BABYSHAMBLES – Shotter’s Nation Retour en grâce

(Parlophone 2007)

Shotter’s Nation est-il le chef d’œuvre annoncé depuis plusieurs semaines par l’ensemble de la presse ? Comme d’habitude, abordons les choses avec méfiance et jugeons avec mauvaise foi.

Quand on met un nouvel album de Pete Doherty sur la platine, la question qui se pose est invariablement la même : « le son du disque sera-t-il à la hauteur des chansons ?« . C’est devenu une habitude depuis 2004 ; l’internaute libertinomane connaît déjà les morceaux via les démos que Doherty diffuse et attend de voir comment elles seront sabotées en studio. Down In Albion contenait son lot de bonnes chansons mais était coulé par une production qui révélait l’hideuse vérité dissimulée derrière le nom BabyShambles : une bande de camés ingérables. Extrêmement frustrant pour l’auditeur, ce disque abondait dans le sens des tabloïds qui ne voyaient en Doherty qu’un junkie sans talent.

Bonne nouvelle, il semble que depuis ce triste épisode, le groupe ait décidé de chasser ses mauvais génies : Patrick Walden, le guitariste héroïnomane au jeu chancelant digne de Ron Wood a été écarté pour sa vie dissolue et sa (soi-disant) mauvaise influence sur Doherty. Mick Jones, le producteur permissif qui ne contrôlait pas grand-chose a laissé sa place au lisse Stephen Street, responsable du son des héros de la jeunesse de Pete Doherty : The Smiths et Blur. Pour en terminer avec les choses positives, signalons quand même qu’on ne trouve aucune trace du General sur cet album. Un peu de sérieux.

Côté son, ces bouleversements ont été bénéfiques. Pour la première fois depuis trop longtemps Pete Doherty ne saccage pas ses chansons sur son album. Ceux qui aimaient « Albion », « Black Boy Lane », « Road To Ruin », « Campaign Of Hate » ou « What Katie Did » sur les Babyshambles Sessions et qui n’ont pas pardonné le massacre de Mick Jones sur The Libertines et Down In Albion seront comblés. Quel bonheur d’entendre « Side Of The Road » ainsi, toutes guitares dehors, avec la même énergie et insouciance qu’il y a quatre ans. Quel plaisir par ailleurs d’entendre enfin des chansons qu’on désespérait de voir apparaître sur disque depuis 2003 (pour « Side Of The Road ») ou 2004 (« Unbilotitled » par exemple, qu’on chérit depuis les Chicken Shack Sessions). On retrouve le Doherty qu’on aime, celui pour qui on a craqué et perdu toute mesure – et sens critique souvent – quand on a entendu Up The Bracket pour la première fois.

Bon, évidemment, à toute règle, il y a exception, et Pete Doherty est passé maître dans l’art du sabordage. En quoi était-il nécessaire de transformer la poignante ballade acoustique « There She Goes (A Little Heartache) » en redite de « Lovecats » de Cure ? On aime cette ligne de basse chaloupée, mais la coller sur une des plus belles chansons de Doherty relève de la bêtise, même si cet emballage jazz (contrebasse et balais à la batterie) est plutôt plaisant. Toujours dans les moins, on constate aussi sur Shotter’s Nation les limites de BabyShambles en tant que groupe. Côté rythmique, le quatuor ne semble connaître que quelques structures, qu’ils utilisent à toutes les sauces. On retrouve dans « Carry On Up The Morning » des motifs de « Fuck Forever », la rythmique de « Baddie’s Boogie » est copiée/collée sur celle de « Killimangiro ». C’est dans ces moments là qu’on regrette la paire Powell/Hassall des Libertines. Dans cette histoire, l’écriture de Doherty semble aussi suspecte : « French Dog Blues » rappelle parfois « Can’t Stand Me Now », la magnifique « Lost Art Of Murder » évoque « 32nd Of December », « Carry On Up The Morning » sonne comme « The Blinding », « Side Of The Road » a comme un lien de parenté avec « Peaches » des Stranglers… Si beaucoup de morceaux ici sonnent comme déjà entendu, le responsable semble porter un chapeau et une cravate.

