BUFFALO SPRINGFIELD – Buffalo Springfield Un modèle de pop sixties californienne

(Atlantic Records ; 1966)

Au rayon des groupes et des disques oubliés, attardons-nous aujourd’hui sur le cas de Buffalo Springfield, un groupe éphémère du milieu des années soixante, formé par deux guitaristes / chanteurs / compositeurs de génie, Stephen Stills et Neil Young. Le seul morceau du groupe qui soit encore (un peu) connu aujourd’hui est sorti en 1967 : l’intouchable  » For what it’s worth « , une chanson écrite par Stills, et qui a valu à Buffalo Springfield un succès relativement important, un an avant leur séparation définitive, au mois de mai 1968.

Ce premier disque est un modèle de pop sixties californienne : les mélodies sont évidentes, les chants de Stills et de Furay se complètent à merveille (la voix de Young avait semblé trop étrange aux producteurs de la maison de disque, qui ont par conséquent demandé à Richard Furay de chanter les morceaux). Le son est soigné de façon exemplaire ; les arrangements sobres accompagnent des mélodies qui se suivent avec une incroyable facilité. L’ensemble obtenu est donc rayonnant de bonne humeur et de joie de vivre, mais reste cependant à l’abri de la mièvrerie par l’incroyable qualité des morceaux qui composent ce disque.

Dès les premières mesures de  » Go and say goodbye « , le ton est donné : un rythme entraînant et une basse chaleureuse, des mélodies de guitare qui se croisent, un chant assuré à deux voix… Du bel ouvrage, parfaitement maîtrisé, à l’image de l’ensemble du disque. Certes, les paroles des morceaux sont rarement des modèles de profondeur  » Sit down I think I love you / anyway, I’d like to try / I can’t stop thinking of you / If you go, I know I’ll cry  » ( » Sit down, I think I love you « ), mais les chansons supportent aisément cette écriture qui semble souvent naïve (ceci est de la pop musique). Les guitares accélèrent un peu sur  » Leave  » et  » Burned  » – deux morceaux sur lesquels la basse est une nouvelle fois prodigieuse, et les chansons s’enchaînent comme dans un rêve : des harmonies vocales de  » Nowadays Clancy can’t even sing « , de  » Out of my mind  » ou de  » Flying on the ground is wrong » jusqu’aux mélodies immédiates de  » Hot Dusty Roads  » ou de  » Pay the price « .

A l’écoute de ce disque, on pense aux productions des Byrds ; les ressemblances sont en effet nombreuses (et les membres des deux groupes étaient appelés à se retrouver quelque temps plus tard), mais ce premier album de Buffalo Springfield montre réellement deux artistes au sommet de leur talent, Neil Young et Stephen Stills (ce dernier est encore scandaleusement sous-estimé, mais c’est un autre sujet).

 

Liste des chansons (version CD1) :

1. Go and say goodbye
2. Sit down I think I love you *
3. Leave
4. Nowadays Clancy can’t even sing
5. Hot Dusty Roads
6. Everybody’s wrong *
7. Flying on the ground is wrong *
8. Burned
9. Do I have to come right out and say it
10. Baby don’t scold me
11. Out of my mind
12. Pay the price

1 La réédition CD propose les deux versions différentes du premier album de Buffalo Springfield (mono et stéréo). Stills et Young ont déclaré à de nombreuses reprises que la version Mono (qu’ils avaient produite eux-mêmes) était de loin la meilleure, critiquant sévèrement le travail des deux producteurs de la version stéréo, Charlie Green et Brian Stone.

La version stéréo est disponible sur Deezer. Cette version contient le tube « For What It’s Worth », morceau emblématique du groupe.

 

Vidéo :

« Burned »

 

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

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