MAXIMO PARK – Our Earthly Pleasures Sans imagination

(Warp 2007)

L’Angleterre adore Maximo Park. Leurs tournées sont pleines à craquer, ils jouent sur des grandes scènes lors des festivals, leurs tournées se vendent en vingt minutes, ils passent souvent à la télévision… En France, tout le monde s’en fout, ou presque, et c’est tant mieux. 

On avait fait la moue à l’écoute d’A Certain Trigger, leur premier album braillard, sauvé du naufrage par une paire de singles. Leur deuxième opus coule à pic dès les premières notes de l’insupportable « Girls Who Play Guitar » qui tue l’album d’entrée de jeu. On a tout de suite droit à la formule irritante déjà entendue : un riff de guitare syncopé, le chanteur qui débite son texte sans véritablement chanter, puis un clavier qui prend de l’espace pour masquer le manque de mélodie.

On a vu des journaux respectables s’enflammer pour cet Our Earthly Pleasures. On reste circonspect. Hormis « Our Velocity », single évidemment braillard mais doté d’un pont appréciable – le seul point fort du groupe –, ou encore le jeu d’orgue rigolo de « The Unshockable », peu de choses ici trouvent grâce à nos oreilles. Le synthé (insupportable) a pris de l’importance dans le son du groupe, le chanteur Paul Smith continue à s’égosiller dans des compositions aussi vaines et prévisibles que « Karaoke Plays » (dont le refrain consiste en un type qui gueule devant un mur de guitares), « Your Urge » (la ballade de service) ou « By The Monument » (quel intérêt à ce genre de chanson dégoulinante ?). Parfois Maximo Park essaient des choses différentes, telles que cet outrage glam intitulé « Russian Literature » où toute la caserne de pompiers est conviée à la fête. Le résultat est irrémédiablement identique : flop.

Le pire dans l’histoire, c’est que si on écoute le son du groupe seul, ça sonne plutôt carré, même si ça manque d’imagination. Celui qui achève le groupe est cet individu beuglard qui tente désespérément depuis 2005 de nous faire croire qu’il n’est pas chauve. Il y a deux ans il masquait sa calvitie d’un habile coup de peigne en rabattant une mèche de 15 cm de long d’une oreille à l’autre. Une façon comme un autre de sauver les apparences (les anglais appellent ça combover). En 2007, Paul Smith arbore un chapeau melon enfoncé jusqu’en dessous des sourcils en toutes circonstances, prenant bien soin de garder quelques cheveux longs dans le cou. La classe. Il paraît qu’un nouveau jeu a été inventé lors des concert de Maximo Park : les fans envoient des projectiles vers lui pour faire tomber son chapeau.

On lui pardonnerait ce style étrange si son chant n’était si insupportable. A part son accent geordie qu’on aime beaucoup, rien n’est à garder de ses prestations vocales sur cette galette. Il est encore temps pour lui de faire autre chose que de nous casser les oreilles tous les deux ans. Un album à oublier.

 
 

Tracklisting :

01. Girls who play guitars
02. Our velocity  *
03. books from boxes
04. Russian literrature
05. Karaoke plays
06. Your urge
07. The unshockable
08. By the monument
09. Nosebleed
10. A fortnight’s time
11. Sandblasted and set free
12. Parisian skies

 

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

6 Comments

  1. Systool a raison, le design est excellent… il l’était déjà avant, c’est encore mieux maintenant ! PlanetGong était le blog rock au plus beau design d’over-blog… il enterre maintenant toute concurrence ! 🙂
    Voilà voilà… sinon, rien à ajouter de plus sur Maximo Park, rien à dire sur cet album que j’ai moi aussi trouvé vraiment raté…  

  2. Franchement je ne vois pas l’intérêt d’idolâtrer des musiciens. Au final on passe notre vie à les admirer et non pas à faire en sorte à ce que notre vie soit meilleure. Nous améliorons leur vie et non la notre. En plus, si on aime une chanson, ce n’est pas obligatoire d’aimer le chanteur car il est fort possible que cette chanson, il ne l’ait même pas écrite donc ça ne vient pas de son coeur.

  3. Vous avez tout-à-fait raison Laurent. Cependant, dans la vie, n’est-ce pas le bonheur qu’il faut poursuivre, plutôt que toutes ces choses matérielles dont finalement on pourrait très bien se passer ?

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