EPSILONS – Kill’Em Deader ‘N A Six Card Poker Hand Les débuts de Ty Segall

(Retard Disco 2007)

Son nom semble aujourd’hui sur toutes les lèvres de ceux qui s’intéressent de près au rock garage. Alors qu’il vient de publier quatre albums deux ans (nommément Ty Segall, Lemons, Reverse Shark Attack et Melted), Ty Segall impressionne par son talent, sa productivité et sa jeunesse. A 23 ans à peine, le chanteur multi-instrumentiste n’a pourtant rien d’un débutant. Ses  véritables débuts discographiques remontent à 2006 lorsqu’il a commencé à faire parler de lui dans la baie de San Francisco avec son premier groupe nommé Epsilons.

De ce combo formé alors qu’il était encore lycéen, il existe aujourd’hui, outre singles et EPs divers, deux enregistrements d’excellente facture : un premier album nommé Epsilons et son successeur Kill’Em Deader ‘N A Six Card Poker Hand. Epsilons étaient un quatuor, formé autour de Segall (chant et guitare), d’un clavier, d’une basse et d’un batteur que la postérité a aujourd’hui oublié, et d’un saxophoniste occasionnel nommé Mikal Cronin,  connu aussi comme étant l’acolyte de Segall sur le génial Reverse Shark Attack et le leader des excellents Moonhearts.

Epsilons et Kill’Em Deader ‘N Six Card Poker Hand sont deux albums au son assez similaire. Ty Segall chante avec  une forte distorsion sur la voix et livre d’innombrables riffs de guitare punk tandis qu’un clavier primitif serpente en contrepoint de ses mélodies.  S’il est difficile de juger quel album est meilleur, tant la qualité d’écriture est excellente et équivalente sur ces deux disques, le second semble néanmoins plus maîtrisé, plus homogène. On y trouve tout ce qu’on aime dans l’oeuvre solo de Segall mais dans un emballage différent. L’album possède une énergie rock’n’roll qui explose dès l’ouverture « I Hate (Your Face) » et se diffuse tout au long du disque. Les grands morceaux sont légion : « Drunk On Love », au refrain irrésistible et au solo bordélique, les frénétiques « Problems » et « Seaview, Wilson? Wield! », « Sunshine » où Segall s’accompagne d’une guitare acoustique au milieu d’un chaos sonore parfaitement maîtrisé. ou encore une reprise parfaite du « Stronger Than Dirt » des Mummies. On pense aux Hentchmen pour l’usage malin du clavier (notamment sur « (You’re A) Liar »), aux Stooges des débuts pour la simplicité et l’efficacité, à Radio Birdman pour l’attitude rock’n’roll et le côté surf de certaines rythmiques.

Le « tube » de l’album, le morceau qui frappe le plus parmi cette constellation de pistes garage  se nomme « Teeny Bopper ». Le meilleur moyen de s’en convaincre reste d’en regarder la vidéo, une parodie hilarante du sitcom pour ados Laguna Beach tourné dans la région d’où sont originaires Epsilons. On y découvre un Ty Segall incroyablement charismatique et magnétique, un teenager bourré de talent et au potentiel immense.

 

 

Tracklisting :

1. I Hate (Your Face)
2. Drunk On Love *
3. Problems *
4. Stronger than Dirt
5. Seaview, Wilson? Yield!
6. (You’re a) Liar *
7. Sunshine
8. Cecilia
9. Teeny Boppers *
10. My Momma Said
11. 9 – 5
12. Poppa Told Me

 

Vidéo :

« Teeny Bopper »

  

Vinyle :

Epsilons - Kill'Em Deader 'N A Six Card Poker Hand

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

2 Comments

  1. Ty Segall, l’icone du garage punk/rock moderne selon moi!

    Merci de m’avoir fait découvrir ces « vieux » albums qui ne vont pas tarder à venir completer ma collection de vinyles de Ty si j’arrive à mettre la main dessus.

    D’ailleurs le batteur, Roland est le guitariste des Moonhearts et Charles le bassiste est le batteur des Moonhearts (d’où Charlie & The Moonhearts certainement).

    Au passage, un autre groupe ou Ty apparait (à la batterie on dirait selon le clip):



  2. je tenais dire que j’ai joui dans mon pantalon, juste en écoutant la première chanson de leur premier effort, et je suis dans l’orgasme continue sur le deuxième. merci.

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