NIGHT BEATS – Night Beats Garçons étranges

(Trouble In Mind 2011)

Il y a foule en ce moment dans les rayons garage-rock des disquaires. Difficile de tout écouter, de faire le tri. Certains disques paraissent bons au premier abord mais s’épuisent vite et ne tournent jamais sur les platines un mois après achat (celui de Shapes Have Fangs en est l’exemple type). On ne sait trop aujourd’hui si on écoutera toujours le premier album des Night Beats au-delà du mois d’avril mais on s’en fiche un peu à vrai dire : il nous aura permis de passer l’hiver en bonne compagnie.

Si le son du groupe n’a rien d’original dans la scène garage actuelle gavée de clones lo-fi plus ou moins doués, l’album des Nights Beats met rapidement à l’aise. Dès le riff chaloupé de « Puppet On A String », on sait qu’on tient un groupe à part. Le morceau est d’une évidence folle, d’une simplicité qui fait les grands morceaux pop : ce riff vicieux, narquois, vient percuter à la fin de chaque refrain comme chez les Yardbirds de « Heartful Of Soul ». On en frissonne de plaisir à chaque écoute.

Parmi les atouts du groupe, la voix du chanteur Lee Blackwell, androgyne, au phrasé étrange. Elle rappelle un peu celle de Ryan Sambol et nous invite à cette réflexion : Night Beats est l’album que les Strange Boys auraient dû faire à la suite de …And Girls Club. Un disque de beat garage psychédélique sur les bords, bordélique à souhait, sous-produit mais ultra-efficace et indéniablement cool.

Parmi les choses qu’on apprécie le plus dans cet album, c’est son faux-rythme. Loin des brulots frénétiques que nous proposent trop de groupes garage-rock qui compensent leur manque de grands morceaux par une énergie débordante, Night Beats avance à un train modeste, proposant des grooves psychédéliques où les guitares serpentent de façon intrigante (« Dewayne’s Drone », « High Noon Blues ») et quelques morceaux beat bluesy de grande classe (« Dial 666 »). Lorsque le groupe muscle son jeu, la folie et l’étrange prennent le dessus. Les guitares deviennent alors stridentes (« Little War In The Midwest », « Ain’t Dumbo »), l’écho omniprésent (« Hallucinojenny »), la classe indéniable. 

 

 

Tracklisting : 

1 Puppet On A String
2 Ain’t Dumbo
3 Dial 666
4 The Other Side
5 Useless Game
6 Dewayne’s Drone
7 Hallucinojenny
8 Ain’t A Ghost
9 Meet Mr. Fork
10 War Games
11 High Noon Blues
12 Little War In The Midwest

 

Vidéos :

« Dewayne’s Drone »

 
« Puppet On A String » (live)
 

 

Vinyle :

Night Beats – Night Beats

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

5 Comments

  1. Perso je le trouve bien l’album des Shape Have Fangs. C’est pas l’album qui a bouleversé ma discographie mais il se laisse gentiment écouter. Par contre, cet album des Nights a l’air vraiment
    sympa. Ce n’est pas comme l’album des Hooded Fang absolument introuvable sur le Net (et pourtant j’en ai écouté quelques extraits sur Youtube et ça avait l’air top…).

  2. on est obligé d’en reparler partout des shapes have fangs 🙂

    leur album est quand même loin d’etre enthousiasmant, bien trop scolaire pour cela, m’enfin on en a déjà parlé milles fois,

    pour les night beats, je trouve quand même que les quelques moments faibles, et quelques riffs très peu inspirés empêche le skeud d’être un excellent album, mais c’est du solide, et contrairement
    à d’autres productions du genre, il se réécoute avec plaisir, et s’apprécie même au fil des écoutes

  3. J’ai trouvé aussi que c’était un très bon disque ce Night Beats, très jouissif, qui retrouve la « magie » du garage sixties et parfois cette touchante imprécision, là où les Shapes Have Fangs reproduisent à la lettre l’esprit de l’époque. Deux bons disques
    néanmoins mais comme Teenage je préfère ce Night Beats

  4. Pour moi les meilleurs héritiers, loin devant les Black Angels, du 13th Floor Elevators.
    La fâcheuse et bête manie de ce groupe, c’est celle du solo de guitare à la Hendrix lo-fi, c’est chiant et moche à écouter, entendu mille fois et ça peut rendre la chanson boîteuse.

    Sinon parmi les meilleures chansons j’aurais cité War Games.

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