Ne boudons pas notre plaisir néanmoins, cet album est excellent. Le groupe est plutôt pêchu, moins erratique que sur scène ou que sur Down In Albion. Nettement moins imprévisible donc, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Les râleurs diront que c’est moins punk dans l’attitude, mais le produit fini ressemble à quelque chose. Avec Shotter’s Nation, Doherty reprend la main sur cette power-pop anglaise dont The View ou The Pigeon Detectives l’avaient dépossédé avec succès (leurs albums respectifs ont été n°1 et n°3 au Royaume-Uni) et fait la leçon aux jeunots avec ses morceaux infiniment plus subtils. Les moments héroïques sont nombreux – l’intro de « Deft Left Hand », le riff entêtant de « Delivery », la poussée d’adrénaline de « Side Of The Road », le pont de « Carry On Up The Morning », le refrain de « Crumb Beggin Baghead ». On trouve quelques artifices que Mick Jones n’a pas en magasin, et qui mettent en valeur la beauté brute des chansons. « Unbilotitled », chanson de loose magnifique, est ainsi portée par une descente de guitare en gouttes de pluie qui lui confère un petit côté britpop – entre The Verve et Oasis. Un grand morceau, qui pourrait bien faire de BabyShambles un mastodonte en Grande-Bretagne s’il sort en single.

Outre sa maîtrise des techniques de studio, Stephen Street est à créditer d’un apport majeur au son de BabyShambles : l’idée de coller un clavier sur la moitié des morceaux tient du génie. Que ce soit sur « Delivery », « Crumb Begging » ou « Unbilotitled », l’apport de cet instrument est immense – la véritable ligne directrice de l’album en fait. Il confère au groupe un côté sixties-garage qui donne énormément de charme au disque, avec comme point d’orgue (arf) un solo jubilatoire sur « Crumb Begging ». Babyshambles tourneraient-ils Nuggets ? Doherty a déjà prouvé sa connaissance du sujet en pillant « War Or The Hands Of Time » des Master’s Apprentice sur The Libertines (« Last Post On the Bugle »). Ici, « Delivery », « Crumb Begging », « Baddie’s Boogie », voire même « Side Of The Road », doivent beaucoup aux Kinks du début, aux Shadows Of Night et autres Standells. « And all, you skins and mods, now get together, make pretend it’s 1969 forever » entend-on sur « Delivery ». On n’est pas prêts de voir Pete Doherty s’égosiller devant des beats puissants en polo fluo.

Contrairement à ce qu’on entend à droite et à gauche, le changement de producteur n’explique pas à lui seul la métamorphose de BabyShambles. La véritable différence avec Down In Albion se situe au niveau du line-up : on entend deux guitares sur quasiment tous les morceaux, comme chez les Libertines. On retrouve la structure classique d’un groupe à quatre, avec guitare rythmique et solo. Indiscutablement BabyShambles sont un meilleur groupe avec leur nouveau gratteux quadragénaire Mick Whitnall. Son jeu sobre tout en arpèges cristallins contribue grandement à la réussite de l’album. Les chansons y gagnent en énergie, en lisibilité aussi, tant Walden était parfois difficile à suivre, et surtout on entend à nouveau Pete Doherty jouer de la guitare sur disque. On sait qu’il n’est pas le guitar hero des années 2000 mais retrouver son style erratique inimitable nous colle un sourire béat entre les deux oreilles. On l’aime aussi pour ça.

