THE WHITE STRIPES – Get Behind Me Satan! Psychotic reaction

(XL 2005)

Ouais ouais ouais… Va-t-on le réécouter? La question peut se poser après la première écoute du très déconcertant nouvel album de Jack et Meg White… Après quatre albums magnifiques oscillant brillamment entre blues, folk, rock stoogien et country, rien n’aurait pu nous préparer au choc que représente cet album. Trois morceaux seulement contiennent de la guitare électrique (une aberration alors que Jack compte parmi les ténors du manche), l’album s’appuyant essentiellement sur un piano, une batterie, un tambourin, une guitare acoustique parfois et un… marimba (un espèce de gros xylophone). Troublant.
 
Il semblerait que Jack ait eu des problèmes de cœur récemment (impossible de ne pas penser à sa rupture avec Renée « Bridget Jones » Zellweger lorsque la moitié des chansons parlent d’un amour parti)… Ceci expliquerait donc le côté sentimental et dépouillé de l’album. Pourtant l’album démarre fort avec un « Blue Orchid » funky qui trahit – comme d’autres chansons ici d’ailleurs – l’influence de Beck sur Jack après leur collaboration de l’an dernier pour Guero. La voix haut-perchée du chanteur y est d’ailleurs surprenante.
 
Le piano est ici utilisé de façon intéressante. Les accords frappés – cognés plutôt – par Jack, la batterie primaire et le tambourin de Meg créent une rythmique dépouillée mais dansante. « My Doorbell », « The Denial Twist », « Passive Manipulation » (chanté par Meg), « Take Take Take » poussent les limites du minimalisme toujours plus loin pour un effet maximal. Ces morceaux funky sont irrésistibles. L’autre utilisation du clavier est plus classique, l’instrument servant d’appui aux effusions sentimentales de Jack dans les morceaux introspectifs que compte l’album (« White Moon », et « I’m Lonely (But I Ain’t That Lonely Yet) »)

Ce qui frappe dans cet album est le nombre de morceaux ovni qu’il compte. Preuves de l’ouverture d’esprit des White Stripes et de leur esprit d’avant-garde, « Blue Orchid », « The Nurse » (où des bling-blings de marimba sont interrompus par des décharges électriques), « Little Ghost » (une ritournelle country qui aurait pu être écrite en 1880) et « Red Rain » (résultat d’un croisement entre musique hawaienne et blues blanc) sont des réussites incontestables. 

Alors pourquoi cette impression étrange en premier chef? Les White Stripes viennent de commettre un suicide commercial en sortant l’anti-Elephant. Le côté épique et pop du groupe disparaît pour mettre en valeur la face plus humble et humaine. Leur spectre musical s’en trouve considérablement élargi. Que nous préparent-ils pour le prochain? Toutes les options sont possibles…à condition qu’ils ne décident pas de stopper le groupe d’ici-là comme ils en ont maintes fois parlé…

 

 

Tracklisting : 

1. Blue Orchid  *
2. The Nurse
3. My Doorbell  *
4. Forever For Her (Is Over For Me)
5. Little Ghost
6. The Denial Twist   *
7. White Moon
8. Instinct Blues
9. Passive Manipulation
10. Take, Take, Take   *
11. As Ugly As I Seem
12. Red Rain
13. I’m Lonely (But I Ain’t That Lonely Yet)

  

Vidéos :

« Blue Orchid »

 

Vinyle :

Get Behind Me Satan ! est à ce jour le seul album des White Stripes à ne pas avoir été publié en vinyle. Etrange…

 

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

1 Comment

  1. Plus les white stripes se démarquent du blues ou du garage (en se rapprochant de la pop) meilleurs sont leurs albums… Celui est quasiment mon préféré !
    D’ailleurs même ma fille de cinq ans en fredonne les airs !!
    Evidemment, les fans du début ont tourné la tête depuis longtemps, ils loupent vraiment quelque chose !!

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