BUDDY HOLLY & THE CRICKETS – The ‘Chirping’ Crickets L’indispensable Buddy Holly (1/3)

(Brunswick ; 1957)

Sorti en novembre 1957, cet album est le premier de la discographie de Charles Hardin Holley, un des plus importants des grands artistes de rock’n’roll, mort à 22 ans, le 3 février 1959 dans un accident d’avion. Buddy Holly est le chanteur et guitariste des Crickets, un groupe texan, originaire de Lubbock, qui est allé enregistrer quelques chansons dans un studio de la ville de Clovis (au Nouveau-Mexique, à quelques kilomètres de la limite de l’état du Texas). La composition classique des Crickets était la suivante : Buddy Holly au chant et à la guitare, Niki Sullivan à la guitare rythmique, Joe Mauldin à la basse et Jerry Allison à la batterie. Ces quatre jeunes gens (à 21 ans, Buddy Holly est l’aîné du groupe) vont enregistrer quelques-unes des plus importantes chansons de l’histoire du rock, alors qu’Elvis Presley est en pleine ascension. Il est à noter que les chœurs des chansons ont été assurés par le trio des Picks, et non par les Crickets. Les Picks étaient composés par Bob Lapham, John et Bill Pickering, et leur oubli est l’un des plus scandaleux de l’histoire du rock’n’roll, tant leur participation à cet album est importante.

Une bonne partie des morceaux écrits ici sont crédités au nom de différents Crickets, mais aussi au producteur Norman Petty : depuis 1957, la réelle implication de Petty dans l’écriture des morceaux a été largement débattue… Un consensus autour du son organique qui caractérise le disque est en revanche largement partagé : les morceaux des Crickets, entre rock et rockabilly, et le travail sur la voix de Buddy Holly et des chœurs sont caractéristiques de la fin des années 1950, et sonnent aujourd’hui de façon aussi efficace qu’au moment de leur sortie. Quant aux autres chansons, elles trouvent leur source chez divers artistes plus ou moins connus, noirs ou blancs : Roy Orbison« You’ve got love » et « An Empty Cup (and a broken date », Sonny West & Bill Tilghman« Oh Boy », Chuck Willis« It’s too late » et même l’extraordinaire F.E.Shorty’ Long« Rock me Baby ».

The ‘Chirping’ Crickets est un disque prodigieux, relativement court – douze morceaux, pour un peu plus de 25 minutes de musique – mais d’une qualité exceptionnelle. Il s’ouvre sur l’impeccable « Oh Boy », et se poursuit par une piste devenue une des classiques de la musique du XXème siècle, « Not fade away ». La rythmique du morceau possède un lien de parenté clair avec le « jungle beat » de Bo Diddley ; et la chanson reste un des classiques du rock’n’roll, qui a été reprise de nombreuses fois, notamment par les Rolling Stones, qui en firent leur premier single aux USA. L’influence de Buddy Holly et des Crickets est admise en ce qui concerne le choix du nom d’un groupe prometteur de Liverpool, les Beatles… Il faut aussi appuyer sur l’importance de la guitare de Buddy Holly, une Fender Stratocaster, fièrement arborée sur la pochette de l’album ; cette guitare est rapidement devenue partout dans le monde le symbole du rock’n’roll.

La voix de Buddy Holly, reconnaissable entre toutes, est un des éléments prépondérants du succès de The ‘Chirping’ Crickets : une voix qui n’hésite pas à forcer sa nature (« Oh Boy », « Not Fade Away », « Tell me how ») et à s’aventurer à des hauteurs risquées, qui voient le timbre de Buddy Holly se transformer dans des plaintes étranges et sensuelles, à l’opposé de l’image de gentil garçon bien élevé que montrent les photos du groupe. Les chœurs qui habillent les morceaux de ce disque sont un autre élément important : ils leur donnent un relief particulier, qui se montre indispensable pour certaines pistes, comme « Maybe Baby » ou « An empty cup (and a broken date) », aux paroles naïves terriblement drôles. Sans ces chœurs, le disque n’aurait pas connu un tel succès. The ‘‘Chirping’’ Crickets est un classique absolu du rock’n’roll ; c’est un des disques qui a contribué au développement et à la popularité de ce genre musical. Les chansons se succèdent, et la justesse de l’ensemble ne laisse pas d’impressionner, notamment les solos de guitare, courts et terriblement précis (« That will be the day », « I’m looking for someone to love »).  

Parmi les intégristes de Buddy Holly, ceux qui sont assez aisés peuvent s’offrir le prodigieux coffret « Not Fade Away : The Complete Studio Recordings and More », sorti à la fin de l’année 2009, qui propose l’intégrale des morceaux enregistrés par le binoclard le plus célèbre de l’histoire du rock’n’roll. Les prolétaires pourront se consoler en écoutant les deux cent trois morceaux de ces six CD sur le site deezer, où ils sont tous en écoute gratuite. Les gueux et membres des classes sociales inférieures n’ayant probablement pas accès à Internet, ils ne liront pas cet article : il est donc inutile de leur indiquer le moyen d’écouter cet extraordinaire coffret.

 

 

Liste des chansons :

  1. Oh Boy*
  2. Not Fade Away*
  3. You’ve got love*
  4. Maybe Baby*
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  5. It’s too late 
  6. Tell Me how*
  7. That’ll be the day*
  8. I’m looking for someone to love
  9. An empty cup (and a broken date)*
  10. Send me some lovin’
  11. Last night*
  12. Rock me baby

Buddy Holly sur Deezer : http://www.deezer.com/fr/#music/buddy-holly

 

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

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