Côté paroles, Doherty reste fidèle à lui-même : il célèbre son propre mythe en multipliant les références à son style de vie et à une certaine blonde. Son écriture est toujours aussi habile, oscillant entre poésie désabusée et humour pince-sans-rire. L’album s’ouvre sur la phrase « In the morning where does the pain go ? / Same place the fame goes / To your head« . Une fois de plus Doherty met son âme à nu et dévoile ses addictions sans fausse pudeur. Du début à la fin de Shotter’s Nation (« nation de shootés »), Pete Doherty revient au sujet qui le hante : la came, encore la came, toujours la came… On a parfois l’impression qu’il cherche à se dédouaner naïvement (« Well I never ever said it was clever, I just like getting leathered« ), la plupart du temps il assume son incapacité la stigmatise même (« I messed my head, I messed my head, how happy will I be ?« ), et multiplie les fausses promesses. Si quelques phrases clés restent (comme lorsqu’ après une succession de rimes en …ack, il finit le couplet par « stop smoking … that » dans la magnifique « The Lost Art Of Murder), on préfère nettement quand Doherty sort de cette monomanie pour aborder d’autres thèmes. On adore avec quelle classe il adresse tranquillement deux doigts levés à l’humanité entière dans les couplets d' »UnBilotitled » (« Anyone who think that you owe me, You’re ripping me off« ), comment il ouvre son cœur dans « Delivery » (« Here comes a delivery / Straight through the heart of my misery / To you« ), et surtout avec quel talent il fait claquer les mots (« A lousy life with a washed up wife / And permanently plastered pissed-up bastard« ). La langue de Doherty est magnifique – on aurait tant d’exemples à citer.

C’est pour cette alliance exceptionnelle des textes et de la musique que Pete Doherty est un artiste majeur aujourd’hui. Beaucoup plus que cette idole chancelante, vantée pour sa capacité à survivre à des quantités herculéennes de stupéfiants par des jeunes gens impressionnables, Doherty est un des rares auteurs à encore écrire des chansons qui vont au-delà de l’anecdote et du tout-festif de la scène britannique. Bien sûr il s’égare parfois, mais pour la première fois depuis 2002, il vient de sortir un album cohérent, bien écrit et bien interprété. Quand ces conditions sont réunies, on n’est jamais loin du chef d’œuvre. Shotter’s Nation peut-il prétendre à ce statut ? On manque de recul pour s’en rendre vraiment compte aujourd’hui, on aura en tous cas des arguments à avancer quand il sera l’heure de faire le bilan de cette année 2007 exceptionnelle en matière de come-backs (The GO, Kula Shaker, Kevin Ayers, Robert Wyatt, The Warlocks… et BabyShambles)

 

 

Tracklisting :

1 Carry On Up The Morning *
2 Delivery *
3 You Talk
4 UnBiloTitled *
5 Side Of The Road *
6 Crumb Begging Baghead *
7 Unstookie Titled
8 French Dog Blues
9 There She Goes
10 Baddie’s Boogie
11 Deft Left Hand *
12 Lost Art Of Murder *

 

Vidéos :

« Delivery »

« Down In Albion »

 

Vinyle :

BabyShambles - Shotter's Nation

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

31 Comments

  1. Autant je partage ton analyse sur la présence d’un son enfin de qualité, autant je trouve l’album moyen.
    Il manque l’étincelle qui rendait certaines chansons de Doherty speciales.

  2. Waouh !!!! Eric, quel article !

    Je partage la plupart de tes remarques, même si j’ai reçu « Shotter’s Nation » de manière beaucoup plus viscérale (Doherty et moi, c’est quelque chose de particulier que je raconterai quand je chroniquerai « Up the bracket ! » dans…euh…longtemps vu mon planning :)). L’esprit critique restant malgré tout la règle, je suis assez d’accord sur le côté redite, d’ailleurs je trouvais déjà qu’il y avait quelques redites sur « Down in Albion »…redites d’ailleurs plutôt volontaires, en tout cas elles collent bien avec l’aspect « entretenir la légende » que tu soulignes à juste titre plus bas. La principale différence entre les deux albums est bien sûr le son, mais au-delà de ça il y a aussi je crois quelque chose de moins descriptible…un état d’esprit, une envie retrouvée. « DIA », par bien des côtés, était un disque parresseux, dépourvu de surprise, comme un sélectionneur de foot qui aurait fait jouer la réserve face à une équipe de moindre envergure. Paradoxalement, le vrai responsable de ça c’est peut-être…Carl Barat, qui même s’il a signé un disque imparfait, a surpris beaucoup plus avec DPT que son ex collègue. Et qui lui a proposé un disque produit, et pas une collection de démos déguisées en album. J’ai du mal à me dire que ça n’a pas provoqué chez Doherty une relative remise en question…

