(Castle Face Records 2009)

Alors que sort bientôt leur nouvel album, il serait honteux de ne pas parler du premier disque des Fresh & Onlys paru en début d’année, assurément un des disques les plus enthousiasmants des derniers mois.

Formé en quintet autour du chanteur hyperactif Tim Cohen, The Fresh & Onlys proposent un rock garage psychédélique à la personnalité forte, qui se démarque des influences classiques trop souvent similaires d’un groupe à l’autre. Il y a en eux un sens de la distorsion, de l’improvisation barrée et une attitude psychédélique qui renvoie à tous les groupes de la Bay Area, du Jefferson Airplane au Brian Jonestown Massacre en passant par les Charlatans. The Fresh & Onlys viennent de San Francisco et ça s’entend.

L’album est admirablement construit. Il s’ouvre tranquillement sur “Feelings In My Heart” de quelques accords calmes et d’une rythmique sereine. La voix est saturée, les chœurs plutôt rustres, à vrai dire, le morceau tarde à décoller … lorsque jaillit subitement un solo de guitare psychédélique dans la pure tradition West Coast. Le groupe monte alors en puissance et laisse entrevoir ses premiers traits de génie. Dans la foulée, le riff tournoyant de “Fog Machine” emporte tout. Ce morceau à la mélodie simple fonctionne grâce à l’association d’une ligne de basse hypnotique (façon McCartney 66′) et d’une guitare qui tisse une toile d’arpèges dans les aigus. Ça parait simple, c’est d’une efficacité redoutable. “Endless Love” ensuite emprunte des sentiers plus classiques en dégoupillant un riff surf-rock à quatre accords et un refrain crétin – on prend toujours – avant quelques morceaux hallucinogènes comme “Saw Him” et “Imaginary Friend” qui entraînent l’auditeur dans un climat sombre et trippant.

L’album repart ensuite pied au plancher. “Peacock And Wing” possède sans doute la mélodie la plus marquante de l’album, avec son gros refrain facile à chanter. Ce morceau explosif contient une guitare insistante proche de celle des Strokes du premier album ou des Libertines de “Can’t Stand Me Now”, avec un son plus garage. La fête continue avec le folk saturé de “Nuclear Disaster” qui possède un texte idiot à souhait (“Do you know what’s worse than a nuclear disaster ? What’s much worse than the worst thing ever ?”). Encore un morceau simple, direct et efficace, tout comme l’est “Only One I Want” avec son riff serpentant et sa mélodie à tiroirs qui casse le rythme du morceau de façon surprenante. Des morceaux garage plus classiques s’ensuivent, comme “Shattered Moon”, “Let’s Hang” et la formidable “On The Verge”, sans que la qualité diminue.

The Fresh & Onlys ont fait un premier album idéal : identité forte, son garage sans compromission, chanson étranges et accrocheuses. On en redemande et on attend la suite avec impatience. Ça tombe bien, leur deuxième album de l’année vient de sortir, on en reparle bientôt.

 

 

Tracklisting :

  1. Feelings in My Heart  *
  2. Fog Machine  *
  3. Endless Love  *
  4. I Saw Him
  5. Imaginary Friends
  6. Peacock and Wing  *
  7. Nuclear Disaster
  8. Only One I Want  *
  9. Shattered Moon
  10. On the Verge  *
  11. Let’s Hang
  12. The Mind is Happy
  13. Love & Kindness
  14. Arm’s Advice

 

Le MySpace du groupe : www.myspace.com/thefreshonlys

 

 

Vidéos :  

“Feelings In My Heart” (live)

 
“Shattered Moon” (live avec le pire son du monde)

 

Vinyle :

The Fresh & Onlys - The Fresh & Onlys