THE PEOPLES TEMPLE – Sons Of Stone Reverberation

(Hozac 2011)

On parle souvent des fratries comme étant une inépuisable source de querelles et conflits. Appliquée au rock’n’roll, la présence de membres d’une même famille dans les groupes a souvent été le moteur à explosion de grandes chansons. La jalousie de Ray Davies pour son frère l’a poussé à écrire « Two Sisters » et « Dandy », mais a aussi provoqué quelques pugilats (le plus dommageable d’entre eux ayant induit le bannissement du groupe des USA pendant les années 60). Idem pour les Gallagher, Reid ou Fogerty chez qui la rivalité fratricide a poussé chacun des frangins à surpasser l’autre – pour le bonheur des fans – mais a inévitablement guidé le groupe vers une fin houleuse.

Avec deux fratries en son sein (Alex et George Szegedy, guitare et batterie, Spencer et William Young, basse et guitare), The Peoples Temple propose une formation à hauts risques dont le mélange ne peut qu’être corrosif. Le premier album de ce double duo venu de Lansing (Michigan), sorti cette année sur HoZac après une paire de singles déjà convaincants (mais extrêmement brouillons côté sonore), puise son inspiration dans le rock garage américain des années 1960, celui des compilations Nuggets dont l’influence continue encore d’alimenter une grande partie de la scène rock underground nord-américaine. Deux sons de guitare se partagent la construction des morceaux : une Gretsch argentine qui évoque Stacy Sutherland et apporte un canevas psyché aux morceaux, et une fuzz qui tombe en coups de tonnerre pour apporter des ruptures rock’n’roll. En adjonction au chant adolescent de William Young, c’est cette lead versatile tenue par Alex Szegedy, qui donne son identité au groupe.

Cette approche esthétique entraîne le groupe dans des territoires de The Brian Jonestown Massacre (« Where You Gonna Go », « Led As One (Si Vis Pacem Para Bellum) », ce qui n’a rien de surprenant étant donné leur patronyme inspiré de la même tragédie, et dans des trips à drones dignes des 13th Floor Elevators (« Starstreamer », « Sons Of Stone », « Axe Man »). Pour autant, The People’s Temple n’est pas un groupe planant lambda et sait donner dans le rock’n’roll. On pense parfois à Love, aux Seeds, voire aux Rolling Stones à l’écoute de morceaux tels que « Keeper (of Souls) » ou « Pretender ». Seul le manque de clarté et de puissance du son vient parfois nous agacer un peu (le garage n’a pas toujours que du bon), mais sur la qualité de son premier album, The Peoples Temple a réussi à faire mieux qu’attirer notre attention. Un groupe à suivre de près !

 

 

Tracklisting : 

1. Sons of Stone *
2. Led As One *
3. Mephedrone
4. Visions of the Sun *
5. Where You Gonna Go?
6. Starstreamer
7. Sons of Stone (Revisited)
8. Axeman *
9. Keeper (of Souls)
10. Pretender
11. Miles Away *
12. Stick Around
13. Never Really (Saw Me Comin Round)
14. The Surf

The People’s Temple sur MySpace : www.myspace.com/thepeoplestemple10

Vidéos : 

« Axeman »

 
 « Miles Away » (acoustique)
 

 

Vinyle :

The People's Temple - Sons Of Stone

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

19 Comments

  1. je pense que le manque de « clarté » sur certains morceaux est clairement une volonté du groupe, ainsi qu’une mise en avant de la voix sur ces morceaux, je trouve ce choix intéressant, en rupture
    avec ce que le garage américain peut parfois plébisciter (avalanche sonore des instruments, voix en retrait nimbée d’écho/reverb),

    ça donne un côté presque stooges des débuts…

    sinon j’adore ce disque

  2. ben je pense pas car c’est pas le cas de toutes les chansons, y’a des morceaux ou la prod est rutilante, et d’autres ou les instruments sont en retrait, ou on a l’impression qu’un « filtre » a été
    appliqué,

    je crois vraiment plus à un choix qu’à une prod par défaut par manque de moyens, aujourd’hui, produire un disque est bon marché, et le lo fi est un choix avant tout

  3. Ce Axeman m’insupporte, et Sons Of Stone j’ai l’impression d’avoir déja cette chanson en 15 exemplaires dans ma discothèque – et en mieux.