  3. En ce qui me concerne j’ai bloqué dessus juste avant, quand un mec de la radio pour laquelle je bossais à l’époque m’a filé « What a waste »…mais bon, cela dit je suis pas sûr que ça change grand chose et tu as absolument raison là-dessus. J’ai réussi à voir les Libertines en concert, Doherty sans les Libertines, mais jamais les deux ensemble et ça m’attriste un peu.

    T’as raison aussi d’ailleurs quand tu dis que je suis trop gentil ! Je ne connais pas toutes les démos. Juste les Babyshambles Sessions et une compile des autres que j’avais récupéré sur le net l’été avant la sortie de DIA. Le moins qu’on puisse dire est que je n’avais pas été dépaysé puisque c’était peu ou prou les mêmes titres avec un son à peine plus clean. Ca m’a un peu surpris, puis déçu, mais finalement j’aime bien DIA comme ça. Je trouve que ça colle bien avec la pochette, avec l’esprit même du disque…même si ça gâche certains morceaux comme « Up the morning » ou « Merry go round ». Ah et puis j’étais aussi un peu déçu de ne pas retrouver « My darling Clementine », chanson que j’adorerais entendre « produite »…par Stephen Street façon Smiths, par exemple !!!

  4. Euuuuuuuuuuuuurk…en effet.

    Justement je viens de me remettre « DIA » pour la première fois depuis un bail, et je me rends compte qu’effectivement je m’y suis fait à la longue. Je crois que je passé par plusieurs états, l’enthousiasme au début, la lassitude, l’agacement…si je devais le chroniquer aujourd’hui (d’ailleurs c’est dit, je vais le faire un de ces quatre) je ne sais vraiment pas ce qu’en j’en dirais…

  5. Super article sur un groupe que je viens de découvrir et que j’aime énormémént !!!!  Honnêtement ca fait plaisir de lire un truc construit et interressant  surtout pour moi qui n’y connaît pas grand chose en musique. Merci 

  6. et bien moi peter dohery et non pas pete dehorty -_- est mo chanteur préféré est il aura toujours cette voix irremplaçable et ce coté triste ds son visage que je trouve sublime il est irremplaçable voilà tout et ses textes sont vraiment beaux
    voilà g exprimé mon avis merci de publier ce commentaire ^^
    salut salut

  7. Je n’arrive toujours pas a comprends l’engoument pour Doherty et ces différents incarnations.  Ce n’est pourtant pas sans avoir essayé. Même en interview je le trouve insipide. C’est sans mauvaise foi pourtant, j’aimerais qu’on arrive à me convaincre… J’en arrive a conclure que c’est un phénomène « Tokio Hotel » pour Rockers (ça c’est avec mauvaise foi, lol. :P).  Quelles titres indispensables?  Pourquoi si génial?

  8. « C’est pour cette alliance exceptionnelle des textes et de la musique que Pete Doherty est un artiste majeur aujourd’hui. »
    Moueh…  Artiste majeur, euh… je ne pense pas.  Artiste hype et à la mode, oui.  Pour les textes cité… pas poetique du tout, et d’un simplicité effrayant….

  9. Merci pour le lien, j’irais écouter attentivement.  J’ai connu Up the Bracket (single) à sa sortie que j’ai trouver sympa mais sans plus, ça me permettrais d’aller plus loin… Par contre j’en serais ravie de lire votre critique, mais vu le nombres de pages dans la categorie Brit-Pop… il faudrais un index!

