(Drag City 2024)
Les années semblent voir enfin eu raison de l’hyper-productivité de Ty Segall qui n’a publié aucun album en 2023.
Sa dernière production en date ? Le trip folk solitaire de Hello, Hi, paru en 2022, année qui lui a aussi vu publier la bande originale du documentaire Whirlybird. Une misère pour le multi-instrumentiste si on s’en fie à son rythme depuis plus décennie. La raison à cela ? En juin dernier, le chanteur est devenu papa, et il a sans doute mis à profit cette pause pour profiter de moments privilégies avec sa progéniture.
Après trois singles sortis de façon disséminée durant l’année écoulée, voici qu’arrive cet album au titre mystérieux où Segall semble faire la synthèse de ses deux derniers albums. On retrouve les sons de guitare métalliques qui caractérisaient Harmonizer sur des titres tels que “I Hear”, “Hi Dee Dee” ou le funk tordu de “My Best Friend”, cet espèce de grincement à mi-chemin entre la porte antique et le cri d’un chat auquel on aurait marché sur la queue, sur lequel il monte des grooves étranges et un peu déconcertants.
Les morceaux les plus marquants de l’album sont ceux où il va plutôt chercher du côté du récent Hello, Hi, du fondateur Sleeper ou de Hair, sa fameuse collaboration avec White Fence. C’est-à-dire quand il chante vraiment des chansons dans un genre de folk psychédélique qu’il maîtrise à la perfection. Le ton est donné avec “The Bell” qui se mue à mi-course en chanson psychédélique louche et met en valeur le jeu de guitare de Segall. Dans le même genre, “My Room” et “Wait”, avec leurs mélodies marquantes et leurs changements de tempo surprenants, sont l’illustration parfaite de ce dont Segall est capable quand il enfile son costume de singer-songwriter.
Ce qui est assez chouette sur cet album, c’est que Segall s’autorise à peu près tout. ça donne des réussites superbes comme l’épopée psychédélique de “The Void”, ça occasionne aussi quelques ratés, comme “Move” (titre synth-punk au groove pataud, pas indispensable) ou “To You”, trop décousu. De manière générale, ses expérimentations, peu passionnantes sur la longueur, plombent un peu l’album qui aurait gagné à être plus court (il dure 65 minutes, comme à l’époque glorieuse du CD). Heureusement, il y a assez de pépites pour y trouver son compte, mais c’est dommage de voir Ty retomber dans ses travers alors qu’il restait sur son plus bel album depuis les années 2010.
Tracklisting
- The Bell *
- Void *
- I Hear
- Hi Dee Dee
- My Best Friend *
- Reflections
- Move
- Eggman
- My Room *
- Watcher
- Repetition
- To You
- Wait
- Denée
- What Can We Do
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“My Room”













