THE BLUE VAN – The Art of Rolling Obsessions sixties

(TVT 2005)

A l’instar des Jessica Fletchers, The Blue Van sont un quatuor venu du grand nord (bon, d’accord, le Danemark n’est pas si loin) qui proposent un rock’n’roll aux très fortes influences sixties. En fait le groupe l’admet lui-même ; rien de ce qui est sorti ces 30 dernières années n’a trouvé de résonance dans son approche de la musique.

Le son de The Blue Van est très fortement inspiré des Animals et des Small Faces, l’utilisation débridée d’un orgue Hammond expliquant cela. A l’écoute de cet album frais et anachronique, on pense souvent aux Yardbirds et à tous ces groupes beat sixties à l’énergie contagieuse. The Blue Van groovent sérieusement, ont un sens du riff efficace et savent écrire des bonnes chansons. L’enrobage sixties – du Hammond aux fringues – ajoute à leur charme.

L’album propose plusieurs moments de pure classe (« Word From The Bird », « I Remember The Days », « Revelation Of Love », « Mob Rule ») qui sont des vraies pépites rock’n’roll et compte même quelques grands morceaux à l’image de ce « Product Of DK » qui, dans un monde parfait, serait un tube monstrueux. Un autre des grands instants de bravoure de The Art Of Rolling demeure l’instrumental « Blueverture » qui commence par un intro au mellotron rappelant inévitablement « Strawberry Fields Forever » puis décolle pour se transformer en morceau planant proche des travaux d’Ennio Morricone et de Air. Voila une facette intéressante. La fin de l’album compte plusieurs jams qu’on trouvera inspirées ou chiantissimes selon l’humeur mais qui témoignent du talent d’improvisation du quatuor. Car c’est sur scène que The Blue Van s’expriment le mieux : le groupe joue à fond la carte rock’n’roll et s’excite dans tous les sens tout en assumant les clichés qu’il trimbale avec lui. Voir ces quatre mecs sapés à la Jimmy Page période Yardbirds jouer cette musique de telle façon et emmener le public dans des impros irraisonnables est jouissif.

Malheureusement pour eux, tout n’est pas parfait dans ce bas-monde et il arrive que les insurpassables influences de The Blue Van pèsent sur le groupe au point de le complexer et le pousser à faire quelques erreurs (de jeunesse?). Sur « I Want You », le groupe recycle l’inépuisable riff de « You Really Got Me » des Kinks sans vraiment convaincre (l’exercice est vain) et le pastiche des Rolling Stones période Exile On Main Street  de « Baby I’ve Got Time » peut lasser si on écoute l’album trop souvent. Par ailleurs, on n’en voudra à personne de trouver que tous les morceaux se ressemblent.

De ses contemporains, on peut rapprocher The Art Of Rolling aux albums des Sights (notamment Got What I Want) qui sont eux aussi hantés par un orgue Hammond omniprésent et des obsessions sixties assumées. Pas de quoi révolutionner quoi que ce soit, certes… mais qu’il est important que cette musique vive encore!

 

 

Tracklisting :

1. Word from the Bird
2. Product of DK *
3. I Remember the Days *
4. I Want You
5. The Remains of Sir Maison
6. Baby, I’ve Got Time
7. The Blueverture *
8. Revelations of Love *
9. Mob Rule *
10. What the Young People Want
11. Coeur de Lion
12. New Slough

L’album est en intégralité sur Deezer : www.deezer.com/fr/#music/the-blue-van/the-art-of-rolling-235063

 

Vidéo : 

« Revelation Of Love »

 

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

3 Comments

  1. C’est bien sympa. 2005… ça devrais être la même année que Little Heart Attacks des Sunday Drivers que j’ai beaucoup aimée pour ce son si retro…

  2. Merci d’avoir « déterré » cet article en la mettant en accès direct depuis la page d’accueil, ça valait vraiment le coup! « Produc of DK » aurait vraiment du devenir un tube interplanétaire 😀

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