  10. Ben sans vouloir lancer un débat sans fin (comme avec les Who…), je n’ai jamais été un grand fan des Libertines. Attention je suis convaincu que Doherty et à un degré moindre Barât ont du talent, du génie même mais disons que quand j’écoute leurs albums j’ai plus l’impression d’écouter des démos que de véritables morceaux.
    Comme si l’auditeur devait lui même finir le travail…
    C’est assez curieux comme impression mais je n’arrive pas à m’en défaire… Peut être est-ce justement ça le charme des Libertines?

    Les deux Dirty Pretty Things sont très mauvais, comme le 1er Babyshambles (malgré quelques bons et rares moments). Mais par contre j’ai craqué pour ce Shotter’s Nation, où pour la première fois j’ai l’impression d’écouter des morceaux construits! Toujours aussi déglingué mais moins je-m’en-foutiste…

  11. Shotter’s nation me semble  aujourd’hui le disque de l’honneur sauf. Arrivé sagement dans les bacs après la parution de Delivery en single parfait , la suite du mal aimé Down in Albion lave plus blanc. En le réécoutant  aujourd’hui je reste d’abbord frappé par un certain manque d’oxygène dans la réalisation et ce malgré un nombre de gimmicks impressionnants pour tenter d’ arriver à l’effet contraire. Disparues les errances d’un Mick Jones qui laisse flotter fausses notes et bruitage parasite, bienvenue à Stephen Street , la compression d’instruments à tout les étages et la post production excessive.
    Point positif 1 : la voix de Doherty retrouve sa nonchalante plenitude. Étant de mauvaise foi je soupconne le rigide producteur d’avoir monté les chansons à l’aide d’innombrables prises vocales.
    Point positif 2 : le disque ne s’étenise pas et ne prétend à rien d’autre que d’être le deuxième disque d’un groupe anglais parmis tant d’autres.
    Point positif 3 : La critique est soulagée, ça sonne confortable et ,disons le… un peu innofensif.
    Vous avez raison de dire que le disque se bonnifie avec les écoutes…,cependant cette affirmation s’applique uniquement aux fans fini de l’ex-libertine qui en ont vu d’autres. Je doute en effet qu’ici les Babyshambles se soient fait de nouveaux fans par légions .
    Car l’écoute de ce disque me pose toujours  quelques problèmes. Comment un artiste ayant positivement contribué à tourner la page brit-pop peut il laisser passser un morceau de la faiblesse de Unbilotitled ou encore French Dog Blues ? Certes la production de ces morceaux est OK, mais textes et mélodies sont ici quelconques et prévisibles. Carry on up the Morning peine à faire décoller le disque tant le groupe joue raide avec ce nouveau guitariste rétro-sage qui me fait regretter le jeu acide d’un Pat Walden, autrement plus compatible avec l’univers glauque du leader.
    J’ai ici, comme vous, l’impression que Doherty rejoue certaines cartes passées avec moins de naturel, ainsi la pièce you talk (somme toute sympathique) rappelle t’elle la gouaille d’un Don’t be shy sans la spontanéïté de cette dernière et l’excellente Baddie’s Boogie recycle la partie de basse de Back from the Dead sans que ce ne soit nécéssaire .
    Pete Doherty s’est révellé au fil des années pour être le roi de la chanson à main levée et dans ce disque tout semble forcé, un bridge Kinksien est inseré ici pour secouer l’ennui (unbilotitled), une intro de guitare tendance punk cherche en vain à gratter le côté pop de l’affaire ( Carry on up the Morning). Cela s’entend un peu trop, et la lecture des crédits laisse supposer un passage difficile au niveau de l’écriture.
    Bref ce disque reste pour moi celui ou Doherty s’achête une conduite. La critique a ce qu’elle voulait, les salles se remplissent de fans venus pour les vieux morceaux et le vieux con tel que moi ne peut complêtement rejeter un disque plus tiède que froid.
    Au final le E.P the blinding me semble plus percutant dans ses élans pop que ce LP trop propre sur lui….ceci dit je reste client.

