KEVIN MORBY – Harlem River Echappée solitaire

(Woodsist 2013) 

Si vous vous intéressez de près au rock à tendance lo-fi qui s’est fabriqué depuis le début des années 2000, vous connaissez forcément Woods. Et si ce n’est pas le cas (honte à vous), vous avez forcément croisé des groupes qu’ils ont influencé ou aidé. Woods, groupe folk-psyché de Brooklyn est aujourd’hui une institution, notamment parce qu’outre ses excellents albums, il est au cœur de la scène underground grâce au label Woodsist, dirigé par le chanteur Jeremy Earl.

La liste des groupes ayant sorti un disque sur ce label influent donne le vertige : Moon Duo, White Fence, Fergus & Geronimo, Real Estate, Thee Oh Sees, Vivian Girls, Fresh & Onlys… Le dernier en date est Kevin Morby, bien connu de la maison parce qu’il est membre de Woods et des Babies. « Harlem River », son premier album solo, est une des belles surprises de cet hiver. Accompagné de quelques uns de ses acolytes (Justin Sullivan des Babies à la batterie, Tim Presley de White Fence et Cate Le Bon en guest sur certains morceaux), Morby prend la pose du baroudeur qui a silloné les Etats-Unis d’Est en Ouest et a vécu pour raconter de belles histoires. « Miles, Miles, Miles », « Slow Train », « Harlem River », « Wild Side (Oh The Places You’ll Go) » sont toutes des chansons de voyage, emplies d’expériences personnelles que Morby narre avec douceur.

 Voila pour le fond. Pour la forme Morby choisit celle qui s’associe naturellement à ce genre de textes : le folk-rock lumineux. Chanteur doué, compositeur subtil, il parvient sur cet album à produire quelques mélodies mémorables. L’ouverture « Miles, Miles, Miles », la ballade country enrobée de slide « The Dead They Don’t Come Back » et surtout « Wild Side (Oh The Places You’ll Go) », que tout fan de Bob Dylan se doit d’écouter d’urgence. Pour quelle raison ? Parce que cette chanson, de l’orgue spectral au phrasé trainant, brosse le dylanophile dans le sens du poil. On sent que l’auteur a beaucoup écouté « Blonde On Blonde », le morceau évoque « Visions Of Johanna » ou « Absolutely Sweet Marie » de par sa mélodie, sa production et son texte. Pastiche ou hommage ? Peu importe, « Wild Side (Oh The Places You’ll Go) » est une grande chanson qui fait de ce « Harlem River » un album mémorable.

 

 

Tracklisting :

1. Miles, Miles, Miles *
2. Wild Side (Oh the Places You’ll Go) *
3. Harlem River
4. If You Leave and If You Marry
5. Slow Train
6. Reign
7. Sucker in the Void (The Lone Mile)
8. The Dead They Dont Come Back *

 

 

Vidéo :

 « Harlem River »

 
« Miles, Miles, Miles »
 
 
« Wild Side »
 
 
 
 
Vinyle
 
 
image

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

3 Comments

  1. Belle article.wild side est vraiment une grande chanson. Je pensai qu’avec l’apport du clavier les strange boys seraient capable de pondre ce genre de chanson peut etre un jour qui sait. 

     

     

  2. Les Strange Boys ont un peu touché à ce style dans l’album Be Brave, avec la chanson Between Us et son orgue qui apparaît discrètement à l’outro.

    Mais hélas, ils ne s’y sont guère attardés et ils n’y reviendront pas : l’album qui succède à Be Brave fut décevant – il n’est maintenant plus qu’ennuyant – et c’est leur dernier, le
    groupe s’est éteint sur cette note plutôt fadasse.
    Chez les Strange Boys on préfère généralement le piano – ou un substitut synthétique – à l’orgue, Live Music en est truffé jusqu’à l’écoeurement.
    Ce disque contient quelques rares bons moments, mais après avoir touché au R&B, au blues et au folk avec assez de succès, c’était triste de les retrouver en train de produire une musique
    tiédasse bonne à servir de fond sonore dans un saloon presbytérien en période de carême.

  3. Merci, vraiment bien cet album.
    On passe de Dylan, à Lou Reed, Neil Young aux Doors voire aux Beach Boys mais sans plagiat, avec une grande sincérité, un hommage sincère aux grands anciens. 
    Et qualité des chansons, des mélodies et arrangements excellents. 

    Du coup je l’ai commandé (en vinyl bien sur).

    Et merci pour toutes vos découvertes.

      Amicalement.

     Jean-Pol

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