THE UNDERTONES – The Undertones Implacable Punk-Pop

(1979 Sire)

The Undertones sont un des groupes les plus injustement méconnus en France. Quand, une fois tous les trois ans en moyenne, on entend parler d’eux, c’est immanquablement pour vanter les qualités de « Teenage Kicks », la chanson popularisée par John Peel. Le groupe a pourtant sorti d’excellents albums (dont celui-ci, mais aussi le second, Hypnotyzed, qui a été publié moins d’un an après The Undertones).

Originaires de Derry (Irlande du Nord), le groupe est créé en 1975 par les frères O’Neill : John, le guitariste principal, qui écrit la plupart des morceaux, et Damian (guitare/claviers), qui recrute des collègues de lycée, dont celui qui devient le chanteur du groupe : Feargal Sharkey, à la voix identifiable entre toutes. Influencés par le punk US (principalement par les Ramones et les Stooges), les Undertones ne font pas de la musique avec comme plus grande ambition d’effrayer le bourgeois, mais plutôt celle de jouer de bons morceaux, pour oublier – et faire oublier à leur public – leur quotidien de violence. Le groupe est en réalité aussi punk que pop : cette situation, impensable en France, est une réalité dans les pays anglo-saxons, et les Undertones sont un des meilleurs groupes des années charnières entre les décennies 1970 et 1980.

Cet album, sorti quelques mois après le succès de « Teenage Kicks » en single (#31 des charts britanniques), est un disque consistant qui renferme de nombreuses pépites oubliées. Dès le premier morceau, « Family Entertainment », le son du groupe surprend ceux qui s’attendent à un album de punk : la base rythmique, parfaitement maîtrisée, sonne un peu synthétique, et les claviers semblent curieux, avant d’apparaître comme deux évidences, tant les compos sont excellentes. Le groupe avait en effet en la personne de John O’Neill un guitariste à la qualité d’écriture rare, et qui avait fait le choix de l’immédiateté : les chansons enregistrées par les Undertones sont courtes (souvent moins de deux minutes, jamais plus de trois !).

Les riffs de guitare sont cinglants (« Here comes the Summer », « Jimmy Jimmy », « True Confessions »), les chœurs sont toujours réjouissants (« Girls don’t like it » ; « Wrong way », « Listening in »), et la voix aberrante de Sharkey qui trône au-dessus de l’ensemble : sa diction et son timbre uniques parachèvent les constructions musicales bâties par le groupe. Les dix-huit pistes de ce disque s’enchaînent à merveille : ce premier album des Undertones est enthousiasmant ; un véritable feel-good-album, qui, sous des apparences simples, est devenu un implacable classique. L’album renvoie la plupart de ses concurrents directs à des années-lumière : combien d’autres groupes de l’époque peuvent se targuer d’avoir enregistré autant de bons morceaux que les Undertones ?

 

 

Liste des chansons :

1. Family Entertainment *
2. Girls Don’t Like It *
3. Male Model
4. I Gotta Getta
5. Teenage Kicks *
6. Wrong Way
7. Jump Boys
8. Here Comes the Summer *
9. Get Over You *
10. Billy’s Third *
11. Jimmy Jimmy *
12. True Confessions *
13. (She’s A) Runaround
14. I Know a Girl
15. Listening In
16. Casbah Rock

 

Une paire de vidéos des Undertones pour la route :

« Teenage Kicks »

 
« Here Comes The Summer »
 
 
« Get Over You »
 
 

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

14 Comments

  1. « combien d’autres groupes de l’époque peuvent se targuer d’avoir enregistré autant de bons morceaux que les Undertones ? »
    Au hasard : les Buzzcocks ?

    • Oui, évidemment. Ce que dit Rémi c’est qu’il y en avait finalement assez peu, parmi cette vague de groupes entre 77 et 80, à avoir écrit plus de deux bons morceaux.
      Les Buzzcocks sont de loin les meilleurs de l’époque à mes yeux, avec les Clash sans doute (tiens je sens que le débat sur les Sex Pistols et The Jam va repartir…). The Undertones sont sans doute les plus sous-estimés.

  2. Le pb c’est qu’hormis l’étiquette punk 77, je ne vois pas grand chose de commun entre Pistols, Jam, Clash et Buzzcocks par exemple… ça reste du rock assez puissant m’enfin…
    Personnellement je retiens essentiellement Jam et Buzzcocks… Il faut que j’écoute attentivement ce LP des Undertones.