  12. C’est marrant j’ai jamais vraiment pu encaisser les libertines (et babyshambles donc), mais cet album est le seul auquel je me suis attaché.
    J’y trouve un classicisme, un hommage à la pop rock anglaise qui me convient tout à fait, tout du moins bien plus que leur propos « punk » des précédents albums qui ne m’a jamais convaincu.
    Là pour le coup je suis certainement plus vieux con que le vieux con !

    ça fera de la matière aux jeunes plumes dans 10 ans : de la même manière que Nirvana (et surtout Nevermind) se fait de plus en plus remettre à sa place, à très juste titre à mon sens, les Libertines vont prendre très cher dans quelques années.

  13. Nevermind de Nirvana dans sa production est plus proche du Shotter’s nation ici chroniqué que des premiers libs. Très corrigé en post production avec ajout de reverb et autres fautes de gout du futur Garbage (quel nom prédestiné quand même) Butch Vig.Je crois de plus que les Libertines au contraire de Nirvana maitrisaient d’autres atmosphères que le mal de vivre ou la déprime médicale.
    Ayant la chance de vivre dans une ville qui ignore totalement la saga Libertines et consors, je n’ai pas dévellopé vos allergies quant à leur musique ou leur surmédiatisation. Comptez vous chanceux car ici c’est de Céline Dion dont on ne peut plus entendre parler.

    Ceci dit je suis prêt à défendre le deuxième Libertines à toute heure du jour ou de la nuit…il s’agit du disque que j’ai le plus écouté en cette décénie. Désolé on ne se refait pas.  

  14. Je m’abstient de commenter par peur de pondre une chronique mais disons que ce disque ( The Libertines ) fut, et reste, pour moi  une leçon de chef d’oeuvre ravagé et accidentel. Je précise d’ailleurs qu’a l’époque je l’ai d’abord brievement détesté avant de ne plus pouvoir m’en passer.
    Je le perçois comme l’explosion d’un grand groupe en plein envol.

  15. Enfin, Enfin je suis en désaccord avec Eric ! J’ai jamais accroché aux Libertines, au même moment j’écoutais en boucle le Richmond Sluts… et même si ça fourmille d’idées, si Doherty a du talent… non vraiment ça passe pas…
    ça doit être pour ça que je suis aussi indulgent avec ce Shotter’s Nation : Doherty semble s’être enfin consacré à la musique… Mais comme les précédents albums, force est de constater qu’ils sont dans ma discothèque mais que je les écoute très peu…

  16. Si tu aime Shotter’s nation, il serait fou de te passer de Legs 11 des Libertines. Il s’agit d’un e.p non officiel disponible gratuitement sur le site d’Andrew Kendall. Enregistré au début de l’aventure, avant les contrats, ce petit bijou très Kinksien par moment laisse entendre les Libs pre-junkie dans une optique qui annonce parfois le meilleur de Shotter’s Nation. 
    Bien qu’il divise énormément, je persiste à croire que ce groupe a fait basculer la Brit-pop vers un style plus profond et instinctif.
    Ce n’est bien sûr qu’un avis de mauvaise foi 

  17. Eh oui deux réponses à la même heure…..ouf…pas le même jour quand même.
    Je pense que toute musique aimée d’une génération est condamnée au révisionnisme de mauvaise foi, que je pratique d’ailleurs et que j’encaisse plutôt bien.
    Cependant j’assume une affection pour ce deuxième Libertines dont les textes à saveur d’abandon ont une portée plus universelle qu’a l’habitude. Moins de références anglaises et d’argot londoniens que sur le précédent . 

    Cette impression de dérive se retrouve dans les guitares aigrelettes et le chant marmonné d’un Doherty déja ailleurs. On sent bien que Barat et les autres ont tenté de sauvé le navire. Carlos chante mieux que jamais et triture des riffs de son meilleur cru, la rythmique travaille dans les coins…mais c’est trop tard.

