THE GO – Unreleased 1996-2007. Cassette 1 1996-1997

(Burger Records 2011)

The GO :

Bobby Harlow – guitare, basse, claviers, chant.
John Krautner – guitare, basse, chant.
Marc Fellis – batterie, percussion, flûte.

On ouvre le coffret et on glisse une cassette dans un lecteur récupéré à une brocante, en espérant ne pas se tromper de face. Le voyage commence, on est au pied d’un Everest musical empli de démos, d’extraits live et d’inédits, la plupart enregistrés avec un son brouillon…. à moins que le souffle qu’on entend ne soit dû au support obsolète sur lequel sont publiés ces morceaux, ou alors est-ce à cause du vieux lecteur de cassette qui tousse la poussière accumulée depuis des années d’inutilisation. On a souvent répété ce cérémonial ces derniers mois, on a usé ces cassettes, on les a coincé quelques fois, on a pesté contre le groupe et Burger Records, mais au final on a pris un plaisir immense.

Par où commencer ? Déjà par signaler que ce coffret est compilé de façon chronologique. Cette première cassette témoigne des années formatives du groupe. Les premiers morceaux qu’on entend ainsi sont les premières chansons couchées sur bande par trois jeunes gens venus du Michigan. Dans les excellentes notes de pochette écrites par Bobby Harlow, riches en anecdotes concernant l’envers du décor de l’histoire du groupe, le chanteur raconte dans quelle circonstance les trois membres immuables de The GO se sont rencontrés. Venus de Sterling Heights, Mark Fellis et John Krautner étaient lycéens et avaient écrits quelques morceaux ensemble. Bobby Harlow était plus âgé et possédait du matériel d’enregistrement à Grand Rapids. Par l’entremise d’un ami commun, les trois jeunes gens se retrouvèrent pour une session d’enregistrement qui, si elle ne fut pas à l’origine de morceaux mémorables (comme le démontre ce « Send Me Down Love » qui ouvre le coffret), marqua le début d’une amitié et d’une volonté de travailler ensemble. Harlow déménagea ainsi du côté de Detroit pour écrire, composer et jouer avec ses nouveaux amis, et le groupe – qui n’avait alors aucun nom – naquît.

A l’origine, le trio ne se produisait pas sur scène. Les morceaux qu’on entend sur cette première cassette est donc celle d’un groupe de potes encore verts mais déjà remarquables compositeurs, qui travaillaient leurs premières créations en studio. Fellis à la batterie, Harlow à la basse et Krautner à la guitare : voici la formation qu’on entend sur ces premiers enregistrements. Sans surprise, le premier titre « Send Me Down Love » montre un groupe naïf, versé dans le doo-wop et désespérément romantique. Rien de flashy ici mais une bluette interprétée de façon maladroite. Un document touchant qui laisse rapidement place à « Sunshine Bee », titre autrement plus convaincant. Chantée par John Krautner sur la grille d’accords de « Breathe » de Pink Floyd, cette chanson s’écoule lentement sans jamais perdre de son étrangeté et de sa douceur. A l’issue de ces 8 minutes (traversées de quelques solos erratiques), on est conquis par cette mélodie simple qui reste en tête.

Très vite, on se rend compte que le trio prend une direction bubblegum, un peu laborieusement au début. « Candy Cane Girl », premier essai dans le genre est un peu répétitif. « Starlight Child » n’emballe pas plus. Le groupe est clairement en rodage, en phase d’apprentissage, et si ces morceaux sont parsemés de passages accrocheurs, ils n’en restent pas moins mineurs. De cette ribambelle de morceaux, retenons quelques réussites : « The Thinker », à l’ambiance poisseuse, « Beautiful People » qui sonne comme une tentative de faire du T-Rex, « I’m Standing » à l’ambiance west coast. On touche là à quelque chose de nettement plus intéressant : en fait, avec une bonne production, ces morceaux seraient de vraies pépites.

On note déjà sur quelques titres (« Open Up Your Eyes Marie », « Insane Mother’s Son », « See Me Through The Night ») la remarquable alchimie entre les deux principaux protagonistes du groupe, notamment au niveau des harmonies. Au fil des morceaux le groupe s’affirme, devient un peu plus virtuose, les compositions prennent de l’épaisseur, se complexifient. « Dance Under The Ocean » en témoigne, tout comme la superbe « Please Her Mind » avec sa longue intro de trois minutes et cet échange entre Harlow et Krautner.

Ce qui ressort de l’écoute de cette cassette, c’est que dès le début de leur histoire The GO ont toujours placé la mélodie au centre des débats. De façon intéressante, dans leur structure et leur approche pop, ces morceaux sont assez éloignés du genre de rock’n’roll abrasif que pratiquait The GO sur son premier album en 1999, soit deux à trois ans après ces démos. Ce qui est étonnant aussi, c’est qu’aucun de ces morceaux n’ait ressurgi d’une façon ou une autre sur les disques du groupe. Ils n’étaient sans doute pas assez bons aux yeux des musiciens… ce qui semble assez dingue à la réflexion. Là où certains vendraient un rein pour pouvoir accoucher d’une mélodie telle que « She Will Never Know », The GO l’ont rapidement rangée dans leurs archives. Les fous.

 

 

Tracklisting :

1. Send Me Down Love
2. Sunshine Bee *
3. Candy Cane Girl
4. Starlight Child
5. Make Your Way To The Sun
6. The Thinker *
7. Open Up Your Eyes Marie *
8. Insane Mother’s Son
9. Beautiful People *
10. I’m Standing
11. Hope
12. Prickly Notion
13. Dance Under The Ocean
14. Peel It Back
15. Watcher In The Wood
16. You’re A Friend Of Mine
17. See Me Through The Night
18. Cadmium Queen
19. Black Eyed Susan *
20. Please Her Mind *
21. Long Is The Tongue For The Year 21 *
22. Blink Of An Eye
23. She Will Never Know *

  

Coffret :

The GO - Unreleased 1996 - 2007

The GO - Unreleased 1996-2007

 

 

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Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

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