THE RIFLES. Live Archway Tavern, Londres ; Vendredi 9 Juin 2006

La coupe du monde vient de commencer, une folie furieuse s’est emparée de Londres. Drapeaux aux voitures, croix de St Georges à chaque coin de rue, une dizaine de chansons écrites en l’honneur du onze national… difficile d’échapper à cet évènement attendu par tout un peuple et à l’incroyable vague d’optimisme qui frappe un pays certain de gagner le trophée. Dans ce contexte particulier, quelques jeunes groupes londoniens ont décidé d’organiser une soirée rock-bière-foot dans une échoppe du nord de Londres. Au programme : The Bishops + The Rifles + plein de jeux débiles + Allemagne-Costa Rica et Pologne-Equateur sur écran géant.

On arrive sur les lieux à 1/4 d’heure de la fin du dernier match. Le public est déjà imbibé et cause foot avec les membres des Rifles. Pas de Bishops en vue. Une fois le foot terminé, les Rifles, têtes d’affiche de la soirée, prennent la scène, ce qui signifie qu’on a raté les frimousses des jumeaux des Bishops.. tant pis (on les a vus assez souvent de toute façon pour se faire une opinion favorable à leur sujet).

The Rifles sont un quatuor mod de Walthamstow (nord-est de Londres) qui ont pondu avec « Main Offender » un des meilleurs morceaux de l’année en cours. Le groupe a même eu la bonne surprise de voir ce single entrer dans le top 40 des charts malgré une promo minimale. Leur mod-punk est très mélodique et le groupe, à l’image de son chanteur coiffé à la Paul Weller, ne se la joue pas crade et faussement rebelle. Enfin un groupe qui tente de sortir du cliché Libertines (les clones pullulent à Londres ces temps-ci) et qui tente de faire renaître l’idéal mod. L’ombre de The Jam et des Small Faces plane sur tout le concert durant lequel les Rifles charment l’audience. Une mélodie en particulier nous donne des frisson alors qu’on la découvre… (on sait depuis que cette chanson s’intitule « One Night Stand »). Leur premier album promet d’être bon.

Une fois le set terminé on se dirige vers le Camden Koko. Ce soir s’y déroule comme chaque vendredi le fameux Club NME où des artistes de premier plan jouent devant la foule la plus hip de la ville, avant des sets DJ d’invités prestigieux qui font la part belle aux tubes indie et punk.

Ce soir des artistes qu’on adore doivent se produire : le trio ska/post-punk/robotique Black Wire, peut-être le meilleur groupe à être sorti de Leeds en 2005. On a déjà assisté à une de leurs performances explosives où invasion de scène et folie furieuse font partie intégrante d’un show fascinant.

Après une première partie correcte et une attente interminable devant une scène desespérément vierge de tout matériel, Dan Wilson et Si McCabe (respectivement chanteur et guitariste du groupe) se pointent sur scène sans instruments. D’un ton solennel ils s’approchent du seul micro et annoncent la terrible nouvelle : « our drummer ‘s dead« .

Le public ne s’affole. Dans ce temple de la coolitude britannique, chacun sait que le trio de Leeds joue avec un boîte à rythmes. La maudite machine a rendu l’âme peu de temps avant le show, il est trop tard pour la remplacer. Le groupe s’est escrimé à la réparer, en vain. Le concert de ce soir n’aura pas lieu.

Devant la déception de l’audience – resté néanmoins étonnamment stoïque -, les deux musiciens sont alors pris d’un sentiment de culpabilité : le public doit en avoir pour son argent! On assiste alors à un grand moment de n’importe quoi. Wilson annonce un striptease… et les deux compères s’exécutent, de façon plutôt gauche. McCabe termine intégralement nu sur scène tandis que le chanteur craque dans la dernière étape du slip violet – à la grande déception des demoiselles du premier rang. La soirée reprend ensuite son cours comme si rien ne s’était passé…

Après avoir vu ça, on décide rentrer, direction le bus de nuit. Demain l’Angleterre joue son premier match en début d’après-midi. Pas question de rater ça.

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

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