THE BISHOPS – For Now Un trop difficile second album...

(Boxson 2009)

Deuxième album des Bishops, For Now sort deux ans après The Bishops, un excellent disque ou les jumeaux Pete et Mike Bishop, accompagnés du batteur Chris McConville, avaient enregistré des morceaux de british beat, avec une énergie et un talent impressionnants.  Cependant (comme les récents concerts du groupe le laissaient présager), l’écoute du disque montre qu’à moins d’un improbable bouleversement, la fête est finie pour les Bishops.

Le groupe n’a pas tenu les promesses de son premier album : la pop enthousiasmante jouée par le trio semble s’être vidée de sa substance, et avoir perdu son intérêt. Pas d’équivalent à « The only place that I can look is down » sur ce disque : le changement de producteur[1] n’a rien apporté de bon au groupe, et le constat est triste pour Brian O’Shaughnessy – déjà producteur des Long Blondes. Ce n’est pas le solo larmoyant de guitare sur « Nothing I can do or say », ni le train de sénateur sur lequel se déroule l’album qui pourront contredire ce triste constat : les espoirs placés dans le groupe sont déçus.

For Now  n’est pourtant pas foncièrement mauvais : les frangins Bishop savent toujours écrire des morceaux, poser des lignes de basse amusantes ou hypnotiques (« Laughter in the dark » ; « Rain dance » ; « Hold On »), et leurs harmonies vocales sont très soignées… La reprise de Dylan « He was a friend of mine »[2] est ainsi parfaitement maîtrisée : la musique est délicate, les voix s’accordent à merveille ; pourtant elle souffre d’un cruel manque d’émotion qui rend absolument impossible de croire au morceau. Dylan, de sa voix plaintive et éraillée, transmettait plus d’émotions que toutes les superbes harmonies que pourront jamais enregistrer les frères Bishop… La comparaison est implacable.

Malheureusement, le groupe ne parvient jamais à s’affranchir de ses influences : l’exercice de style, qui consiste à enregistrer un disque de pop anglaise qui aurait pu sortir en 1965/66, souffre clairement d’un manque d’émotion, d’énergie, et sans doute aussi d’une écriture moins inspirée que ne le laissait croire le premier album.

 

 

Liste des chansons :

  1. City Lights
  2. Wondering by
  3. Hold on *
  4. Nothing I can do or say
  5. Pass Away
  6. For now
  7. Laughter in the dark *
  8. If you leave today
  9. Slow river
  10. He was a friend of mine
  11. Rain dance
  12. Train won’t stop
  13. Free to do what you want
  14.  Carry On

 

Quelques vidéos :

« City Lights »

 
« If You Leave Today »
 

[1] The Bishops avait été produit par Liam Watson dans les Toe Rag Studios de Londres (le studio où ont été enregistrés Elephant des White Stripes et les premiers albums respectifs des Kills et des Datsuns – entre autres).
[2] « He was a friend of mine » est un morceau que Bob Dylan a adapté et enregistré à l’automne 1961, au moment de l’enregistrement de son premier album. Cette chanson n’a été publié qu’en 1991, sur le premier disque des « The Bootleg Series volumes 1-3 ».

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

3 Comments

  1. Après le cas Doherty on est à nouveau rentré dans une période d’accord parfait… mais bon, c’est pas si cool, tous les deux jours je me fais griller un article par PlanetGong, c’est quand même un peu dégueu de s’y mettre à deux contre un

    Sur ce… bonne journée, messieurs !

  2. Hmm… effevtivement pas passionnant (City Lights un peu sous-Fratellis, déjà que vous n’avez pas aimez leur deuxième disque que j’ai assez aimée, sans que ce soit revolutionnaire), mais If You Leave Today se laisse agréablement écouter. Ca ne me dérangerais pas de l’entendre à la radio à la place de l’actuel daube que j’entends, lol. (pareil pour le titre de Yeah Yeah Yeahs…)

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