    Les démos était meilleurs ? Je ne sais pas, ayant fait le voyage inverse, d’abord cet album puis ensuite les sessions web. J’aime l’énergie du désespoir qui émerge du résultat officiel . Je trouve que le son des démos est souvent sourd et je n’ai pas eu vos révélations quant aux versions supérieures de certaines pièces. Sur la production du sous estimé Mick Jones l’idée de faire des liaisons entre les morceaux donne une dynamique très forte par moments (Narcissist/haha wall) et sauve des chansons baclées ( campaign of hate). Je cherche encore la version de music When the light go out qui surpasse l’officielle tant celle-ci profite du triste contexte, j’ai toujours le frisson quand elle commence. Puis cette intro genre boite à surprise de Can’t stand me Now, l’autoréférence de the man who would be king, le dialogue de what became of the Likely lads. 
    Tant de bons moments qui seront piétinés par les  critiques  du futur….
    …ma chance étant que dans dix ans en Amérique ce sera peut être plutôt la découverte d’un trésor passé inaperçu en son temps.
    En voulez vous de la mauvaise foi ?

     

  18. Super article sur un groupe que je viens de découvrir et que j’aime énormémént !!!!  Honnêtement ca fait plaisir de lire un truc construit et interressant  surtout pour moi qui n’y connaît pas grand chose en musique. Merci 

  19. « C’est pour cette alliance exceptionnelle des textes et de la musique que Pete Doherty est un artiste majeur aujourd’hui. »
    Moueh…  Artiste majeur, euh… je ne pense pas.  Artiste hype et à la mode, oui.  Pour les textes cité… pas poetique du tout, et d’un simplicité effrayant….

  20. Merci pour le lien, j’irais écouter attentivement.  J’ai connu Up the Bracket (single) à sa sortie que j’ai trouver sympa mais sans plus, ça me permettrais d’aller plus loin… Par contre j’en serais ravie de lire votre critique, mais vu le nombres de pages dans la categorie Brit-Pop… il faudrais un index!

  21. Shotter’s nation me semble  aujourd’hui le disque de l’honneur sauf. Arrivé sagement dans les bacs après la parution de Delivery en single parfait , la suite du mal aimé Down in Albion lave plus blanc. En le réécoutant  aujourd’hui je reste d’abbord frappé par un certain manque d’oxygène dans la réalisation et ce malgré un nombre de gimmicks impressionnants pour tenter d’ arriver à l’effet contraire. Disparues les errances d’un Mick Jones qui laisse flotter fausses notes et bruitage parasite, bienvenue à Stephen Street , la compression d’instruments à tout les étages et la post production excessive.
    Point positif 1 : la voix de Doherty retrouve sa nonchalante plenitude. Étant de mauvaise foi je soupconne le rigide producteur d’avoir monté les chansons à l’aide d’innombrables prises vocales.
    Point positif 2 : le disque ne s’étenise pas et ne prétend à rien d’autre que d’être le deuxième disque d’un groupe anglais parmis tant d’autres.
    Point positif 3 : La critique est soulagée, ça sonne confortable et ,disons le… un peu innofensif.
    Vous avez raison de dire que le disque se bonnifie avec les écoutes…,cependant cette affirmation s’applique uniquement aux fans fini de l’ex-libertine qui en ont vu d’autres. Je doute en effet qu’ici les Babyshambles se soient fait de nouveaux fans par légions .
    Car l’écoute de ce disque me pose toujours  quelques problèmes. Comment un artiste ayant positivement contribué à tourner la page brit-pop peut il laisser passser un morceau de la faiblesse de Unbilotitled ou encore French Dog Blues ? Certes la production de ces morceaux est OK, mais textes et mélodies sont ici quelconques et prévisibles. Carry on up the Morning peine à faire décoller le disque tant le groupe joue raide avec ce nouveau guitariste rétro-sage qui me fait regretter le jeu acide d’un Pat Walden, autrement plus compatible avec l’univers glauque du leader.
    J’ai ici, comme vous, l’impression que Doherty rejoue certaines cartes passées avec moins de naturel, ainsi la pièce you talk (somme toute sympathique) rappelle t’elle la gouaille d’un Don’t be shy sans la spontanéïté de cette dernière et l’excellente Baddie’s Boogie recycle la partie de basse de Back from the Dead sans que ce ne soit nécéssaire .
    Pete Doherty s’est révellé au fil des années pour être le roi de la chanson à main levée et dans ce disque tout semble forcé, un bridge Kinksien est inseré ici pour secouer l’ennui (unbilotitled), une intro de guitare tendance punk cherche en vain à gratter le côté pop de l’affaire ( Carry on up the Morning). Cela s’entend un peu trop, et la lecture des crédits laisse supposer un passage difficile au niveau de l’écriture.
    Bref ce disque reste pour moi celui ou Doherty s’achête une conduite. La critique a ce qu’elle voulait, les salles se remplissent de fans venus pour les vieux morceaux et le vieux con tel que moi ne peut complêtement rejeter un disque plus tiède que froid.
    Au final le E.P the blinding me semble plus percutant dans ses élans pop que ce LP trop propre sur lui….ceci dit je reste client.

