THE PHARMACY – Trouble Maker (+ Jeu-Concours) Bonne parole

(Slice of Wax Records 2014)

On ne savait pas qui étaient The Pharmacy avant que le fondateur du jeune label Slice of Wax Records ne nous contacte sur le forum PlanetGong pour nous offrir deux exemplaires de sa première référence (dont l’un est à gagner en répondant au questionnaire que vous trouverez ci-après) et « faire connaître, ne serait-ce qu’à deux ou trois personnes, The Pharmacy et le label » ! Offrir des disques par pure dévotion et volonté de diffuser la bonne parole, voilà une initiative qui suscite d’emblée sympathie et curiosité (surtout quand on sait que le généreux donateur est aussi un fan hardcore de Conspiracy of Owls et Dan Sartain). Mieux, l’entrain de cet homme inspire confiance, confiance dont il a le bon goût de ne pas abuser : l’EP en question est brillant.

The Pharmacy (originaires de Seattle et actifs depuis 2002) offrent sur ce Trouble Maker quatre titres de grunge lo-fi d’allure faussement négligée et aux mélodies soignées – leur propension à cacher ces dons mélodiques derrière des couches de grosses guitares saturées rappelle d’ailleurs les lubies de Kurt Cobain, dont l’existence a probablement hanté la prime jeunesse des membres du groupe. L’EP s’ouvre sur une reprise du morceau « Trouble Maker », et c’est un premier coup d’éclat : le simple fait de reprendre ce titre culte du rock ‘n’ roll zambien, écrit et interprété par Chrissy Zebby Tembo en 1974, est une excellente idée en soi (une idée qu’ont aussi eue Conspiracy of Owls, d’ailleurs). The Pharmacy lui fait subir une actualisation abrasive en forme d’hommage à l’original : ce dernier est en effet d’une telle lourdeur qu’en offrir une variation heavy-rock à la mode d’aujourd’hui souligne le caractère visionnaire du geste de Tembo. Le groupe parvient ici à retrouver la sauvagerie contenue de la version originelle, et l’immortelle supplication du refrain (« Trouble maker, don’t run away »), hurlée sur un riff lourd et distordu d’une proverbiale simplicité, conserve toutes ses vertus obsédantes.

L’autre grande réussite du disque, c’est « Ripped Weeds ». Chacune des étapes de ce morceau correspond à une idée musicale d’une efficacité redoutable : on passe d’un riff sursaturé à des choeurs aériens en l’espace de quelques secondes et sans le moindre heurt, le guitariste se fend d’un solo parfaitement sommaire, et « Ripped Weeds » s’impose après une paire d’écoutes comme une pépite inclassable et addictive qu’on ne se lasse pas de repasser. La face B est plus anecdotique (quoique pas avare non plus de mélodies qui se sifflotent tranquillement) que cette face A marquante, mais cette dernière suffit amplement à justifier l’acquisition de Trouble Maker.

Depuis cette découverte, on s’est procuré le dernier album du trio sorti sur cassette chez Burger Records (Spells), qui dévoile un groupe plus versé dans le folk-psych déviant que dans le punk tordu qu’on entend sur cet EP. Dans les deux cas, The Pharmacy produit une musique intrigante, qui nous incite à creuser encore la discographie du groupe et à diffuser à notre tour la bonne parole sans – une foi(s) n’est pas coutume – la moindre mauvaise foi.

N’oubliez pas de jouer !

 

 Le vainqueur sera contacté par e-mail le 10 février 2016.

 

Tracklisting :

  1. Trouble Maker *
  2. Ripped Weeds *
  3. Run Away
  4. Rats With Wings

L’EP est en écoute intégrale sur bandcamp :

 

Vidéo :

  

Vinyles :

Soulignons ici le travail effectué par Slice of Wax Records : trois couleurs de pochette et de disque, un insert (c’est rare pour un 7″, saluons l’initiative) et des morceaux que le patron du label est allé déterrer sur Bandcamp. On sent le labeur de passionné.

Léo

Scribouillard double-sévreux, enthousiaste immodéré, ex-cédéphile.

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