TOTAL CONTROL – Henge Beat Révélation

(Iron Lung Records 2011)

Ce disque à la pochette, hum, aisément reconnaissable est le premier album de Total Control, un groupe australien formé par Mikey Young, le guitariste – et claviériste – du fantastique Eddy Current Suppression Ring et de quelques autres membres d’autres groupes australiens dont j’ignore malheureusement les noms, hormis celui de Dan Stewart, le chanteur qui est aussi batteur chez UV Race. Faute de pouvoir décrire très précisément le style de musique enregistrée par Total Control, nous devrons nous contenter d’apposer le qualificatif imprécis de postpunk à ce disque passionnant.

Henge Beat possède une certaine parenté avec plusieurs aspects de l’album Primary Colours de The Horrors : sur « One More Tonight » où le chant et les attaques de guitares rappellent celles du groupe de Faris Badwan, mais aussi sur « Love Performance », où la rythmique et le clavier participent aussi à cette ressemblance. Au jeu des comparaisons, la batterie et le chant saccadé de « Retiree » rappelle quelque chose du génial trio d’Andrew Angus, les Liars. Ces quelques repères, probablement discutables et évidemment incomplets, doivent théoriquement vous inciter à écouter le plus rapidement possible Henge Beat.

Les trois chansons placées en début d’album forment un triptyque formidable qui met l’auditeur en présence d’une évidence éclatante ; la quatrième, « The Hammer », possède une rythmique très synthétique et un type de musique rétro-futuriste basée sur les claviers et accompagnée par un chant minimaliste qui répète les mêmes paroles. Dans un registre très différent, « Carpet Rush » est la chanson la plus ambitieuse de ce disque : conduite par la guitare et marquée par le chant étonnamment détaché de Stewart, elle s’étire sur près de sept minutes et montre un groupe sûr de son fait. Total Control excelle également dans un style plus direct avec « Stonehenge » et ses chœurs primaires, puis « No Bibs », une piste garagepunk très courte à la production dans le rouge et à l’introduction difficile à suivre qui laisse place à un passage plus expérimental à base de bruitages divers sur une ligne de basse suramplifiée.

« Shame Thugs » et « Sunday Baker » sont deux interludes instrumentaux assez étonnants, remarquables par leurs blip-blips et des effets de claviers que l’on croyait disparus depuis 1982 ; la première de ces deux pistes intervient après une première partie d’album relativement homogène, et la seconde précède « Love Performance », le fantastique morceau qui clôt cet album. « Meds II » est une autre des grandes pistes de cet album : elle reste sur un rythme lancinant pendant les trois premières minutes à la rengaine entêtante (« Taking pills to remember to take pills to forget »), avant un changement soudain et réjouissant.

Henge Beat est un disque polymorphe sur lequel le groupe démontre une qualité incroyable et parvient à unifier des éléments fort différents en un ensemble cohérent : il restera comme un des disques les plus importants de l’année 2011, une très belle découverte qui laisse espérer de passionnantes prochaines sorties pour Total Control (ceux qui en redemandent peuvent d’ores et déjà se pencher sur le split LP qu’ils ont publié en fin d’année avec Thee Oh Sees)

 

 

Liste des chansons :

  1. See more glass *
  2. Retiree*
  3. One more tonight*
  4. The Hammer
  5. Stonehenge
  6. Carpet Rush
  7. Shame Thugs
  8. No Bibs
  9. Meds II
  10. Sunday Baker
  11. Love Performance*

 

Vidéos : 

« Carpet Rash »

 
« Love Performance »
 

 

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

3 Comments

  1. Les chansons de ce disque m’ennuie (moins que leurs morceaux sur le split avec les Oh Sees ceci dit) et je trouve ça confus à l’échelle du disque. Quand à l’ambiance 80’s elle finit de
    m’achever…

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