THE CORAL. Live Elysée Montmartre, Paris - Jeudi 6 Décembre 2007

 

Si depuis 2002, les disques de The Coral enthousiasment les critiques, il n’en va pas de même concernant leurs prestations scéniques. Tantôt brillants, tantôt fades, les liverpuldiens ont pris la mauvaise habitude de jouer d’un façon détachée les meilleurs morceaux du monde – rappelons quand même que leur répertoire est d’un classicisme et d’une profondeur sans équivalents parmi leur génération (en 2007, le constat est simple, on attend encore qu’ils nous pondent un mauvais morceau). Sur scène, la vie n’est pas si rose pour The Coral. Peu enclin aux rappels, le groupe a la fâcheuse habitude de se barrer après 45 minutes de concert, refroidissant complètement un public enthousiaste – frustration énorme qu’on a vécue plusieurs fois. Par ailleurs, le groupe, statique sur scène, se prête peu aux improvisations psychédéliques que son répertoire lui suggère. Lors de la dernière tournée où on les a vu, les Zutons les avaient bouffé tous crus en première partie.

Aujourd’hui à Paris, c’est Calc qui ouvre les débats. On s’est donc permis d’arriver en retard et de boire une bière à l’extérieur. The Coral arrivent sur scène vers 21h sous le regard approbateur de Vikash Dhorassoo qui se mèle au public sans pose et entament par quatre morceaux du dernier album, dont les deux singles « Who’s Gonna Find Me » et « Jacqueline ». Sobre et efficace, malgré l’acoustique catastrophique de l’Elysée Montmartre. Le concert décolle vraiment lorsque le groupe joue quelques unes de ses meilleures cartes comme « Pass It On », « Don’t Think You’re The First », « Bill McCai » et « Dreaming Of You » jeté assez tôt dans la soirée. The Coral font d’ailleurs une petite incartade psychédélique sur « Arabian Sands », qui ne part néanmoins jamais en vrille comme on l’espérerait – The Coral ont toujours le pied sur la pédale de frein. C’est le gros reproche qu’on peut faire au groupe : ils sont très pros sur scène, ne communiquent que très peu (« Thanks », « Ta » ou « Meurci » au mieux). Il nous manque la sensation qu’on vit un moment exceptionnel, cette life changing experience.

Quand les groupe sort de scène après les dernières notes du krautrock cinématographique de « Music At Night », on craint un moment que les lumières s’allument et qu’ils ne reviennent pas. Doute rapidement dissipé de notre esprit car de nombreux morceaux emblématiques du groupe n’ont pas été joués, comme « Goodbye », « Calendars & Clocks » ou « I Remember When ». Le rappel sera riche de trois chansons, dont une seule citée plus haut, l’incontournable « Goodbye » limitée à sa version courte (on a déjà vu The Coral se lâcher pendant plus de 10 minutes sur ce morceau garage-sixties de haut vol), l’étonnante « She’s Got A Reason » en guise de conclusion et une vraie surprise : « Simon Diamond ». On avait oublié l’existence de ce morceau, et en entendre les premières mesures fut une expérience mémorable (du genre « aaaaaah oui, putain, ils ont ce morceau aussi »). C’est ça qui est magnifique avec The Coral, chaque morceau qui commence procure un bonheur immense. Tous leurs morceaux sont bons, le meilleur tiers touche au génie.

Le concert fut excellent, le simple fait de penser aux morceaux qu’ils auraient pu jouer donne le vertige (« Shadows Fall, « Calendars & Clocks, « Something Inside Of Me », « Secret Kiss », « Leizah », « I Remember When », et toutes les B-Sides comme « Follow The Sun », « God Knows », « Boy At The Window »…). The Coral est un groupe qui sort de l’ordinaire, ce soir à l’Elysée Montmartre, ils ont été bons, sans être exceptionnels, mais la qualité de leurs chansons a fait la différence.

 

Setlist :

Who’s Gonna Find Me
Remember Me
Jacqueline
Fireflies
She Sings The Mourning
Pass It On
Don’t Think You’re The First
Dreaming Of You
Far From The Crowd
In The Morning
Bill McCai
Arabian Sands
Put The Sun Back
In The Rain
Rebecca You
Music At Night
—rappel—
Goodbye
Simon Diamond
She’s Got A Reason

 

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

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