WRENCHIN’ THE WIRES – Compilation Polish Beat, épisode III

(Sixty-Six Records ; 2002)

Après les deux excellents albums de rock polonais des années 1960 (Alarm! de Niebiesko-Czarniet le seul LP des Polanie), PlanetGong se propose d’explorer de façon plus synthétique les groupes de rock’n’roll polonais par une série de critiques de quelques compilations du genre. Dans cette perspective, à tout seigneur, tout honneur : l’exceptionnelle Wrenchin’ The Wires présente la face alternative du beat polonais : cette compilation sortie en 2002 par Sixty-Six Records dans des conditions légales plus ou moins obscures (il est plus que probable que cette compilation est un « pirate »). Difficile à trouver à un prix raisonnable – même en Pologne – ce disque est tout simplement excellent et peut revendiquer à juste titre sa place dans la discographie de n’importe quel amateur de rock’n’roll 60s.

Les influences sont les groupes anglais qui ont été regroupés aux Etats-Unis sous le nom de British Invasion : Beatles, Rolling StonesWho, Kinks, Animals ; le résultat de cette assimilation par les groupes polonais est comparable à celui qui a été fait par les groupes de garage-rock américain. Sur « Jesień » (de Pięć Linii), alors que le chant assuré à plusieurs voix rappelle les Beatles, le riff de basse fait plus que s’inspirer du jeu de guitare de « You really got me ». Les Kinks sont également à l’origine de « Nadążyć Chce » (de Chochoły), qui reprend les accords de guitare de « I Need You ». En fin de face A, le disque propose une reprise quelque peu surprenante, celle de « She’s not there » par les Pesymiści (les Pessimistes) : l’interprétation donnée par le groupe polonais est plus rapide est moins harmonieuse que celle des Zombies, mais s’avère finalement très réussie. En face B, la version réjouissante de « I’m Down » (enregistrée en concert par Czerwone Gitary) rend justice à la violence originelle du morceau des Beatles : le chanteur hurle à tout rompre, la prise de son est loin d’être parfaite, les musiciens qui assurent les chœurs se plantent en beauté pour leur première intervention, il y a un temps de trop avant le premier solo… Malgré cela, cette reprise est une incontestable réussite (comprenne qui peut).

Cette compilation, dont le titre est précisé par cette ligne prometteuse « Wild 60s Bloc-busters from Poland », est un modèle du genre. Quelques-unes des chansons apparaissent en effet comme de véritables merveilles : les fantastiques morceaux de Polanie (« A Ty Pocałujesz Mnie » et leur reprise de « I’m Crying ») ne manqueront pas de frapper tous ceux qui les découvriront, et placent le groupe en haut de la hiérarchie des groupes rock’n’roll polonais. Sur Wrenchin’ the wires, les groupes de Varsovie sont largement représentés les excellents Dzikusy (les Sauvages) et leur organiste en feu sur le solo de « Nie Będę Z Tobą Dłużej », mais aussi par Bardowie dont la chanson « Stary Żółw» possède un son riche et parfait : accords tranchants de guitare, rythmique impressionnante, et un chanteur plein d’assurance. Chochoły contribuent aussi à la qualité de ce disque grâce à « Uwierz mi » (seconde piste où l’orgue tient la place la plus importante), peu avant que le disque ne s’achève sur une chanson de Blackout, groupe fondé en 1968 par Tadeusz Nalepa et valeur établie du rock’n’roll polonais.

En quatorze chansons, les concepteurs de Wrenchin’ the Wires ont rendu justice à une scène méconnue et ont publié un LP d’un niveau fantastique : ce disque est la compilation parfaite pour entrer dans la scène rock’n’roll polonaise des années 1960.

 

  

Liste des chansons : 

Face A :

  1. Piastelsy – Dzikusy*
  2. I’m crying (The Animals) – Polanie*
  3. Rudy Pies – Bardowie
  4. Jesień – Pięć Linii
  5. Nadążyć Chce – Chochoły
  6. Nowy Wstaje Dzień – Passaty*
  7. Mówiłem Jej, Że Ją Kocham (She’s not there – The Zombies) – Pesimiści

 Face B :

  1. A Ty Pocałujesz Mnie – Polanie*
  2. Nie Będę Z Tobą Dłużej – Dzikusy
  3. I’m Down (The Beatles) – Czerwone Gitary*
  4. Plotki – Pesymiści*
  5. Stary Żółw – Bardowie*
  6. Uwierz mi – Chochoły*
  7. Daj Psu Kość – Blackout

Quelques années après la sortie de ce disque, un deuxième volume de Wrenchin’ The Wires a été publié (par le label Zuma) ; ce second disque est également fort recommandable – nous en reparlerons peut-être prochainement.

 

Vidéos : 

Nowy Wstaje Dzień –Passaty

 
Polanie – I’m Cryin
 
 
Piastelsy – Dzikusy
 
 

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

1 Comment

  1. je n’ai pas trouvé ce volume là de la série, mais j’en ai choppé une autre chez Born Bad

    je sais plus le numéro par contre (deux ou trois de mémoire)

    dans mes souvenirs c’était très bon!

    une particularité du rock polonais 60s c’est qu’une bonne partie des archives proviennent de la radio car seuls les groupes les plus importants avaient la possibilité de sortir des disques

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