  22. C’est marrant j’ai jamais vraiment pu encaisser les libertines (et babyshambles donc), mais cet album est le seul auquel je me suis attaché.
    J’y trouve un classicisme, un hommage à la pop rock anglaise qui me convient tout à fait, tout du moins bien plus que leur propos « punk » des précédents albums qui ne m’a jamais convaincu.
    Là pour le coup je suis certainement plus vieux con que le vieux con !

    ça fera de la matière aux jeunes plumes dans 10 ans : de la même manière que Nirvana (et surtout Nevermind) se fait de plus en plus remettre à sa place, à très juste titre à mon sens, les Libertines vont prendre très cher dans quelques années.

  23. Nevermind de Nirvana dans sa production est plus proche du Shotter’s nation ici chroniqué que des premiers libs. Très corrigé en post production avec ajout de reverb et autres fautes de gout du futur Garbage (quel nom prédestiné quand même) Butch Vig.Je crois de plus que les Libertines au contraire de Nirvana maitrisaient d’autres atmosphères que le mal de vivre ou la déprime médicale.
    Ayant la chance de vivre dans une ville qui ignore totalement la saga Libertines et consors, je n’ai pas dévellopé vos allergies quant à leur musique ou leur surmédiatisation. Comptez vous chanceux car ici c’est de Céline Dion dont on ne peut plus entendre parler.

    Ceci dit je suis prêt à défendre le deuxième Libertines à toute heure du jour ou de la nuit…il s’agit du disque que j’ai le plus écouté en cette décénie. Désolé on ne se refait pas.  

  24. Je m’abstient de commenter par peur de pondre une chronique mais disons que ce disque ( The Libertines ) fut, et reste, pour moi  une leçon de chef d’oeuvre ravagé et accidentel. Je précise d’ailleurs qu’a l’époque je l’ai d’abord brievement détesté avant de ne plus pouvoir m’en passer.
    Je le perçois comme l’explosion d’un grand groupe en plein envol.

  25. Si tu aime Shotter’s nation, il serait fou de te passer de Legs 11 des Libertines. Il s’agit d’un e.p non officiel disponible gratuitement sur le site d’Andrew Kendall. Enregistré au début de l’aventure, avant les contrats, ce petit bijou très Kinksien par moment laisse entendre les Libs pre-junkie dans une optique qui annonce parfois le meilleur de Shotter’s Nation. 
    Bien qu’il divise énormément, je persiste à croire que ce groupe a fait basculer la Brit-pop vers un style plus profond et instinctif.
    Ce n’est bien sûr qu’un avis de mauvaise foi 

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