(Real Horrorshow 2009)

Ca y est, ils l’ont fait, ils sont définitivement passés de l’autre côté. A force de se pencher trop souvent au dessus du vide musical, Jet ont fini par tomber dedans. Leur dernier album en date n’est qu’un condensé de ballades braillardes, de morceaux rock aux gros refrains et au son taillé pour les radios campus américaines.

On ne dira pas qu’on ne l’avait pas vu venir, car la trajectoire descendante du groupe est limpide : après un premier EP enthousiasmant, Jet avait publié Get Born, un premier album mi-figue mi-raisin mais porteur d’espoir. Son successeur, Shine On, voyait le groupe s’embourber un peu plus dans un rock pataud et des ballades prévisibles. Pourtant, naïvement sans aucun doute, on croyait encore que le groupe pouvait nous surprendre. Et dire qu’à leurs débuts on avait perçu en eux un groupe rock’n’roll au potentiel intéressant, proche des Datsuns… On s’est méchamment trompé. 

Shaka Rock, au titre idiot et à la pochette hideuse, commence par un morceau poussif nommé “K.I.A. (Killed In Action)” avant d’enchainer sur une embarrassante tentative de fusion rock/reggae nommée “Beat On Repeat”. N’est pas The Clash qui veut, on se croirait presque chez Hard-Fi. Plus loin, “She’s A Genius” est une redite inutile de “Get Me Outta Here” (tirée de Get Born) et “Black Hearts (On Fire)” sonne comme un morceau des Rolling Stones des années 80 (les amateurs apprécieront). Après 4 morceaux, on en est déjà à se demander pourquoi on s’inflige telle punition mais on s’accroche. Las, “Seventeen” vient porter le coup de grâce dès les premières notes de piano qui évoquent l’horrible “Hold The Line” de Toto. Le reste du morceau est tellement pénible que ne pas appuyer sur la touche “Forward” relève de l’exploit. Arrive “La Di Da”, premier morceau possédant un peu de souffle et d’énergie, mais malheureusement quelque peu gâché par une production sans subtilité.

Après un “Goodbye Hollywood” sur lequel on ne s’attardera pas, un “Walk” au refrain insupportable, un “Times Like This” digne du plus crétin des groupes californiens et un “Let Me Out” fatigant, un constat s’impose : les 10 premiers morceaux de Shaka Rock sont mauvais. Il en reste 4 sur l’album, et on ne voit pas ce qui changera le verdict. Le 11ème morceau étant intitulé “Start The Show”, on se dit que peut-être la fête commence ici, mais on n’y croit pas vraiment. En fait, passé ce stade, seul un morceau extraordinaire de la pointure du meilleur des Beatles ou des Kinks pourrait nous inciter à remettre l’album dans la platine un jour futur. C’est évidemment complètement illusoire, d’autant que l’insupportable ballade “She Holds A Grudge” vient nous

conforter dans notre rejet envers le groupe. Encore plus dégoulinant que Coldplay et Robbie Williams réunis, ce morceau est de nature à provoquer des acouphènes. Ainsi, les deux derniers morceaux, d’approche plus folk, sont salutaires car plutôt audibles. Ils permettent de ne pas avoir à se boucher les oreilles pendant qu’on cherche un autre disque à mettre illico, ce qui est tout de même pratique. Le dernier morceau s’intitule “Everything Will Be Alright”, ce qui interpelle car on est quand même assez pessimistes concernant la carrière de Jet  si le groupe continue à publier des disques aussi ineptes que ce Shaka Rock qui ne remue pas grand chose.