THE SONICS – Here are the Sonics Groupe séminal

(Etiquette Records 1965)

C’est quoi, le Garage-Rock? Vaste question, ce terme ayant été presque aussi galvaudé que celui de Punk. Néanmoins, Here are the Sonics! apporte la réponse définitive, et constitue le prototype parfait du disque garage. Les Sonics étaient à  l’origine le groupe des frères Larypa (Larry à la guitare, Andy à la basse), dont le line-up a beaucoup évolué depuis sa première mouture en 1960, avant de recruter trois membres des Searchers, un autre groupe de Seattle: d’abord Bob Bennett à la batterie, puis Gerry Roslie au chant et à l’orgue, et enfin Rob Lind au saxophone. Ils ont signé quelques semaines plus tôt sur le label local Etiquette (label monté par les Wailers, groupe légendaire de Seattle, idoles et amis des Sonics).

Sur cet album, enregistré live sur un deux-pistes, chaque chanson est jouée dans l’urgence, chacun des instrument sature, et le chant ressemble plus à des hurlements qu’à des vocalises. La guitare est d’une violence tout à fait inédite, et le saxophone, qui rappelle les toutes premières heures du Rock’n’Roll (on pense surtout à celui qui accompagnait Little Richard), est lui aussi extraordinairement agressif. Le couple basse-batterie n’est pas en reste, qui martèle et déblaye le terrain pour la voix. Gerry Roslie, chanteur-hurleur, s’époumone sur chaque morceau de façon hallucinante… Kearney Barton, qui a enregistré l’album, devait déclarer plus tard: « Je croyais qu’il allait s’arracher la gorge – il a hurlé du début à la fin de l’enregistrement – incroyable! ».

Gerry Roslie, dont les compos définissent la notion de Garage-Rock: « The Witch », « Psycho », « Boss Hoss » et bien sûr « Strychnine ». Ces morceaux, sans doute les plus marquants, ne doivent pas faire oublier les fantastiques reprises, parmi lesquelles « Roll over Beethoven » (C. Berry), « Walkin’ the dog » (R. Thomas) et « Have love will travel » (R. Berry), qui transcendent les versions originales. Cet album criard, survolté, représente parfaitement la scène alternative U.S. de la 2ème moitié des années soixante (Standells, Music Machine, Remains et autres merveilles compilées dans Nuggets).

Here are the Sonics! est enregistré en un seul jour, les instruments sont accordés de façon (hum…) singulière, chaque chanson fonctionne sur les quatre ou cinq même notes, le chanteur hurle à tout rompre, mais malgré cela (à cause de tout cela?), cet album est une merveille, sans aucun compromis (on vous laisse découvrir le dernier morceau, « The village idiot », tiré de The 1965 Etiquette Christmas Album). Cet album a fait des Sonics le groupe mythique à l’aune duquel tous les groupes garage, puis tous les groupes punks seront jugés… Certains de vos disques risquent de ne plus retrouver le chemin de la platine.

 

  

Tracklisting :

  1.  Witch *
  2. Do You Love Me *
  3. Roll Over Beethoven
  4. Boss Hoss *
  5. Dirty Robber
  6. Have Love Will Travel
  7. Psycho *
  8. Money
  9. Walking The Dog
  10. Night Time Is The Right Time
  11. Strychnine *
  12. Good Golly Miss Molly

 

 Vidéo :

 « Strychnine »

 

Vinyle :

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

3 Comments

  1. Strychnine est l’epitome, non seulement du rock garage, mais du rock tout court. Le jour où j’ai entendu Strychnine, j’ai su immédiatement que j’avais trouvé le titre de rock’n’roll ultime. Tout y est, l’intro, la voix qui sature, la gratte aussi. Un grand titre trop peu connu!

  2. Et Boom qui est aussi bon, il est où Boom ? Oui j’ai commancé avec les Stooges, je continu : plus ce chroniques ! Aujourd’hui mon titre préféré des Sonics, c’est Cinderella, mais ça change si souvent…

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