TEMPLES – Sun Structures Hit and miss

(Heavenly 2014)

A l’image de Jacco Gardner en 2013, les anglais de Temples ont beaucoup fait parler d’eux avant la sortie de leur premier album grâce à deux singles remarquables. « Shelter Song » et sa douze-cordes cinglante ainsi que la fabuleuse « Colours To Life » ont créé chez les amateurs de rock psychédélique un émoi certain et le fantasme de voir un groupe porter haut l’étendard du rock anglais.

Quand Sun Structures est sorti, l’enthousiasme est quelque peu retombé. Si l’album a bien marché outre-Manche, il a aussi souvent été décrié, souvent en raison de sa popularité sans doute suspecte, mais il a aussi déçu ceux qui voyaient en Temples les hérauts du renouveau britannique. Certains ont trouvé l’exercice revivaliste vain (soit, mais à ce moment là pas la peine d’écouter le moindre disque publié ces 20 dernières années), d’autres trouvent le groupe trop lisse, pas assez dingue.

C’est sur qu’à côté de bidouilleurs déstructurés tels que Morgan Delt, Temples paraissent bien sages. Une impression renforcée par les prestations live décevantes du groupe. En réalité,  Temples est avant tout un groupe pop qui se situe dans la grande tradition britannique des années 60, celle du folk-psychédélique aux mélodies douces. A l’image de « Keep In The Dark » qui évoque « Itchycoo Park », l’album de Temples se situe dans la lignée des Small Faces de « Green Circles » et du Kaléidoscope de « Sky Children ».

Certes on peut souvent retrouver les influences derrière tel ou tel morceau (la douze-cordes de « Shelter Song » évoque « If I Needed Someone » des Beatles) ou trouver étrange cette production aux batteries caverneuses, mais la qualité mélodique de l’album est indiscutable. Sun Structures est un album érudit et empli de fulgurances dans lequel Temples parviennent – un peu malgré eux – à un résultat assez semblable à ceux de leurs modèles : un disque aux singles parfaits (« Keep In The Dark », « Shelter Song », « Colours To Life »,  « Mesmerise ») mais empli de morceaux de remplissage dispensables (qui ont en plus tendance à tendre vers les 5 minutes, ce qui est bien trop long).

En alignant les passages mous et peu engageants, Temples perd peu à peu l’attention de l’auditeur. On attendait un peu plus de flamboyance de ce groupe qui avait su intégrer à merveille tous les codes du rock psychédélique anglais. Son côté bon élève et ses choix de production parfois troublants (on a rarement entendu batterie si mal mixée) en font un disque mi-figue mi-raisin. Le morceau « Test Of Time » pose la question de la durée de vie de ce disque sur nos platines et apporte lui-même la réponse : c’est dans ce genre de morceaux planants qui manquent singulièrement de nerf que le groupe perd de sa pertinence.  

Restent ces singles, qu’on a entendu absolument partout, que ce soit dans des publicités ou des bandes-annonces, auxquels on se raccroche en espérant que le prochain album de Temples soit celui de la maturité et de l’efficacité. On ne sait si cela sera suffisant pour réveiller un rock anglais toujours somnolent (que seul les bourrins de Royal Blood semblent pour l’instant en mesure de bouger un peu), mais pour leur premier album les jeunes musiciens de Temples parviennent à éblouir assez pour qu’on suive leur carrière de près.

 

 

Tracklisting :

1. Shelter Song *
2. Sun Structures *
3. The Golden Throne
4. Keep in the Dark *
5. Mesmerise *
6. Move With the Season
7. Colours to Life *
8. A Question Isn’t Answered
9. The Guesser
10. Test of Time
11. Sand Dance
12. Fragment’s Light  

 

Vidéos :

« Shelter Song »

 « Colours To Life »

« Keep In The Dark »

« Mesmerize »

 

Vinyle :

 TEMPLES

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

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