THE CORAL – Move Through The Dawn

Une nouvelle aube

Entre 2008 et 2010, The Coral a perdu ses deux guitaristes l’un après l’autre. Le départ de Bill Ryder-Jones et Lee Southall, partis dans des carrières solo (avec des fortunes diverses) semblait marquer la fin du groupe, d’autant que les frères Skelly se lançaient eux aussi dans des aventures personnelles (un disque solo pour James, le projet Serpent Power pour Ian). 

Contre toute attente, le groupe avait ressurgi en 2016 avec l’ex-Zutons Paul Molloy à la guitare. De leurs premières répétitions ensembles était né l’album Distance Inbetween, enregistré sur le vif. Electrique, trippant même, empli d’éclairs psychédéliques mais pauvres en chansons mémorables, cet album avait toutfois permis à The Coral de revenir au premier plan. 

Deux ans après ce comeback, le groupe mené par James Skelly et Nick Power revient avec un album que le groupe a pris le temps de concocter aux petits oignons. Au programme : des mélodies à foison, interprétées avec finesse et élégance. Soit, l’inverse exact de ce qu’annonce cette pochette où les membres du groupe posent en chemisettes bariolées avec un lion devant des scriptures pseudo-asiatiques fluorescentes. 

De l’aveu même du groupe, l’idée était d’imiter les pochettes improbables des best of japonais des Beach Boys des années 80 et 90. Ces disques aux pochettes hideuses qui présentaient des musiciens bedonnants aux dégaines ringardes en couverture, mais dont la musique s’avérait d’une douceur et d’une beauté intemporelles une fois le CD inséré dans la platine. C’est ainsi qu’a été conçu Move Through The Dawn, disque à la beauté inversement proportionnelle à celle de la pochette.

On y entend The Coral plus en forme que jamais, livrer son meilleur album depuis Roots & Echoes. Produit par le groupe lui-même, le disque se démarque de ses prédécesseurs par des sons de clavier qui vont plus piocher du côté des années 70/80 que des 60s. Cela donne à des titres comme “Eyes Like Pearls”, “Reaching Out For A Friend” ou “Strangers In The Hollow” une patine un peu plastique qui pourrait effrayer les classicistes sixties peu enclins au soft-rock. 

Heureusement, ces chansons sont portées par des mélodies absolument imparables, et les amateurs de pop intemporelle sont servis sur ce disque avec des chefs d’oeuvre d’écriture et de composition tes que “She’s A Runaway”, “Eyes Of The Moon”, “After The Fair” ou “Stormbreaker”. Move From The Dawn voit une fois de plus le groupe explorer les contrées psychédéliques avec des titres enlevés comme “Outside My Window”, “Sweet Release”, “Love Or The Solution”. A chaque fois, le groupe fait mouche et l’album s’achève sans qu’on ait eu la sensation d’écouter un morceau de remplissage (chose rare ces jours-ci). 

Autrement dit, Move From The Dawn est une réussite éclatante, un des plus beaux retours en forme de la décennie, et le fait que The Coral en soient à l’origine nous réchauffe le coeur. 

 

Tracklisting

  1. Eyes Like Pearls *
  2. Reaching Out For A Friend
  3. Sweet Release
  4. She’s A Runaway *
  5. Strangers In The Hollow
  6. Love Or Solution *
  7. Eyes Of The Moon *
  8. Undercover Of The Night
  9. Outside My Window *
  10. Stormbreaker *
  11. After The Fair

 

Vidéos

“Eyes Like Pearls”

“After The Fair”

“Sweet Release”

 

 

Vinyle

Un disque qui ne passe pas inaperçu, avec ses couleurs fluo criardes.