    Le reste ça va mais ces 2 morceaux positionnés en début de chaque face plombent le disque je trouve.

    Par ailleurs faut qu’ils se trouvent un chanteur, là c’est pastiche sur pastiche, ça ajoute au laborieux de l’affaire.

  4. J’aime bien Sons Of Stone (c’est Axeman qui m’irrite) mais je trouve qu’il n’est pas représentatif du disque – ce qui est un peu con pour un morceau d’intro…

    Ce que j’avance ne justifie pas de bruler ce disque bien sûr, simplement j’ai pas le feeling (peut-être juste une histoire de tracklisting en fait)

    Sinon je me disais qu’il faut que j’écoute le vinyle néanmoins car les mp3 que j’ai ont un son étriqué, mais vu ta chronique le disque a l’air ainsi…

  5. nan il est même particulèrement ample, le son,

    après évidemment, les gamins collectionnent les poncifs du genre, donc je veux bien entendre la critique du « éculé », mais ils le font avec fraicheur et implication, et c’est ce qui fait la
    validité du disque finalement

  6. Excellent, excellent album. Je l’ai acheté un peu à l’arrache, en pensant qu’il ne serait qu’une pâle copie d’un Black Angels, mais comme tu dis, ils réussissent, par d’autres moyens, à produire
    un sacré album. Joli oeuvre que ce People’s Temple, que j’ai chaudement recommandé à tout mon entourage.

  7. je pense que le manque de « clarté » sur certains morceaux est clairement une volonté du groupe, ainsi qu’une mise en avant de la voix sur ces morceaux, je trouve ce choix intéressant, en rupture
    avec ce que le garage américain peut parfois plébisciter (avalanche sonore des instruments, voix en retrait nimbée d’écho/reverb),

    ça donne un côté presque stooges des débuts…

    sinon j’adore ce disque

  8. ben je pense pas car c’est pas le cas de toutes les chansons, y’a des morceaux ou la prod est rutilante, et d’autres ou les instruments sont en retrait, ou on a l’impression qu’un « filtre » a été
    appliqué,

    je crois vraiment plus à un choix qu’à une prod par défaut par manque de moyens, aujourd’hui, produire un disque est bon marché, et le lo fi est un choix avant tout

  9. Ce Axeman m’insupporte, et Sons Of Stone j’ai l’impression d’avoir déja cette chanson en 15 exemplaires dans ma discothèque – et en mieux.

    Le reste ça va mais ces 2 morceaux positionnés en début de chaque face plombent le disque je trouve.

    Par ailleurs faut qu’ils se trouvent un chanteur, là c’est pastiche sur pastiche, ça ajoute au laborieux de l’affaire.

  10. J’aime bien Sons Of Stone (c’est Axeman qui m’irrite) mais je trouve qu’il n’est pas représentatif du disque – ce qui est un peu con pour un morceau d’intro…

    Ce que j’avance ne justifie pas de bruler ce disque bien sûr, simplement j’ai pas le feeling (peut-être juste une histoire de tracklisting en fait)

    Sinon je me disais qu’il faut que j’écoute le vinyle néanmoins car les mp3 que j’ai ont un son étriqué, mais vu ta chronique le disque a l’air ainsi…

  11. nan il est même particulèrement ample, le son,

    après évidemment, les gamins collectionnent les poncifs du genre, donc je veux bien entendre la critique du « éculé », mais ils le font avec fraicheur et implication, et c’est ce qui fait la
    validité du disque finalement

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