MEATBODIES – Meatbodies Cuvée 2010

(In The Red 2014)

Meatbodies, groupe mené par Chad Ubovitch (connu comme étant bassiste chez Fuzz et guitariste pyromane sur scène avec Mikal Cronin) s’appelaient jadis Chad & The Meatbodies. A l’instar de Charlie & The Moonhearts, le groupe a récemment écourté son nom, sans doute poussé par un manager lui expliquant que ce serait bon pour sa carrière. Ce que ce dernier aurait aussi pu expliquer au bon Chad, c’est que faire du Ty Segall cuvée 2010 en 2014, c’est un peu surfait. On ne compte plus les groupes qui sont sur le même crédo (Bass Drum Of Death, Volage, Sultan Bathery…) et l’auditeur versé dans le garage lo-fi commence à saturer.  

Alors oui, Chad bénéficie de la bénédiction du patron (qui joue même de la batterie sur trois morceaux) et de ses relations (l’album est enregistré chez Eric Bauer, qui a mis en boîte la plupart des albums de Segall et de Cronin), mais il n’y a rien dans ce « Meatbodies » qu’on n’ait pas entendu des dizaines de fois ces dernières années. La production gavée de fuzz sonne tellement proche du Segall période Melted qu’on croirait parfois à des inédits, à l’image de ce « Disorder » qui ressemble à une version accélérée d’ « Imaginary Person » ou de « Him ». Dès que le groupe ralentit le tempo pour se lancer dans du heavy comme sur « Tremmors », c’est Fuzz qui vient à l’esprit. 

Certes, le disque sonne très bien, et on trouve ici quelques excellentes chansons (« Wahoo » notamment, et surtout la superbe « Two ») mais l’ensemble manque vraiment de personnalité pour véritablement surprendre et enthousiasmer. On en vient même à regretter les démos lo-fi de Chad & Meatbodies, enregistrées n’importe comment mais bien plus attachantes (il n’y a qu’à écouter la version originale de « Wahoo » pour s’en convaincre). 

Peut-être que dans trois ans on reviendra sur cet album avec une oreille fraîche et qu’on sera emballé par le savoir-faire du groupe car il est indéniable que notre absence d’enthousiasme pour ce disque résulte d’une lassitude liée à la mode du moment. Après tout, les disques psychédéliques qui n’intéressaient personne en 1969 font aujourd’hui le délice des amateurs du genre. Quoiqu’il en soit, en 2014, au milieu de la foultitude de groupes qui font du Ty Segall bis, les Meatbodies manquent de personnalité pour percer. Vivement qu’ils s’émancipent un peu et proposent quelque chose de moins dérivatif. Leurs prestations scéniques laissent à penser qu’ils en ont les moyens.

 

 

Tracklisting

01. The Archer
02. Disorder
03. Mountain *
04. HIM
05. Tremmors
06. Plank
07. Gold
08. Wahoo
09. Two *
10. Off
11. Dark Road
12. The Master

 

 

Vidéo

« Two »

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

1 Comment

  1. Yay, un nouvel article !

    « Peut-être que dans trois ans on reviendra sur cet album avec une oreille fraîche et qu’on sera emballé par le savoir-faire du groupe car il est indéniable que notre absence d’enthousiasme pour ce disque résulte d’une lassitude liée à la mode du moment. Après tout, les disques psychédéliques qui n’intéressaient personne en 1969 font aujourd’hui le délice des amateurs du genre.  » C’est une réflexion que je me fais souvent en ce moment, c’est assez perturbant…

    Sinon c’est clair que c’est pas original pour un sou, mais quelques chansons sont quand même des bonnes scies. Anecdote révélatrice : Mountain je l’ai eue dans la tronche pendant un bon moment en me demandant sur quel p*tain d’album des Oh Sees elle se trouvait ^^

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