l’imposante section rythmique du groupe – composée de Chris Ross (basse/clavier) et Myles Heskett (batterie) – le guitariste/chanteur Andrew Stockdale s’est entouré d’une bande de musiciens compétents mais sans imagination, qui restent sagement à attendre les ordres du désormais omnipotent leader. Ce manque de dynamique semble être la source de notre déception à l’écoute de Cosmic Egg à la lourdeur pachydermique qui illustre à de nombreuses reprises l’expression gros cul.

L’album commence de façon suspicieuse, avec la nerveuse « California Queen » qui ressemble beaucoup à « Back To The Radio » du groupe garage américain The Hiss. Le morceau ralentit brutalement afin de permettre à Stockdale de poser un passage typiquement hard-rock, typique de Wolfmother. Ça semble un peu forcé, on ne tombe pas à la renverse, mais le morceau est agréable. Dans la foulée, le single « New Moon Rising » fait sombrer Wolfmother dans la caricature et le pastiche facile. Stockdale joue sur le contraste entre des coupets épurés (voix/batterie) et un refrain lourd, le morceau cite ainsi allègrement « War Pigs » de Black Sabbath sans jamais en atteindre l’intensité. C’est le premier d’une longue série de titres formulaïques sans grand intérêt autre que de faire du bruit, à l’image du poussif « White Feather », qui manque d’énergie à la façon des mauvais Stones.

Le groupe enfile son costume de Led Zeppelin sur « Sundial » au riff pesant avant d’enchaîner sur « In The Morning » qui ressemble à redite ratée de « White Unicorn ». Il y a un côté Vines dans l’intro acoustique, on espère un moment de bravoure, on a juste droit à l’arrivée sans surprise du groupe, avant un break et un final inspiré de celui de « Stairway To Heaven ». Très bien foutu mais sans surprise. Qu’est devenu le Wolfmother qui nous bluffait par ses choix audacieux  sur son premier album? Où est ce groupe souvent à la limite du bon goût mais empli de panache ?

Le fun semble avoir disparu, et le groupe se traîne d’un morceau à l’autre, recyclant les idées les plus éculées (on a même droit sur « 10.000 Feet » à des violons arabisants censés faire un effet madeleine avec l’inévitable « Kashmir » de Led Zeppelin), l’identité forte créée par le trio originel s’est diluée au point de disparaître sous les couches de guitares toutes plus lourdes les unes que les autres. L’enthousiasme est ainsi moins grand que pour le premier album, autant chez l’auditeur que chez le groupe qui passe les 12 morceaux à se chercher une identité, piochant ses idées dans ses albums favoris. L’album s’achève sur un série de morceaux sans intérêts, le groupe n’oublie pas au passage la ballade de service avec la dégoulinante « Far Away », qui achève de nous convaincre que Wolfmother s’est égaré.

A l’écoute de tous ces morceaux, force est de constater que Wolfmother Mk 2 n’arrive pas à la cheville de son prédécesseur. Si l’écriture est en berne, c’est sans doute que l’alchimie entre les 3 musiciens originaux, la magie qui fait les grands groupes, est absente ici. On a l’impression d’entendre Stockdale ramer avec un groupe qui n’est pas à la hauteur de ses ambitions. 

Wolfmother fonctionnait sur un équilibre délicat, envoyant un rock heavy 70s décomplexé, à la limite du ridicule mais qui marchait grâce au panache affiché du groupe (tout sur le rouge!). Sur chaque morceau Wolfmother se mettait en danger et passait en force grâce au talent de musiciens et de showmen du trio. Cette nouvelle mouture est bien plus sage, et même si Stockdale tente toujours d’emmener son hard-rock dans des contrées aux confins du bon goût, l’ensemble sonne affreusement « déjà entendu ». Quelques morceaux ici fonctionnent (« Pilgrim » notamment, le délire pompier de « In The Castle » si on est de bonne humeur), la production surpuissante maintient parfois l’illusion, mais l’album ne tient pas la distance. Wolfmother a changé de formule, pour l’instant le résultat n’est pas à la hauteur de nos espérances.

 

 

Tracklisting : 

1 California Queen *
2 New Moon Rising
3 White Feather
4 Sundial
5 In The Morning
6 10.000 Feet
7 Cosmic Egg
8 Far Away
9 Cosmonaut
10 Pilgrim *
11 Eyes Open
12 Back Round
13 In the Castle
14 Caroline
15 Phoenix
16 Violence of the Sun

L’album sur Deezer : www.deezer.com/fr/#music/wolfmother/cosmic-egg-396040

 

Vidéo :

« New Moon Rising »