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NICK POWER – Caravan

(Skeleton Key 2017)

Les fans de The Coral de la première heure (enfin, les douze qu’il leur reste en France) le savent : le groupe liverpuldien est la plus belle chose qui soit arrivée à la chanson populaire britannique ces vingt dernières années.

On pourrait disserter des heures sur la grande injustice du monde, sur le fait que ce groupe surdoué ait sabordé sa carrière et n’a jamais eu la véritable reconnaissance qu’il mérite (même s’il a connu un bref moment le succès sur le malentendu initial de “Dreaming Of You”). En ces heures de confinement, le claviériste Nick Power vient de nous rappeler qu’en 2017 il avait enregistré un album solo dans une caravane. Grand bien lui en a pris, nous étions en manque de chansons apaisantes pour l’âme.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient de rappeler que Nick Power est une des deux têtes créatives de The Coral en compagnie du chanteur James Skelley, avec qui il co-écrit la plupart des morceaux du groupe. Il est par ailleurs auteur de nombreux recueils de poèmes et d’un livre en forme de journal de bord qui raconte l’envers de l’histoire du groupe, nommé Into The Void (une lecture vraiment recommandée, même si The Coral vous laisse indifférent, et sur laquelle on reviendra prochainement).

It’s  3am /  And time’s a ghost / that’s when I hurt the most
Nick Power, poète du confinement, sur “Time’s A Ghost”

Bande-son d’un recueil de poèmes du même nom, Caravan est sans surprise une collection de chansons aux mélodies limpides, dans la pure tradition coralienne. L’approche minimaliste du disque propose une contrainte intéressante pour Power qui démontre ici qu’il n’est pas qu’un simple pianiste. A l’aise dans le costume du folksinger aux arpèges lestes et à l’harmonica plaintif (“Caravan”, “Joe”), le chanteur pose sa voix douce et chante les vacances en caravane de sa jeunesse, le temps suspendu des journée d’été au milieu du néant et dans le confinement d’une maison sur roues.  

Il n’y a quasiment pas de pistes rythmiques sur ce disque, en dehors d’une boîte à rythme minimaliste façon démo de Bontempi sur l’éthérée “I Talk To The Trees” ou de quelques samples bricolés sur “What I’d Give”. Certaines chansons, comme la sublime “Hurricane” au piano baignant dans un doux halo de lumière, sont même des petits chef d’oeuvre de pop minimaliste qu’on aimerait voir un jour interprétées sur scène. A vrai dire, chaque écoute supplémentaire de l’album interroge un peu plus sur le fait qu’elles ne figurent pas au répertoire de The Coral.

Peut-être le seront elles un jour, mais quoi qu’il en soit, passer à côté de ces chansons de poche serait un crime, fan de The Coral ou non.

 

Tracklisting

  1.  Caravan *
  2. Hurricane
  3. Jenny Said
  4. What I’d Give
  5. Sing Along *
  6. Joe *
  7. Sleeping In My Car
  8. I Talk To The Trees
  9. Time’s A Ghost *
  10. These Are The Things
  11. Last Will & Testament

 

Vidéo

“Caravan”

 

 

 

Rédacteur en chef, webmonstre, chapeau rond, suiveur de modes, mauvaise foi.

2 Comments

  • Frank 4 mai 2020

    Je l’écoute en écrivant ces quelques lignes. Sympathique disque en effet, parfait pour un lundi maussade (ça doit marcher aussi pour les dimanche pluvieux).

  • Laetitia 5 mai 2020

    C’est bath ! Exactement ce que j’ai envie d’écouter en ce moment (et même tout le temps !) MERCI.

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