THE VON BONDIES – Love, Hate, And Then There’s You Une nouvelle déception

(Majordomo Records 2009)

… et le malheur arriva. Depuis le départ de la bassiste Carrie Smith, suivi de celui de la guitariste Marcie Bolen et le tournant grand public opéré avec l’EP We Are Kamikazes Aiming Straight At You, les Von Bondies menaçaient de faire un mauvais album. On en vient à regretter leur deuxième album studio, Pawn Shoppe Heart, pourtant nettement moins bon que leur premier, Lack of Communication.

En espérant un miracle, nous avons écouté ce qui est présenté comme le troisième album des Von Bondies : malheureusement, comme on pouvait s’y attendre, Love, Hate, And Then There’s You est avant tout le premier album solo de Jason Stollsteimer. Le chanteur et guitariste, jadis prodigieux, s’est entouré de nouveaux musiciens qui ne maîtrisent pas le langage rock’n’roll violent et sale caractéristique de la ville de Detroit. Seul Don Blum, batteur dont le jeu sur le premier album était réellement spectaculaire, est resté à bord du navire

Le résultat est un ensemble hétérogène et fade : dans sa volonté de faire des Von Bondies un grand groupe populaire, Stollsteimer semble avoir laissé son inspiration de côté. Les influences blues et punk qui caractérisaient les premiers enregistrements du groupe – et qui en faisaient leur charme vénéneux – se sont ainsi évaporées au profit d’un rock aux contours new wave aussi prévisible qu’inoffensif.

Qu’on ne se méprenne pas : il y a quelques bons morceaux sur cet album. Il fut un temps où Stollsteimer était l’un des songwriters les plus prometteurs de la scène rock : il a toujours en lui cette capacité à capter les auditeurs avec son chant exalté et ses mélodies agréables (l’ouverture de « This Is Our Perfect Crime », le premier morceau de l’album, laisse espérer de bonnes choses). La chanson suivante, « Shut your mouth », possède aussi des éléments intéressants (le premier riff de guitare, l’arrivée du chant de Stollsteimer, celle des chœurs) mais ne décolle jamais totalement.

Malheureusement pour Stollsteimer et ce qui est devenu son backing band, l’album navigue souvent dans une mélasse pop-rock sans grande inspiration, et le fait de retrouver des morceaux parus sur We are kamikazes aiming straight for your heart, le dernier EP du groupe, ne fait rien pour relever le niveau général du disque (on a déjà écrit tout le mal que l’on pensait au sujet de « Pale Bride » et de « 21st Birthday », on ne va pas recommencer).

L’écoute de l’intégralité de Love, Hate and then there’s you est particulièrement difficile : une fois passées les premières pistes, le disque tourne en rond. Rock au lyrisme bon marché (« Only to haunt you »), grunge au chant noyé d’écho et aux chœurs improbables (« She’ dead to me »)… Pas grand-chose de convaincant. Pour son troisième album, le groupe semble avancer sans aucune logique, et, ce qui est plus grave, sans aucune pertinence.  

 

 

Liste des chansons :

  1. This is our perfect crime
  2. Shut your mouth
  3. Pale Bride
  4. Only to haunt you
  5. 21st birthday
  6. She’s dead to me
  7. Chancer
  8. Blame Game
  9. I don’t wanna
  10. Accidents will happen
  11. Earthquake
  12. Modern Saints

Le MySpace du groupe : www.myspace.com/vonbondies

 

Vidéo :

« Pale Bride »

 

Vinyle :

Le disque est de couleur rose, l’exemplaire sur la photo a été signé par Jason Stollsteimer.

Von Bondies

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

4 Comments

  1. Oui un album affligeant… D’ailleurs le constat est encore plus cruel en live. Alors que les morceaux de Lack Of Communication et Raw & Rare dépotent toujours en concert, lorsque le groupe joue ses nouveaux morceaux la pression retombe et fait des Von Bondies un groupe quelconque.

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