VIVIAN GIRLS – Vivian Girls L'avenir du rock?

(In The Red Records  2008)

Un des succès de l’année de la scène indépendante outre-Atlantique, ce trio de Brooklyn a été signé par le fameux label In the Red Records (qui a sorti des albums des Dirtbombs, Human Eye, Demolition Doll Rods, Clone Defects, etc.) : cet disque était en effet sorti sur le petit label Mauled by Tigers au début de l’année, avant de bénéficier d’une nouvelle sortie, cette fois chez In The Red. Le groupe, qui a choisi son nom en référence à des héroïnes du roman d’Henry Darger[1], est régulièrement comparé à tous les groupes exclusivement féminins qui l’ont précédé, ce qui est réducteur – mais néanmoins prévisible, après avoir choisi un tel nom.

Clairement, honnêtement, et avec talent, les Vivian Girls jouent de la musique pop. Il ne faut pas attendre de ce groupe une révolution, ni sur le plan musical, ni au niveau du discours[2]. Le style musical qui les caractérise est la pop noisy ; mais il est évident que, pour les comparer à d’autres groupes de leur nouveau label, on est loin de la fureur des Dirtys ou de la démence de Human Eye… Les morceaux des Vivian Girls sont construits et joués de façon très classique, dans la structure (couplet/refrain/solo) comme dans la façon d’amener et d’interpréter les chœurs : « Wild Eyes » est un modèle de l’efficace construction des chansons du disque : directe, avec un chant assuré par les trois membres du groupes, un solo de guitare génial, une rythmique entêtante.

Ce premier album ne restera pas comme le disque de l’année ; néanmoins, il est excellent, et laisse espérer de grandes choses pour le groupe : en utilisant une démarche délibérément bruitiste et dissonante, les Vivian Girls jouent des morceaux de pop sucrée… L’expérience vaut le détour, et comme la qualité d’écriture est là, les morceaux en deviennent dangereusement fascinants : dès « All the time », la mécanique implacable du groupe se met en marche : riffs de guitares simples et saturés, rythmique basique mais solide. Les chansons sont directes, très courtes (avec ses dix chansons, l’album dépasse à peine les vingt-et-une minutes), ce qui est à la limite du foutage de gueule, et finalement assez rassurant.

La basse sort des sentiers habituels sur des morceaux comme « Going Insane » : elle est réellement l’élément central de cette chanson, qui propose en outre un solo de guitare prodigieux. « Tell the World », qui la suit, est magnifique et hypnotique, mené sur un ryhtme trépidant : le chant est partagé, comme pour la faussement naïve « Where do you run to ? ». Une grande partie de l’intérêt du groupe est justement cette capacité à jouer sur les attentes des auditeurs, et à en prendre le contrepied : les morceaux sont simples, et à l’aide de moyens résolument lo-fi, le trio arrive à produire des effets impressionnants. Par leurs voix douces et leurs accords saturés, et avec une facilité déconcertante, les Vivian Girls ont créé un univers musical sans équivalent aujourd’hui, et ont enregistré quelques-unes des chansons les plus excitantes de l’année… Ce groupe est de ceux qu’il faut suivre avec attention.    

 

 

Liste des chansons :

  1. All the time *
  2. Such a Joke
  3. Wild Eyes *
  4. Going Insane *
  5. Tell the world *
  6. Where do you run to? *
  7. Damaged
  8. No
  9. Never See me again *
  10. I believe in nothing

L’album en intégralité : www.deezer.com/#music/album/237293

 

Vidéo :

« Tell The World » :

 


[1] A ce sujet, consulter l’excellent article consacré à cet artiste atypique sur http://en.wikipedia.org/wiki/Henry_Darger
[2] Pour découvrir l’univers des Vivian Girls, voir leurs vidéos et se tenir au courant de leur actualité, vous pouvez aller voir sur leur site officiel, là : http://viviangirlsnyc.blogspot.com/2008/12/surfs-up.html

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

6 Comments

  1. Pour une fois je ne vais pas être entièrement d’accord avec Planet Gong !
    Je suis assez d’accord pour dire que l’album s’écoute sans déplaisir et contient de belles promesses pour l’avenir. Néanmoins exception faîte de « Where Do You Run To » aucun morceau ne s’incruste durablement… donc de là à parler de chansons les plus excitantes de l’année…

    Et quand même un album de 21 mn… vous qui comme nous militer pour le vinyle ça représente tout juste une face! Et comme mis à part sur amazon on trouve ce disque à 18 euros… rapport qualité / prix c’est assez moyen.

    Mais bon je dois être grincheux en ce moment, cela doit venir de la déception du dernier Blue Van !!!

    Bonne année à vous deux !

  2. ouaip c’est vrai que le Blue Van est loin d’être mauvais, c’est juste que je suis moins enthousiasmé par ce virage 70’s qui sonne il est vrai comme The Fratellis par instant mais en bien meilleur. Le souci en plus c’est que passé le 7 ou 8e morceau, ils balancent du gros rock lourdaud et deviennent si ce n’est pénible tout au moins ininterressant. Dommage parce que la première moitié, s’il on s’habitue au son est assez bonne. Bon faut que je me motive pour en faire la chronique…

    Sinon je pense effectivement aller les voir, faut que je vois la date car je dois me faire Little Joy et les Zombies en janvier !

  3. Cet album est vraiment cool, bon c’est sûr que concernant la durée, ça relève de la blague.
    Les chansons sont quand même très bonnes non? Personnellement j’ai vraiment apprécié le mélange entre shoegaze et garage, en particulier sur tell the world, évidemment.
    Il ya un je ne sais quoi qui fait que cet album reste longtemps imprimé dans ma tête, je en sais pas ce que vous en pensez

  4. Et bien ça y est, Mr Eric est une plume attitrée de Rock’n’Folk.
    Prochain objectif : à la Nick Kent, se faire tabasser par une rock star.
    Par contre, si on te voit à la nouvelle star, inutile de dire qu’il n’y aura plus de sympathie qui tienne. Ce dont tu te contrefoutra royalement, m’enfin c’est dit.
    J’espère qu’ils payent bien les gars au moins…

  5. J’en ai donc la confirmation! Je me disais bien que cet Eric Delsart me rappelait quelqu’un… De troublantes coïncidences, un prénom commun… Eh bien, je pense que c’est une bonne chose pour Rock&Folk, parce qu’il est temps qu’ils arrêtent de mettre des daubes comme Chinese Democracy en disques du mois! Bravo!

  6. Hey dites, ya que moi qui pense fortement aux Electrelane en écoutant ce disque ?
    C’este une excellente référence ceci dit, Electrelane est un des plus grand groupes de ces 10 dernières années.

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