  3. pour ma part je préfère de loin les undertones aux buzzcocks, je sais pas pourquoi, j’accroche pas avec les buzzcocks, les mélodies, la voix, les lignes de gratte,
    pour moi le premier album des undertones, c’est le sommet du punk/power pop, que des titres efficaces et entrainants et puis la voix du chanteur sur le fil tout le temps, inimittable !
    bref du grand art

  4. pour moi les Buzzcocks et les Jam, on devrait appeller ça « power pop » mais comme bomp! s’est approprié le terme, on est obligé de dire que c’est punk ou mod revival

    en passant dans les groupes avec plus de « deux bonnes chansons », il y a les ruts (punk), les chords (mod revival), purple hearts (mod revival)…

    enfin les deux derniers sont clairement « anecdotiques » comparé à la machine de guerre « Jam » que je préfère de très loin aux clash (en tant que « snob » qui raille le rock à papa ah aha)

  5. Je suis du même avis que Teenagegraveman, je trouve les Undertones meilleurs que les Buzzcocks, même si sur la durée, les Buzzcocks l’emportent.
    2 très bons groupes au demeurant !

  6. The Adverts -Crossing the red sea with the adverts ( grandes chansons, exécution bancale)
    The Saints 3-premiers albums (belle évolution en trois disques bourrés de bonnes pièces)
    The Damned-damned damned damned ( un peu con, mais composé au 2/3 de bonnes pièces très « Stoogiennes » dont le premier single punk british véritable -new rose)

     

  7. Hé hé les Undertones… bien d’accord, de la power pop qui tue!
    Dans mon top de l’époque: les Undertones, les Clash, les Ruts (dommage que le chanteur soit mort trop jeune…), les Jam aussi, mais les Undertones synthétisent tout ce que j’aime, rock’n’roll, énergie et mélodie…
    Girls LIKE it 😉

  8.  » Girls LIKE it 😉

    Commentaire n° 9 posté par Polar aujourd’hui à 15h32″

    Hehe, va falloir que je les écoute alors… les vidéos ne marchent pas. 

  9. bon les Undertones c’est vraiment très très bien! je retire tous les « mais » que j’ai pu dire sur eux, c’est vraiment cool, pas grand chose à jetter, même les b-sides sont chouettes (mars bars)

  10. Wahou ! Y’a des gens sur ce blog qui ont le droit de ne pas être d’accord sans se faire allumer ou taxer de « fauteur de troubles » ! bonne nouvelle
    ça…

    Dire que le 1er album des Damned est un peu con me fait bien marrer… Passque si le punk originel n’est pas de passer tout pour une forme de crétinisme (et d’en faire une sorte « d’art ») ben tout
    est à refaire. Et pour moi, ce sont bien les Damned à synthétiser au mieux cet état d’esprit, frondeur, bordélique et musical. OUI l’influence des Stooges est réel chez les Damned (grace à Brian
    James surtout) le reste du groupe étant plutôt branché GLAM (pensez T-Rex) et en un album TOUT est dit.

    Je conseillerais quand même « Music for your pleasure » encore plus marqué « Stooges » que le premier et le « Machine gun etiquette » plus pop (enfin c’est pas les Smith non plus).

    Quand aux Undertones, je les ai découvert plus tard sur album. Evidemment le single « Teenage kicks » je le connaissais et à l’époque de ma tendre adolescence, je ne le touvais pas assez punk
    surement… Par contre les albums plus pop comme « Positive touch » ou « sin of pride » sont pour moi incontournables et ce depuis longtemps. Un peu comme si le fait de se démarquer de cette
    étiquette « punk » ou « power pop » (je ne crois pas que le label Bomp se soit approprié le vocable, par contre ils en sont des sacrés promoteurs !!!) me donnait envie d’en savoir plus. Dans le mêm
    genre, même si les trois premiers sont des vraies pépites punk, pour moi, le « End of century » des Ramones est une belle réussite au niveau de la réalisation et utiliser la voix de Joey dans ce
    registre « pop 60 » était vraiment une chose à faire….

    Mais je m’éloigne du sujet là… Pour moi, en fait, les Undertones sont plus un modèle (power)pop que punk-rock… Cela dit, jetez une oreille sur l’album de la reformation il tient la route. et
    puis sans les frangins O’neil pas non plus de That Petrol Emotion qui sont à l’origine de biens chouettes morceaux pop à guitares…

     

    Portez-vous bien.

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