THE DIRTBOMBS – Ooey Gooey Chewy Ka-Blooey ! Boîte à bonbons

(In The Red  2013)

C’était la lubie de Mick Collins, le projet dont le leader des Dirtbombs parlait depuis des années et qu’on n’attendait plus. Après des années de procrastination, le fantasmagorique album bubblegum des Dirtbombs s’est enfin matérialisé. Le timing n’aurait pu être meilleur. Car le bubblegum est un genre qui a retrouvé ses lettres de noblesse en l’espace de quelques années, grâce notamment à Burger Records qui a publié plusieurs albums sous cette influence récemment (Gravys Drop, Thee Makeout Party, Bam Bams…), et puis grâce aussi à John Krautner de The GO qui au fil des années nous a appris à apprécier la beauté des mélodies sucrées.

A vrai dire, quand il y a dix ans Mick Collins évoquait (déjà) le projet, on redoutait presque de le voir se concrétiser. The Dirtbombs étaient alors le groupe le plus impressionnant du monde à voir en concert, avec leurs deux batteries et leurs deux basses (alors menées par les non moins impressionnants Tom Potter et Jim Diamond) qui faisaient vibrer les salles de concert. Après la vision heavy de la soul d’Ultraglide In Black et le garage-punk de Dangerous Magical Noise, l’idée de les voir jouer des légèretés dignes des Archies paraissait alors pour le moins incongru.

Et puis Party Store est passé par là. Ce double album où les Dirtbombs revisitaient quelques classiques de techno minimaliste de Detroit a changé la donne. Ce disque ambitieux mais peu convaincant – et franchement déroutant pour les non-initiés – avait semé le doute concernant les Dirtbombs et provoqué un sentiment de frustration. Après ce fatras expérimental, le public avait besoin d’une chose évidente mais simple : que les Dirtbombs jouent des vraies chansons. Avec des mélodies, des riffs cinglants, et surtout de quoi permettre à cette superbe machine rock’n’roll de s’exprimer à plein régime.

Ainsi Ooey Gooey Chewy Ka-Blooey ! était un album attendu par les fans. Comme prévu, The Dirtbombs proposent une dizaine de vignettes pop légères saupoudrées de sucre et de fuzz. Les mélodies sont irrésistibles (« It’s Gonna Be Alright » avec sa ligne de basse débonnaire, « Jump And Shout » et ses claquements de mains, la pop ensoleillée de « Crazy For You », la funky « Hey! Cookie »). On retrouve quelques chansons construites sur le même moule que « Motor City Baby », hymne des Dirtbombs issu de Dangerous Magical Noise, l’album supposément glam du groupe (ce qui tend d’ailleurs à confirmer que glam et bubblegum sont trèèès proches). Malgré le recours à cette vieille formule, « Sugar On Top » et « Hot Sour Salty Sweet » sont plutôt convaincantes.

L’album contient deux pistes vraiment surprenantes. La première est « The Girl On The Carousel », la première véritable ballade jamais écrite par les Dirtbombs. Cette chanson douce qui s’ouvre sur un solo de hautbois vient nous rappeler le grand romantique qui sommeille en Mick Collins (on aurait du s’en douter : les Dirtbombs n’ont-ils pas dans le passé repris  » I Started A Joke » des Bee Gees ?). L’autre se nomme « We Come In The Sunshine ». Sur le verso de la pochette, le groupe remercie Brian Wilson. Et pour cause, la mélodie de cette chanson s’inspire grandement de « Good Vibrations » sur ses couplets. C’est à la fois décevant et amusant, un peu à l’image de cet album qui séduit sans jamais atteindre les hauteurs des chefs d’œuvre des Dirtbombs. Ooey Gooey Chewy Ka-Blooey ! est un album mineur dans leur répertoire, mais il a au moins eu le mérite de nous faire patienter en attendant le premier album du bubblegum supremo, John Krautner.

 

 

Tracklisting :

 1. Sugar On Top
2. Crazy For You *
3. It’s Gonna Be Alright *
4. Hot Sour Salty Sweet
5. Jump And Shout
6. The Girl On The Carousel *
7. Hey! Cookie *
8. Sunshine Girl
9. No More Rainy Days / Sun Sound Interlude
10. We Come In The Sunshine

 

Vidéo :

« It’s Gonna Be Alright »

« Sugar On Top »

 

Vinyle :

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

1 Comment

  1. Un peu dur le coup de l’album « mineur »… J’ai tout de suite apprécier l’album (facile d’accès, rigolo, joyeux, mélodique). Mais c’est vrai qu’après l’avoir poncé deux semaines, je l’écoute
    moins, il me procure moins de sensations qu’avant. « Crazy For You » sort vraiment du lot je trouve. Bon album quoi (pis le vinyle est sympa)

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