FOXYGEN – We Are The 21st Century Ambassadors Of Peace & Magic Faussaires de génie

(Jagjaguwar 2012)

Entre le moment où on a parlé de leur premier mini-album dont personne n’avait rien à faire et le moment où on s’est décidé à évoquer We Are The 21st Century Ambassadors Of Peace & Magic, Foxygen sont devenus énormes. Pire encore, le groupe a même eu le temps de connaître un spectaculaire pétage de plomb sur scène au SXSW et rien n’est moins sûr aujourd’hui que son avenir (surtout après la publication de l’album solo de Jonathan Rado). Autant dire que cette chronique que l’on écrit hors-délais sera peut-être posthume mais elle se doit d’exister car Foxygen a produit en fin d’année 2012 un album qui nous a accompagné durant tout le début d’année et dont on ne se lasse pas.

Peu de monde l’a compris, mais We Are The 21st Century Ambasaddors Of Peace & Magic est un album-concept. Sorti fin décembre juste avant la fin du monde annoncée, l’album commence par une introduction faite par le groupe de l’apocalypse à venir : « We’d like to introduce you to The Darkness », s’ensuit une salve d’applaudissement qui n’est pas sans évoquer le moment où les Beatles présentant l’orchestre du Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band. L’ambiance globale du morceau, avec ses flonflons et ses chœurs psychédéliques rappelle plutôt « Sing This Song All Together » des Rolling Stones, titre d’ouverture de leur décrié – mais splendide – Their Satanic Majesties Request. On avait déjà souligné par le passé l’étonnante proximité vocale du chanteur Sam France avec Mick Jagger dont il s’approprie de nombreux maniérismes. On retrouve ici sans surprises d’autres passages qui évoquant grandement les Rolling Stones, comme le refrain de « On Blue Mountain » calqué sur celui de « Under My Thumb » ou les falsettos de « Oh Yeah ».

Là où Foxygen convainquent, c’est quand ils envoient des ballades douces chantées avec un mélange d’innocence et de vilénie. Sur « No Destruction » par exemple, l’attitude de Sam France se teinte autant de la mélancolie douce de Ray Davies que d’une méchanceté toute dylanienne (« There’s no need to be an asshole, you’re not in Brooklyn anymore »). La face kinksienne du groupe ressort encore plus sur « San Francisco », sans doute le plus beau titre de l’album, exemple rare de mélodie parfaite interprétée avec finesse. Un des morceaux de l’année, indéniablement.

Faussaires de génie, Foxygen multiplient les emprunts malins sur le reste de l’album. Une ligne de basse gainsbourienne par ici (« Oh Yeah »), un riff des Oh Sees par là (« We Are The Ambassadors Of Peace And Magic »)… On pourrait être gêné par tel déballage d’érudition rock car l’écoute de l’album peut s’apparenter à une rédaction dont les citations constitueraient l’essentiel du corps de texte. Cet étonnant mélange fonctionne malgré tout car Foxygen possèdent une fraîcheur désarmante (qui passerait presque pour de l’innocence si on ne se méfiait pas) et un talent certain pour les orchestrations audacieuses (« Shuggie »). Dans une année 2013 qui a fait la part belle aux guitares heavy et aux rythmes krautrock, les mélodies douces de Foxygen nous ont séduit et bercé.

 

 

Tracklisting :

  1. In The Darkness
  2. No Destruction
  3. On Blue Mountain
  4. San Francisco
  5. Bowling Trophies
  6. Shuggie
  7. Oh Yeah
  8. We Are The 21st Century Ambassadors Of Peace & Magic
  9. Oh No 2

 

Vidéos :

« San Francisco »

 
« No Destruction »
 
 
« We Are The 21st Century Ambassadors Of Peace & Magic »
 

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

4 Comments

  1. cool le retour des chroniques… sinon quelqu’un aurait des infos sur les autres projets de sam france. J’ai decouvert joseph hein et depuis avoir ecouté  je ne peux plus m’empasser.

Laisser un commentaire