THE KOOKS – Inside In / Inside Out Idoles des jeunes

(Virgin 2006)

The Kooks sont depuis le début le début de l’année 2006 les véritables poster-boys de la scène britannique. Si Arctic Monkeys ont connu un succès supersonique à grand coups de singles n°1 et de records de ventes, la réussite des Kooks s’est opérée de façon plus progressive, plus durable. Mieux coiffés, mieux habillés et plus beaux garçons, The Kooks ont d’abord séduit les amateurs de pop finement ciselée avant de s’attirer les faveurs d’un public jeune et essentiellement féminin – la frange de la population à qui le groupe s’adresse dans ses chansons. Plus de six mois après sa sortie, Inside In/Inside Out est solidement installé dans le top 10 des ventes d’albums en Grande-Bretagne, loin devant l’opus des Arctic Monkeys.

Réduire The Kooks à un groupe pour minettes serait néanmoins une erreur grossière. Ces gueules d’anges de Brighton ont su prouver à coups de singles irrésistibles qu’ils étaient un excellent groupe pop, doté d’une arme fatale : un sens de la mélodie inné. Si on peut trouver leur musique lisse et inoffensive, on ne peut que s’incliner devant la qualité des compositions du groupe. A l’image de Hunky Dory de David Bowie – album où on trouve un ballade folk-rock bouleversante intitulée « Kooks » –, Inside In / Inside Out possède une fraîcheur désarmante, une certaine naïveté et une évidence mélodique qui annihilent toute velléité de résistance de la part de l’auditeur. Les chansons s’enchaînent, ballades acoustiques (« Seaside », « She Moves Her Own way ») ou folk (« Sofa Song », « Ooh La »), hymnes pop-rock (« You Don’t Love Me », « I Want You Back » et leur tube parlant de panne sexuelle « Eddie’s Gun » qui ressemble trop à « I Need You » des Beatles pour être honnête) et apportent paix et réconfort à l’auditeur, lui scotchant par la même occasion un sourire béat sur le visage.

Les mélodies sont là, l’ambiance ensoleillée de l’album et l’insouciance de ces jeunes gens ajoutent un soupçon de charme à ce disque très bien écrit et interprété. Attention néanmoins, trop de sucre gâte les dent et s’exposer à trop haute dose à ce disque peut à la longue s’avérer indigeste. La gentillesse c’est bien, mais on a souvent l’impression de tenir la chandelle au milieu d’un repas galant entre le groupe et ses groupies en devenir.

Pour l’instant The Kooks font craquer les filles et rendent jaloux leurs copains qui ne peuvent que s’incliner devant la qualité des chansons. Les Beatles ont commencé sur ce registre et ont réussi à dépasser la question des sexes. Espérons simplement qu’ils ne deviennent pas un boys band de plus et sauront concrétiser les attentes crées par ce premier album prometteur.

 

Tracklisting :

1. Seaside *
2. See the World
3. Sofa Song
4. Eddie’s Gun *
5. Ooh La *
6. You Don’t Love Me
7. She Moves in Her Own Way *
8. Matchbox
9. Naïve
10. I Want You Back
11. If Only
12. Jackie Big Tits
13. Time Awaits
14. Got No Love

http://www.thekooks.co.uk/

 

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

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