TIMMY’S ORGANISM – Raw Sewage Roq Who’s your idol ?

(In The Red 2012)

C’est un fait depuis longtemps établi : chaque nouvelle sortie discographique de Tim Lampinen vient apporter un élément fabuleux à une œuvre monstrueuse et fascinante. Lampinen est le plus grand artiste rock’n’roll des quinze dernières années. Quel que soit le projet concerné (Epileptix, Clone Defects, Human Eye, Timmys Organism), le risible esthète dégénéré post-moderne que vous vous flattez d’être se réjouit de tout nouveau disque produit par Tim Lampinen. A PlanetGong, c’est totalement différent : en plus de posséder une sûreté de goût de chaque instant, nous ne sommes pas risibles (ou si peu).

Pour Raw Sewage Roq, c’est avec Timmys Organism que Lampinen fait son retour chez In the Red (le premier album avait été publié par Sacred Bones). Alors que le premier disque de Timmy’s Organism consistait presque exclusivement en un projet solo de Lampinen, ce Raw Sewage Roq est davantage le résultat de la collaboration entre trois musiciens. Ce disque est au final plus proche d’un album de punk-rock que des bizarreries marquées par la science-fiction du délirant dernier Human Eye (aucun bruitage étrange de type «Building the friend-ship » sur Raw Sewage Roq). Le trio qui compose Timmy’s Organism est à présent parfaitement rôdé : Colin Sick est un batteur rock’n’roll dément, et Jeff Giant un bassiste fermement décidé à ne pas être cantonné à un rôle de figurant, et qui tapisse les morceaux d’une assise rassérénante (« Boucing Boobies », « Poor and bored »).

C’est toujours le cas avec les disques de Lampinen : l’entrée dans l’album est particulièrement soignée ; il aime en effet placer en première position un morceau capable de faire fuir 99% des gens : « Cats on the Moon » place donc l’auditeur en situation, et offre le premier moment de magie de l’album, qui en contient plusieurs autres, dont le solo de guitare terrifiant sur « Unhook my leash », une chanson à l’essence punk bas-du-front au refrain entêtant qui se déroule à mi-parcours en space-rock extrêmement violent. L’une des forces des chansons de Lampinen – et c’est encore vrai sur cet album – a toujours été la capacité de l’auteur à en transformer la structure et à les faire évoluer pour devenir d’étranges objets sonores difficilement descriptibles incroyablement enthousiasmants, et dont l’auteur est identifiable entre mille.

Comme aux plus beaux jours des Clone Defects (« Whisky and Women »« Low Fashion Lovers », « Procrastination Babys »), Lampinen est toujours capable de composer des riffs de guitare incroyables : « Cats on the Moon », « Bouncing Boobies ». Sur « Monster Walk », un autre grand moment de l’album, il chante à la Captain Beefheart les paroles les plus engageantes de l’année (« Lets take a walk to the cemetery»).  Sur ce disque, les deux morceaux qui se démarquent vraiment des autres d’un point de vue stylistique, sont « DrunkenMan », une ballade aussi démembrée et à l’abandon que son titre le laisse envisager, sur laquelle Lampinen postillonne ses paroles plus qu’il ne les chante, et l’avant-dernière piste, « Mind over Matter » dont le titre prometteur ne laissait présager en rien de son introduction qui surprendra tous les auditeurs n’ayant pas abandonné l’écoute de ce disque marquant. Pour le reste, la démarche est très directe, straight-to-the-point au possible, malgré les quelques effets sonores que le groupe s’accorde (sur «Take the castle », notamment).

PlanetGong n’en attendait pas moins : ce Raw Sewage Roq est un véritable disque de résistance aux aspects les plus débilitants du monde contemporain ; chaque nouveau disque de Tim Lampinen apporte un antidote à la médiocrité musicale ambiante ; s’il y eut jamais de grands artistes dans le monde du rocknroll, Timmy Vulgar Lampinen est de ceux-là, capables en quelques secondes de saisir aux tripes son auditeur pour lui montrer que tout espoir n’est pas perdu.

 

 

Liste des chansons :

  1. Cats on the Moon *
  2. Bouncing boobies
  3. Monster Walk *
  4. Drunken Man
  5. Unhook my leash *
  6. Take the castle
  7. Poor and bored *
  8. Low cut surgery *
  9. Mind over matter *
  10. Raw Sewage roq

 

Vidéos :

« Cats On The Moon » (live)

 
« Low Cut Surgery »
 

 

Vinyle :

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

8 Comments

  1. « s’il y eut jamais de grands artistes dans le monde du rocknroll, Timmy Vulgar Lampinen est de ceux-là, capables en quelques secondes de saisir aux
    tripes son auditeur pour lui montrer que tout espoir n’est pas perdu. » 

    Certes, un type qui fait des tacos tous les mois dans un bar de Détroit ne peut qu’être un grand artiste qui saisit les tripes…

    Une chronique qui fait du bien par où ça passe.

     

  2. Déjà le CD est généralement vendu à 17-18€ en magasin donc avec un téléchargement à 10-11€ ça fait quand même une petite différence.

    Sinon c’est surtout pour le côté pratique : t’as ton album tout de suite et tu peux récupérer les fichiers d’où tu veux (on peut télécharger autant de fois qu’on veut sur boomkat).

    D’un point de vue strictement audiophile j’ai quasiment laissé tomber le CD étant donné le niveau de compression dynamique de la musique actuellement. La plupart des albums d’aujourd’hui sont
    clairement mixés/masterisés pour une écouté en fichiers numériques sur baladeurs. Donc tant qu’à faire autant avoir la qualité maximum en FLAC…

  3. Le problème avec les bons de téléchargement fourni avec les vinyles c’est que c’est du mp3 (dernière expérience en date : le bon offert avec le vinyle de Alabama Shakes). Sinon la solution idéale
    c’est quand le CD est inclus dans la pochette vinyle (comme par exemple avec les magnifiques rééditions vinyles des albums solo de Joe Strummer ou encore avec le vinyle du dernier Dylan).

     Je me doutais un peu qu’en parlant de fichiers numériques ça allait faire bizarre sur ce blog ; )  Mais je voulais simplement signaler une alternative intéressante au sempiternel mp3.

     

  4. « Le problème avec les bons de téléchargement fourni avec les vinyles c’est que c’est du mp3″

    ben le truc c’est qu’en ayant le disque il n’y a du coup aucun intérêt à avoir du fichier numérique haute
    qualité – à condition en plus d’avoir du super matos audiophile sur lequel on entend la différence entre du mp3 bonne qualité et du flac qui n’est rien de plus que le CD. 
    C’est pas en voiture ou sur le baladeur dans le train que ça change quoi que ce soit en tout cas.

    Enfin bon, c’est surtout une histoire d’habitude que de qualités objectives tout ça…

  5. « le truc c’est qu’en ayant le disque il n’y a du coup aucun intérêt à avoir du fichier numérique haute qualité »

     

    Justement mon vinyle je peux l’écouter que sur ma platine vinyle. Pour remplir mon baladeur ou écouter de la zique à partir de l’ordi je préfère avoir la qualité maximum, c’est-à-dire du flac (ou
    tout autre format sans perte).

     

    La différence entre du mp3 et du flac ça s’entend, un peu comme la différence entre un vinyle et une cassette (rapport aux hautes fréquences…)

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