FAT WHITE FAMILY – Songs For Our Mothers Berceuses

(Fat Possum 2016)

Oooouh attention, groupe méchant. C’est ce qu’a subtilement asséné le label de Fat White Family depuis des mois, au point de faire du groupe anglais un des plus controversés, avec un certain succès. Sur internet au moment de la publication de leur nouvel album, tous les magazines ont ainsi repris en choeur les paroles assénées par Fat Possum sur son site officiel : « Some people will call Songs For Our Mothers the most unpleasant album of this year, if not of their entire generation; the work of a bunch of drink and drug wracked nihilist degenerates. »

Certes, Fat White Family sont un groupe réputé difficile – sur et hors-scène – mais ils sont loin d’être les premiers agitateurs de l’histoire du rock. Oui, leur mue spectaculaire de groupe garage bas du front en menace électronique post-Suicide a choqué de nombreux fans. Oui l’imagerie fascisante du clip « Whitest Boy On The Beach » a fait hurler – de façon tellement prévisible que c’en est risible – les bien-pensants de tous bords.

En vérité Fat White Family est surtout un groupe doué pour les clins d’oeil (en commençant par celui de sa pochette qui se moque du Brothers des Black Keys) et l’autopromo. En s’inspirant de Laibach et en multipliant les provocations, le groupe est devenu le chouchou des rebelles autoproclamés de tous bords. Quel dommage seulement que leur album ne soit pas à la hauteur des prétentions du groupe.

Certes « Whitest Boy On The Beach » est un tube absolu, un des titres les plus marquants de la décennie en matière de rock’n’roll, ni plus ni moins. De la musique électronique jouée avec une attitude punk, portée par une mélodie irrésistible et quelques gimmicks biens vus. Un vrai classique instantané. Malheureusement le reste de l’album n’est pas à l’avenant. Après des débuts enthousiasmants (le blues synthétique de « Satisfied », l’étrangeté de « Love Is The Crack »), l’ennui gagne, malgré les tentatives désespérées du groupe de provoquer la controverse (avec des chansons aux titres tels que « Duce », « Lebensraum » ou « Goodbye Goebbels »).

Sur la durée, l’album s’avère en réalité assez inoffensif. Fat White Family oublie d’envoyer les tubes immédiats au moment d’asséner le coup de grâce et propose trop de morceaux au tempo mou pour intéresser sur la durée. On parle là d’un album qui compte au moins trois morceaux qui fonctionnent très bien en tant que berceuses (oui, on a essayé) et dans lequel un morceau sur deux évoque « Nightclubbing » d’Iggy Pop sans en posséder la noirceur. Heureusement, le groupe est un des plus fascinants du moment sur scène, ce qui est primordial, mais on attend encore l’album de Fat White Family qui nous fera crier au génie.

 

Tracklisting

  1. Whitest Boy on the Beach *
  2. Satisfied *
  3. Love Is the Crack 
  4. Duce
  5. Lebensraum
  6. Hits Hits Hits
  7. Tinfoil Deathstar *
  8. When Shipman Decides
  9. We Must Learn to Rise
  10. Goodbye Goebbels

 

Vidéos

« Whitiest Boy On The Beach »

Notons au passage qu’il est est amusant de voir le guitariste Saul Adamczewski jouer aux durs quand on connaît son passé avec The Metros, groupe de minets entre Kooks et The View.

« Tinfoil Deathstar »

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

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